‹ Le moyen âge dans La légende des sìecles et les sources de Victor HugoChapitre 33 sur 303 · The AcadeniY, vol. 28, p. 44o, 23 juin i · texte numérisé non relu

The AcadeniY, vol. 28, p. 44o, 23 juin i

2. Cf. Crépet. — Anthologie des poètes français, t. IV. p. 701. La pièce est cilée et accompagnée d'une notice où il est établi que lé) pseudonyme do Napol le Pyrénéen, attribué à tort à Xavier Navarrol, appartient à Napoléon Pejrat. Notons, en passant, qu'en i85i Hugo dîna plus d'une fois à la Conciergerie avec ce Napoléon Peyrat, convive de ses deux fils. [Histoire d'un Crime, t. II.)

Le cliei' arabe Musa el Kevir a (ait voler son cheval jusqu'aux blanches Pyrénées :

Grimpant de pelouse en pelouse

11 monte au pic neigeux du Palier... Ebloui

11 voit un horizon de fleurs épanoui

Où comme une perle est Toulouse...

C'est ainsi que dans XeJoiunaldu Dimanche^ Jubinal, d'après Bertrand de Bar, montre Narbonne à Charlemagne parvenu jusqu'au sommet des Pyrénées: w Tout à coup il arrive sur le sommet des Pyrénées; là, vers la droite, au loin et bien avant dans les terres, il aperçoit sur une montagne une ville.... »

Là aussi, les oiseaux de proie se repaissent de la dépouille des morts:

Des troupeaux d'aigl-es bruns volaient en rond, béants.

Faisant claquer leurs becs sonores.

Kt Roland leur disait : « Mes petits oiselets,

Un moment, vous allez avoir bons osselets

Et belles carcasses de Mores. »

Là encore, Roland, après les batailles, tel le laboureur des montagnes, qui « va laver son arc aux fontaines ».

en riant, chaque soir, S'allait laver dans les cascades.

Des éditeurs modernes n'hésitent même pas à croire que Napol le Pyrénéen est le pseudonyme de Jubinal luimême'.

Il ressort, en tous les cas, qu'il y a parenté étroite entre les idées des divers membres de la colonie basque, et que Jubinal et Napoléon Peyrat se sont fait des emprunts ; Jubinal, professeur d'espagnol, et basque basquisant de Bigorre, était mieux placé que tout autre pour flairer la duperie : aussi faut-il conclure que s'il ne s'est pas niaisement laissé

I. Cf. Morceaux choisis, par Léopold Dlcros, Paris, A. Guédon, igoG.

prendre, il a volontairement mis la main à une grossière falsification'.

Comment Jubinal a, cette fois, facilité la tâche du poète. — Jubinal songeait sans doute, avant tout, à parer son récit pour les abonnés du Journal du Dimanche ; et, il faut bien Favouer, il faisait à Hugo la tâche facile. Au point de vue de l'action, du mouvement et du pittoresque, il améliorait singulièrement la matière : négligeant les fastidieux préambules du trouvère, il jetait son lecteur in médias i-es^ et débutait heureusement en évoquant Charlemagne debout au sommet des Pyrénées : sacrifiant les discours d'Eudes (i4 vers), d'Ogier de Danemark (i5 v.), du marquis Salomon (21 v.),de Gondebeuf (a4 v.), de Naymes (aS v.), d'Anséis de Carthage (20 V.), et tous les dialogues entre Doon de Valcler, Girard de Viane, et Hernaut de Biaullande, il resserrait l'action : il la dramatisait en supprimant le rôle du père d'Aymeri, et en laissant au jeune héros tout le mérite d'une intervention spontanée ; enfin, corrigeant lui-même sa version du Musée des Familles^ il abrégeait les réflexions finales d'Aymeri, et donnait à Hugo la première idée d'une conclusion brève et saisissante : « Aymeri s'est emparé de Narbonne. »

Au point de vue du mouvement, il transformait en apostrophe une réflexion du trouvère sur Charlemagne regret-

I. On trouvera tous les documents qui ont trait à la question du Chant d'Altabicar, en consultant :

i83i. Journal de l'Institut historique, p. 176.

i838. Gentlemen' s Magazine, oct. i858, p. 281 ; mars 1869, p. -266.

1864. J. H. BoRMANS. — La Chanson de Roncevaux (Académie royale

de Belgique, t. XVI).

186G. J. Bladé. — Chants héroïques des Basques, pp. 37-5 1. 1866. G. Paris. — Revue critique, 6 oct., p. 217.

1866. AssELiNEAu. — Mélanges tirés d'une petite bibliothèque romantique. 1869. J. Bladé. — Etudes sur Vorigine des Basques. i883. Academy de Londres, XXYIII, 23 juin i883, p. 44o. 1890. J. Bladé. — La Gascogne dans la légende carlovingienne, p. 67.

tant Olivier et Roland, et fournissait directement à Hugo, l'exclamation :

w Olivier et Koland, que n'ètes-vous ici! »

EnGn, pour ce qui est du pittoresque, il ébauchait des décors nouveaux. Gérard de Roussillon, écrit-il — et il n'y a rien de pareil dans le texte du moyen âge —leva la tête^ rei(arda autour de lui, et^ voyant le petit nombre de ses gens, son cheval qui boitait^ son enseigne déchirée : a Seigneur, repritil..., etc.

Du trouvère à Jubinal, le progrès, si Ton ne considère que l'invention, est plus grand qu'il n'est de Jubinal à Hugo.

Autres sources : le sentiment de la nature. — Les additions de Hugo proviennent de deux sources :

1° Du sentiment de la nature.

Hugo esquisse, pour mieux faire ressortir ses personnages, des indications de toile de fond : des nuages passaient — les torrents mugissaient sous les chênes — des patres épars au fond des bois.

Le voisinage des Burgraves. — 2" Du voisinage de la composition des Burgraves. Dans la Chanson de geste^ Charlemagne écoute avec un abattement monotone les discours de ses capitaines : il reste figé dans une attitude imprécise. Jubinal a bien vu que le besoin de la variété se faisait sentir ; mais il a été mal inspiré : son Charlemagne jette un grand cri [Musée des Familles^ 18i3), puis un grand rire [Journal du Dimanche) ; il rougit, il pleure ; bref, il manque de dignité et il est aussi embarrassé que Jubinal lui-même. Hugo a failli se conformer à la mièvrerie de son modèle : il avait, entre autres, écrit après la réponse de Richer de Normandie cette platitude :

Charlemagne rougit sans se mettre en colère.

Mais tout à coup un Charlemagne-Barberousse lui apparaît : la barbe fleurie de l'empereur français s'apparente à celle

de la table du Taurins, et V. Hugo écrit de son héros, ce qu'il aurait imaginé du César allemand : il le montre :

levant sa tête centenaiie.

L'idée de la majesté sereine et grave de Charlemagne prédomine chez le poète. Dès lors,

V empereur ne montra ni trouble, ni colère.

remplace

Charlemagne rougit sans se mettre en colère.

et V. Hugo barre le prosaïsme

Charlemagne reprit d'une façon cà'ile pour y substituer :

L'empereur, souriant, reprit d'un air tranquille.

Enfin, sous cette même influence, la vision entrevue par Jubinal dans son étude préliminaire se précise, avec une majesté vraiment olympienne, dans les vers du poète.

tt Charlemagne, avait dit Jubinal, est une espèce de Jupiter tonnant qui se dresse au sommet de l'Olympe. Quand il fronce le sourcil, il semble devoir tout écraser et tout réduire en poudre. »

[Journal du Dimanche, p. 3.)

Hugo traduit :

Ainsi Charles de France appelé Charlemagne Exarque de Ravenne, empereur d'Allemagne, Parlait dans la montagne avec sa grande voix ; Et les pâtres lointains, épars au fond des bois. Croyaient en l'entendant, que c'était le tonnerre.

Victor Hugo devient à lui-même sa propre source. — A ces deux sources des additions de Hugo, il convient d'ajouter celle qui procède de son habituelle méthode de développement t il est à lui-même, presque chaque fois qu'il se relit à distance, sa propre source. Tel trait qu'il a trouvé dans une première rédaction devient pour lui une nouvelle matière qu'il développe et qu'il amplifie.

Il lui a paru que Jubinal était insullisant dans la note gaie : le moyen âge de ton gaulois était, en 1846, plus connu que le moyen âge noblement épique : un mouvement s'est lait dans le sens inverse après la vulgarisation de la Chanson de Roland, et se continue de nos jours, où nos modernes éditions rejettent volontiers dans l'ombre les plaisanteries des cuisiniers de Charlemagne, auxquels on a livré Ganelon. Hugo sait d'ailleurs choisir. Jubinal nous présentait un Charlemagne sottement jovial, qui, pour railler la prudence du duc Naymes, lui proposait de faire de lui un jongleur. Hugo néglige cette froide plaisanterie ; son Charlemagne a la bonhomie souriante du roi vert-galant : « Je n'ai jamais vu, dit l'empereur,

Ces belles fîlles-là, sans leur rire au passage Et me piquer un peu les doigts à leur corsage. »

Le même souci du ton gaulois, joint au désir constant chez le poète, de la variété et du contraste, l'engage à introduire le personnage du comte de Gand qui fait des c- ribottes de vieilles bottes », et qui plaisante en soudard sur la vertu de sa femme.

En se relisant, Hugo s'égaye de sa trouvaille, et celle familiarité soldatesque le met en verve.

De là le personnage d'Eustache de Nancy, ses ampoules, son bonnet de nuit, ses jurons « Tas de gueux ! » et son fumier. L'addition, écrite apparemment en 1809, ne compte pas moins de vingt-sept vers :

i55. Il reprit :

— Ça, je suis stupide, il estéli'angc Que je cherche un preneur de ville, ayant ici Mon vieil oiseau de proie, Eustache de Nancy. Eustache, à rnoi ! Tu vois, cette Narbonne est rude ; Elle a trente châteaux, trois fossés, et l'air prude; A chaque porte, un camp, et, pardieu ! j'oubliais. Là-bas, six grosses tours en pierre de liais.

Ces douves-là nous font parfois si grise mine Qu'il faut recommencer à l'heure où l'on termine, Et que, la ville prise, on échoue au donjon, Mais qu'importe ! es-tu pas le grand aigle ?

— Un pigeon.

Un moineau, dit Eustache, un pinson dans la haie ! Roi, je me sauve au nid. Mes gens veulent leur paie; Or, je n'ai pas le sou ; sur ce, pas un garçon Qui me fasse crédit d'un coup d'estramaçon; Leurs yeux me donneront à peine une étincelle Par sequin qu'ils verront sortir de l'escarcelle. Tas de gueux! Quant à moi, je suis très ennuyé; Mon vieux poing tout sanglant n'est jamais essuyé; Je suis moulu. Car, sire, on s'échine à la guerre; On arrive à haïr ce qu'on aimait naguère. Le danger qu'on voyait tout rose, on le voit noir; On s'use, on se disloque, on finit par avoir La goutte aux reins, l'entorse aux pieds, aux mains l'ampoule. Si bien qu'étant parti vautour, on revient poule. Je désire un bonnet de nuit. Foin du cimier ! J'ai tant de gloire, ô roi, que j'aspire au fumier.

(Addition intercalée en 1 858-59.)

Toutes les additions faites par le poète dans Aymerilloi, son Charlemagne-Barberousse, ses deux vieux grognards, indiquent la préoccupation de donner plus de relief et de vie aux mœurs du moyen âge, telles qu'il les imaginait, mêlées dramatiquement de tragique et de comique.

Scrupules de vérité historique. — Hugo est encore à cette date un historien relativement scrupuleux : on peut s'en rendre compte dans de petits détails : il avait écrit d'abord à propos des. souterrains creusés par les Turcs :

Et qui vont, le premier, à Barcelone en mer. Le deuxième à Bordeaux, le troisième en enfer.

il corrigea pour introduire le val de Bastan. Barcelone a en effet évoqué chez lui le souvenir de l'Espagne, et ce souvenir a réveillé en lui les impressions de sa visite à Roncevaux :

il est passé par le Bastan : le Bastan a été le séjour de la diablerie sarrazine, et Ton a sans doute montré au voyageur les descendants des monstres démoniaques de l'endroit : les Agotacs ou Cagots maudits'. Le val de Bastan, voisin de Roncevaux d'où vient Charlemagne, et célèbre dans la tradition, est donc heureusement choisi, et l'on ne saurait ici reprocher à Hugo autre chose que sa complaisance pour un trait d'érudition locale, dont le sens échappe à la majorité des lecteurs.

De pareils raffinements d'érudition ne seront pas rares dans les récits épiques de Y. Hugo, mais par la suite il usera, sans méthode, de ses sources; il citera des faits vrais en eux-mêmes, mais les déplacera à ce point dans le temps et l'espace qu'ils ne seront plus que des anachronismes déconcertants.

Évolution de rinspiration du moyen âge chez Hugo après le coup d'Etat. — Pour l'instant, Victor Hugo a la ferme résolution de faire de ses poèmes un miroir fidèle, bien que grossissant, du moyen âge. Il ne défigure du moins ses récits ni par des erreurs historiques volontaires, ni par l'introduction de préoccupations politiques ou sociales.

Quelques-uns regretteront peut-être que la Légende des Siècles n'ait pas été écrite tout entière avant l'exil.

Nous n'aurions sans doute pas, comme nous serons souvent obligés de le faire, à mettre au premier plan des sources du poète ses rancunes contre le César du Deux-Décembre. Sa vision du moyen âge eût été moins tendancieuse : les bienfaiteurs de l'humanité auraient moins risqué d'être tous des figures symboliques de l'exilé de Guernesey ; nous n'aurions point reconnu dans tous les rois et dans tous les empereurs des images péjoratives de Napoléon le Petit.

I. Cf. Abel IIlgo. La France pittoresque. Delloye, i838, p. ii; — Baron Tatlor : Les Pyrénées, i8 î3, pp. 5o3-5o6; — Fr. Michel. Histoire des Races maudites, 1847. P- 7^-

Mais la Légende des Siècles eût couru le risque de demeurer trop purement objective. Peut-être le poète, planant en dehors de toutes préoccupations sociales, et de tout intérêt de vindicte politique, n'eùt-il fait qu'une œuvre d'art impassible analogue à celle de Leconte de Lisle. Écrite à cette date, la Légende des Siècles eût sans doute été, comme les Poèmes Barbares^ dépourvue de tout lien d'unité ; vainement on y eût cherché cette idée directrice d'une évolution vers le bien de la conscience humaine et cette loi réconfortante du progrès de l'humanité qui s'épanouit dans l'hymne de Plein Ciel.

La pièce de Montfaucon., qui, seule avec Aynierillol et le Mariage de Roland.^ appartient au moyen âge français, va nous montrer combien les sources des idées du poète sont devenues différentes dans son exil.

MONTFAUGON

Deslination de la pièce : l'inspiration des Châtiments. L'année i858. — Le cadre de la pièce. — Le Décor : Notre-Dame de Paris et Sauvai. — V Histoire : Contamination de légendes : absence de documentation et d'érudition. — Pourquoi V. Hugo n'a point dans la Légende des Siècles utilisé plus de sources du moyen âge f français ?

Destination de la pièce. L'inspiration des Châtiments : l'année 1858. — - La pièce qui porte pour titre Montfancon a été écrite le 9 novembre i858.

En i858, Hugo a, depuis six ans, publié Napoléon le Petit et les Châtiments : il a flagellé le coup d'État et le nouveau César. Mais depuis six ans la tyrannie s'est consolidée : la gloire extérieure, bien que chèrement achetée dans la guerre d'Orient, la prospérité intérieure, mise en relief par l'expo-

sition de i855, ont rallié au régime impérial une grande partie des opposants. L'attentat d'Orsini éperonne alors un despotisme tout puissant et la Loi de sûreté générale fait régner la terreur en France. Hugo peut en craindre les contre-coups. A la sollicitation du ministère des Affaires étrangères, le comte de Persigny, notre ambassadeur à Londres, tente d'obtenir l'expulsion d'un certain nombre de réfugiés français, et l'exilé de Hauteville-House songe un instant à quitter la grève de Guernesey pour les rives d'Amérique. Mais si le gouvernement français ne réussit pas à rendre l'étranger complice de ses violences, du moins les exerce-t-il sans retenue à l'intérieur de ses frontières. Hugo voit frapper, par la loi de tcansportation •, ce qui restait en France d'irréductibles : et c'est parmi ceux-là qu'il comptait ses plus fidèles admirateurs. La liberté de la presse est étouffée, et, parmi les journaux supprimés, le poète plaint des victimes qui lui sont chères. La Revue de Paris, dont la publication est brusquement interrompue en même temps que celle du Spectateur^ contenait dans son dernier numéro (janvier i858) une critique de Laurent-Pichat qui déclarait ouvertement sa chaleureuse sympathie pour les proscrits de Guernesey-. En dehors de Laurent-Pichat lui-même, Hugo gardait plus d'un ami dans les rangs des rédacteurs : Pelletan, Bastide, Boul-

1. Anlonin Dcbost et ïé.not. — Les Suspects en 1858. Etude historique sur 1 application de la loi de sûreté générale, Paris 1869. Voir entre autres* p. 108. ce qui est dit de R. Gaslineau : Hugo avait dans sa bibliothèque de Guernesey les brochures politiques et sociales de ce journaliste.

2. Laurent-Pichat rendait compte de la yormandie inconnue de François-Victor Hugo (Histoire de Jersey), et du Cochon de saint Antoine, Ac Charles Hugo (fantaisie tumultueuse qui a son point de départ dans les légendes merveilleuses de Saint-Hélier). Indulgent et flatteur pour les fils, Laurent-Pichat se montrait dans son article admirateur passionné du père, et il terminait l'un de ses paragraphes par cette adresse à François-Victor : « Cm jZ soif donc permis au critique de placer un mot de son cœur au bas de ces lignes, et que, par delà les flots, elles emportent avec elles un peu de notre amitié. » La Revue de Paris était dirigée par Laurent-Pichat et Maxime Ducamp.

mier, Lacaussade, Viardot, etc., sans nommer Michelet. La Revue de Paris était accusée par le ministre de l'Intérieur d'avoir livré ses colonnes aux plus détestables « inspirations de la démagogie, de se faire le centre d'une sorte d'agi- « tation par correspondance et de contenir encore dans son dernier « numéro la glorification des souvenirs et des espérances de la pensée « républicaine ».

L'année même où l'empire attentait ainsi à la liberté de penser et d'écrire, se réunissait à Bruxelles le Congrès de la propriété littéraire*, où les orateurs exaltèrent le rôle glorieux et fécond de Tldée.

Enfin, l'année i858 avait vu la condamnation retentissante de Proudhon, emprisonné pour son livre, la Justice dans la Révolution et V Eglise, dont les théories furent jugées un outrage à la morale publique et religieuse. L'Eglise et l'État s'étaient, aux yeux de Hugo, associés pour étouffer la pensée^.

Tels étaient les souvenirs qui hantaient les esprits en cette fin d'année i858, où Victor Hugo écrivit Montfaucon. Il répondait donc au?? préoccupations présentes, en montrant dans ce poème comment le despotisme de l'Eglise et celui de l'État s'unissent pour briser l'essor de l'idée :

/|. — Roi, le trône et l'autel sont le môme principe; Défendons-nous ensemble; il faut de tous côtés Du front du peuple obscur chasser les nouveautés. Sauver l'église, ô roi, c'est vous sauver vous-même.

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