‹ Le moyen âge dans La légende des sìecles et les sources de Victor HugoChapitre 209 sur 303 · Ilan d'Islande, ch. xvi · texte numérisé non relu

Ilan d'Islande, ch. xvi

dans le fond de son tableau cette marionnette, familière à tous les romantiques, et qu'il avait lui-même coutume de faire mouvoir.

11 faut en dire autant du philtre. Ce philtre complaisant qui endort à propos, et réveille non moins opportunément, nous l'avons déjà vu figurer dans Angelo^ où il était nécessaire à la Tisbé pour sauver Catarina, et dans les But-graves où il permettait à Regina de ressusciter à temps pour le bonheur d'Otbert : il porte, tout aussi bien que les costumes de pages de l'empereur et du roi, tout autant que la guitare de Ladislas, l'étiquette du magasin d'accessoires mélodramatiques du théâtre de Victor Hugo.

La veillée du trône, analogue à la veillée des armes des chevaliers français, mais imposée à une femme, et passée dans cette vieille salle dont tout le décor est composé de panoplies, d'une table et d'un puits, peut avoir sa source dans le souvenir ingénieusement utilisé, d'une salle du Pfalz, où les princesses allaient s'enfermer dans certaines circonstances « en signe de souveraineté ». « Il y a là une t( petite chambre où les princesses étaient forcées d'attendre (c l'heure de leur accouchement sans autre distraction que « d'aller voir un puits creusé dans le roc...; il n'y a plus « que le puits mystérieux*. » Ce puits lui-même, n'est-ce pas l'oubliette de Gorbus :

940. Le puits, comme une fosse au fond d'un cimetière, Est là béant ^ ?

Pour justifier sa veillée du trône, Hugo a recours à la mention d'une coutume de Lusace, dont nous n'avons pas

Page 1