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LE MOYEN AGE ORIENTAL EN EUUOPE

SULTAN MOmUD

Sources générales.

Comment et sous quelles influences s'est modifiée depuis les Orientales la conception de l'Orient dans l'esprit de V. Hugo. — Idée générale de la pièce de Sultan Mourad. — Reflet dans Sultan Mourad des idées contemporaines sur la Turquie. — Les idées de V. Hugo

' sur rislamisme semblent provenir, entre autres, d'un livre de Vaillant.

Sources particulières.

A. Sources historiques. Conquêtes et cruautés des Turcs au moyen

âge.

a] Géographie des conquêtes.

b) Les cruautés des sultans : Napoléon le Petit^ Mathieu, Moreri, Hérodote.

B. Sources mythologiques Le geste de Mourad et la résurrection

chez les Mahométans.

a) Le Huilain de 1846 (étude de ses sources). Comment une phrase de Mathieu s'est amalgamée au souvenii* du Huitain pour créer le geste de Mourad.

h) La résurrection chez les Mahométans : Pauthier.

Conclusion.

Sources générales

Comment et sous quelles influences s'est modifiée depuis es Orientales la conception de TOrient dans lesprit de V. Hugo. — 11 était impossible que l'auteur des Orientales ne fit pas à rOrient une large part dans la Légende des Siècles.

Mais, de 1828 à 1869, les idées générales du poète sur rhistoire et sa conception particulière de l'Orient se sont modifiées, et l'on ne saurait remonter, de prime abord, des sources de la Légende des Siècles à celles des Orientales.

Tout d'abord, il y a toute une part de l'inspiration orientale qui n'est plus de mode au temps de la Légende des Siècles, c'est le philhellénisme. Dès iSSj, Alphonse Le Royer envoyait à Victor Hugo un livre d'Ai'entures de voyage en Orient où il citait avec admiration certaines Orientales du poète, mais il se séparait nettement de ses vues politiques : il plaignait le sultan Mahmoud : « Nous lui avons, disait-il, traitreusementhYvXé ses flottes. » Il faut lire toute la préface de V Histoire de la Turquie de Lamartine (i855) pour se rendre compte du revirement d'opinion qui s'est produit. Lamartine blâme ouvertement Chateaubriand et Byron, prédicateurs au nom des dieux de la fable, d'une croisade et d\ine politique erronées; il répudie, sans restriction, un enthousiasme qui aboutit à l'atroce et inique incendie de Navarin : douze ans auparavant, Hugo lui-même dans la conclusion du/?Am(i842), sans renier aussi nettement sa ferveur passée, avait laissé transparaître tout au moins une certaine sympathie pour la Turquie, colosse écroulé sous l'effort des Russes.

D'autres thèmes ont vieilli, épuisés par les récits de voyage. C'est le décor des couchers de soleil sur le Bosphore, des bazars, des cafés et des minarets. C'est aussi tout l'Orient amoureux ou fantastique, l'Orient du Sérail, des houris et des djinns, l'Orient des mille et une nuits.

Après Maxime Ducamp et Gérard de Nerval' (i848-5o), le dernier poète en prose de cet Orient rebattu a été Théophile Gautier (i853)^ Hugo se garde de revenir à ces descriptions mièvres ou banales, en tous les cas surannées.

Géographiquement, l'Orient s'est déplacé et s'est agrandi pour V. Hugo. Après le voyage de i843, l'Espagne, précisée dans son imagination, s'est dépouillée pour lui, dans une large part, de ses fausses couleurs orientales. En revanclie, il fait entrer maintenant l'Asie, l'Egypte, l'Afrique et l'Inde dans la conception d'un monde à la fois sanguinaire et somptueux, où des conquérants farouches, Attila, Tamerlan se ruent à la tête de hordes meurtrières, où des soudans fabuleux étalent des cruautés, des conquêtes et un luxe hyperboliques.

C'est cet Orient, fécond en violences de couleurs, comme en monstruosités d'attentats, qui va remplir la Légende des Siècles, soit pou r l'antiquité [les Sept Merçeilles — les Trois Cents). soit pour le moyen âge et les temps modernes [Zini-Zizimi — Sultan Moiirad).

De l'ancienne inspiration, il ne subsistera, dans la Légende des Siècles^ que l'Orient biblique [Booz endormi, Les Lions, Mésa) qui fera pendant à l'Orient de l'Islam {y An Neuf de VHègire — Mahomet) et de l'Oupanichad (Suprématie).

Dans ces conditions, il est facile de préjuger combien peu Hugo aura l'occasion d'utiliser les souvenirs de l'Orient, tel qu'on le concevait en 1828. Les traductions de Fouinet, les mémoires d'Ibrahim-Effendi, le Dictionnaire-bibliothèque d'Herbelot, qu'il cite dans ses notes des Orientales, comme les garants de son érudition, ne sont plus de mise ici.

En admettant même qu'il ait étudié de près, en 1828,

1. Maxime Ducamp. Souvenirs et paysages d'Orient. Paris, Bertrand, 1848, Gérard DE Nerval. Scènes de la Vie orientale, Paris. Souverain, i848-i85o.

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