LE ROMANCERO DU CID
Très ancienne curiosité de V. Hugo pour le Romancero du Cid. Les premiers vers du Romancero de la Légende datent de 1825. — En 1821, Abel Hugo faisait à la Société des Bonnes Lettres un cours de littérature espagnole*, et la même année il publiait le texte espagnol de dix-huit romances, empruntées au Romancero del Reij Jlodrigo. Il s'agit ici des aventures de Rodrigue, roi des Goths, et du comte Julien, dont A. Guiraud, deux ans plus tard, tira sa tragédie du Comte Julien. En cette année 1823, Abel Hugo donnait un nouveau recueil, en français cette fois, et qui portait pour titre les Romances historiques'^. A la page i56 de ce volume, Abel Hugo insère une note, où il indique que les Romances du Cid lui paraissent trop importantes pour être comprises dans son présent recueil, et promet qu'elles feront ro])jet d'une édition spéciale.
Emile Deschamps ^ encourage Abel Hugo à tenir sa promesse. Je n'ai pas trouvé trace de cette édition. Mais la note indique suffisamment que les romances relatives au Cid paraissaient aux yeux d'Abel la partie la plus intéressante du Romancero général. La traduction était-elle achevée au
I. Cf. Revue bleue, 3 sept. 1904. Ch. M. des Granges : La Société des Bonnes Lettres. En 1824, Guiraud y lut sa tragédie de Pelage. Victor Hugo y fit connaître ses premières odes.