‹ Le moyen âge dans La légende des sìecles et les sources de Victor HugoChapitre 214 sur 303 · Le marquis Swantibore · texte numérisé non relu

Le marquis Swantibore

Qui lia dans les bois et lit manger aux loups La femme et le taureau dont il était jaloux.

Dans l'article Boleslas II, Moreri dit qu'à son retour de Russie, après sept ans d'absence, Boleslas condamna les femmes adultères à allaiter des chiens. Cette alliance de femmes et d'animaux a directement mené Hugo, qui connaît bien Virgile, au souvenir de Pasiphiié, qu'il a pour la circonstance adapté à Swantibore. se conformant à son habitude d'allier les légendes du paganisme et du moyen âge.

Feuilleté à la découverte, Moreri lui a fourni en outre :

1" Un ancêtre inattendu pour les marquis de Lusace : Antée.

I. Moreri, article Hongrie. Ceux qui parlent de la Hongrie mettent Balambir ou Balamber (première dénomination de Spartibor) entre les rois de ce pays. Il eut Mundiaque qui décéda avant son père. On met encore entre ces rois Aptar et les deux frères Bléda, tué (sic) 1 an 444 et Attila mort en 453. Zultan, un dès descendants d'Arphad, fut à ce qu'on dit père de Toxa ou Toxis et celui-ci eut Geiza, père de saint Etienne par lequel je commence la succession chronologique des rois de Hongrie. Cf. p. 270.

Cet Antée ii'esl autre que le résultat d'une contamination : Hugo amalgame l'Antée de la fable avec un Antée de Scythie.

219. Gorbus est le berceau de la royauté scythe, écrivait d'abord Hugo.

Or il existe bien un Antée, ancien roi des Scythes : il ligure dans le Moreri de ijSd à l'ordre alphabétique. Bien qu'il nous ait échappé dans l'édition de i683, nous pensons qu'il doit s'y rencontrer sous un autre vocable, car il nous a paru que Moreri était seul à connaître cet Antée : d'où logiquement Hugo écrit après avoir parlé de royauté sc}'the :

197. Ils ont pour père Antée, ancêtre d'Attila, De ce vaincu d'Alcide une race coula.

2" Une variante sonore à Balamber : Ratiboi-, remplacé plus tard par Spartibor, mais qui figure encore sans chanment au vers 5io du manuscrit.

3° Des détails géographiques d'une précision indiscutable, pour une comparaison de Gorbus avec les châteaux d'Italie :

vtoj. Cette ville a des murs : pourtant ce n'est pas d'elle Que relève l'antique et noble citadelle. Fière, elle s'appartient. — Quelquefois un château Est l'égal d'une ville: en Toscane, Prato, Barletta dans la Fouille, et Crème en Lombardie Valent une cité.

C'est la versification des indications de Aloreri:

Crème. — A l'entrée du Milanez, remarquable par ses fortifications — Ce n'étoit autrefois qu'une simple ville ou castelloy comme disent les Italiens; on la mettoit au nombre des trois villes d'Italie que l'on pouvoit comparer aux cités.

Ces trois villes, selon Leander, sont Barletta in Puglia, Pralo in Toscana, Crema in Lomhardia^ .

Enfin, d'autres détails viennent de lectures à côté, il sait de Pépin qu'il

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