‹ Le moyen âge dans La légende des sìecles et les sources de Victor HugoChapitre 245 sur 303 · I. Imprime à loi l Ilaoul · texte numérisé non relu

I. Imprime à loi l Ilaoul

emprunter le blasphème proféré par Raoul de Cambrai : si l'on tient compte de l'importance et de la ferveur des sentiments religieux au moyen âge, ce blasphème de Raoul paraît bien être, dans le poème du xii^ siècle, le coup de théâtre qui bouleverse tout à coup la face des événements et fait que « Tespoir change de camp ».

Ce blasphème dans l'adaptation d'Ed. Leglay fait directement suite à la dernière phrase citée par le Journal du Dimanche :

« Non, dit Raoul, il est temps d'en finir, ce fer va te •couper le cou'. Ni hommes, ni saints, ni Dieu ne pourraient te sauver. »

A ces paroles, Ernaut jette un soupir...

Mais son cœur lui radient aussitôt, car il a entendu renier Dieu.

« Raoul, vil mécréant, lui crie-t-il, en hochant la tête, plein d'orgueil, de félonie et d'outrecuidance, chien enragé fjui renie Dieu et son amitié, sache bien que si le Roi de gloire avait pitié de moi, tu ne me frapperais pas!... »

Et il s'enfuit à coup d'éperons, tenant en sa main l'épée qu'il a tirée du fourreau.

Quand il a quelque avance, il regarde devant lui, et voit venir Bernier équipé à merveille, muni de belles armes, de haubert, de heaume, d'écu et d'épée. A cet aspect, Ernaut tressaille de joie «

Si V. Hugo renonça à mettre en œuvre cet élément religieux du poème médiéval, c'est qu'il répugnait à l'emploi répété du merveilleux chrétien-. Ce blasphème eût d'ailleurs fait double emploi avec le sacrilège que commet Tiphaine

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