I. Schreiber. Traditions allemandes, LXXV» pp. 148- i5i
« La ligue des cent villes envoya ses meilleures troupes « et son meilleur capitaine assiéger le Nid d'Hirondelle. « En trois sorties Bligger-le-Fléau extermina les assié- « géants. ■
« Ce Bligger était un combattant de stature colossale « et qui frappait avec un bras de forgeron.
« Enfin le pape l'excommunia, lui et tous ses adhérents.
« Quand Bligger entendit lire, au pied de sa muraille, « par un des bannerets du Saint-Empire, la sentence « d'excommunication, il haussa les épaules.
« Le lendemain, à son réveil, il trouva son burg désert <( et la porte et la poterne murées. Tous ses hommes d'armes « avaient quitté pendant la nuit la citadelle maudite et en « avaient muré les issues.
« Alors l'un d'eux, qui s'était caché dans la montagne, « sur un rocher dont le regard plongeait dans l'intérieur du « château, vit Bligger-le-Fléau baisser la tète et marcher à « pas lents dans sa cour. Il ne rentra pas un instant dans le « donjon, et marcha ainsi jusqu'au soir, seul et faisant « sonner les dalles sous son talon d'acier.
« Au moment où le soleil se couchait derrière les colli- « nés de Neckargemund, le formidable Burgrave tomba « tout de son long sur le pavé ! Il était mort '. »
Si Bligger n'a pas la bonté de Welf, il en a l'héroïsme et la grandeur : comme lui et avec les mêmes attitudes, il résiste à la diète, à l'empereur, et au pape.
Welf n'a jamais eu d'ailleurs la puissance de Friedingen ou de Bligger ; afin de mieux s'apparenter avec l'exilé de Guernesey, il ne possède qu'un coin de terre, il est simplement castellan.
C'était au moyen âge une dignité dont le point de départ était le commandement d'un château fort, et qui prit des formes diverses suivant les différents pays où elle s'établit.