rS'ouvclie série, t. III, p. ii
Dès cette époque, Hugo songe sans doute à utiliser les Romances espagnoles du Cid pour un poème français. Car, en juillet iSaS, il jette sur un brouillon des Deux Archers^ et de la même plume dont il écrivait ce brouillon, cette première amorce d'une traduction en vers :
'' ...tapis.
Chimène eut sa gorgerette Pleine de fleurs et d'épis.
Ces deux vers figurent sans changement dans Tœuvre de i856.
Victor Hugo savait-il l'espagnol? — Victor Hugo puisait-il directement dans le texte du Romancero, et savait-il vraiment assez l'espagnol pour en traduire à livre ouvert les couplets épiques ?
Faut-il croire à l'affirmation de Choses vues ?' Faut-il ajouter foi à cet autre récit du Victor Hugo raconté, où intervient l'académicien François de Neufchâteau ?
« Un jésuite, nommé Isla, avait prétendu que le roman de Lesage n'était qu'une copie de l'espagnol. L'ouvrage du jésuite n'ayant pas été traduit en France, il aurait fallu, pour le combattre, savoir l'espagnol, et M. de Neufchâteau ne le savait pas.
— Je le sais, moi, dit Victor. »
Et de Neufchâteau aurait confié le travail au jeune Victor Hugo. « Le vénérable doyen de l'Académie le trouva si bien fait qu'il le mit dans sa notice sans y changer un mot 2. »
Tout d'abord, Victor Hugo n'a pas séjourné à Madrid plus de douze mois : il avait neuf ans, et il n'est nullement démontré qu'il se soit, pendant ces douze mois passés au collège des Nobles, exclusivement consacré à l'étude de la langue castillane. Les professeurs du jeune Hugo, sujets d'un roi français d'origine et d'éducation, faisaient-ils assez