‹ Le moyen âge dans La légende des sìecles et les sources de Victor HugoChapitre 240 sur 303 · C. Elle avait cette exquise avarice · texte numérisé non relu

C. Elle avait cette exquise avarice

Qu'on nomme la pudeur, qui fait garder le corps Par Tàme et qui dans l'ombre enfouit des trésors.

D. La pensée comme le calorique peut exister à l'état latent et, comme

le calorique, elle ne jette de clarté que dans-certaines conditions. Le style, c'est la pensée faite lumière.

Hugo a donc inscrit sur cette feuille des pensées de premier jet et vraisemblablement à des dates diÉFérentes ; mais, à en juger par l'écriture, toutes ces ébauches paraissent appartenir à la période qui s'étend du commencement de 1869 ^ ^^ ^^ de l'exil.

D. Le poète, en relisant sa pièce, eut le sentiment que l'inconséquence de l'adolescent le rendait moins sympathique, et qu'Angus serait bien autrement digne de pitié s'il mourait pour un devoir et non plus pour une rodomontade. Il revit ses premières sources pour trouver au déQ d'Angus une cause à la fois plus noble et plus attendrissante; il retira de son manuscrit la page qui contenait le défi prétentieux d'Angus, et sur un carré de papier il esquissa les deux premiers vers de sa dernière retouche ' :

Personne n'a jamais su d'où vint la querelle Entre cet homme sombre et ce tragique enfant !

Il ressort de l'examen de tous ces fragments que lapours/iite d^ A ngus par Tiphaine, imitée de la poursuite d'Ernaut par Raoul de Cambrai, a été le noyau primitif de la composition, autour duquel est venue s'organiser la matière d'un prologue : causes de la querelle, et celle d'un épilogue : dénouement merveilleux. Nous examinerons d'abord les sources de l'action centrale du poème — puis celles du cadre dans lequel Hugo a développé cette action — enfin celles du dénouement.

L'action centrale. La poursuite. Jubinal et Leglay. — C'est dans l'article de Jubinal du Journal du Dimanche, i" novembre 1846, « Quelques l'omans chez nos aïeux «, que V. Hugo a dû pour la première fois faire connaissance avec le roman de Raoul de Cambrai. Jubinal terminait son article de propagande, en citant les pages les plus caractéristiques d'une adaptation récemment faite d'un manuscrit du xii® siècle,

I. Ecrit au verso d'une lettre en anglais datée du 2 décembre 1874. Ce

fragment contient en même temps le vers :

Il cria furieux :

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