Ballades, VIII
2. Victor Hugo raconté, fin du ch. xxix. Hugo reprend d'ailleurs ce qu'il considère comme son bien et la notice sur la Revendication de Gil lilas est publiée comme sienne parmi les œuvres de jeunesse.
peu leur cour au frère de Napoléon I*', pour songera « espagnoliser » le fils de son aide de camp, le général Hugo? Qu'on songe aussi à la place que tenait alors le latin dans les études, l^a brièveté et les circonstances du séjour du jeune Hugo à Madrid ne laissent pas véritablement supposer qu'il y ait appris beaucoup d'espagnol.
L'histoire des lectures de lleims ne se trouve nulle part confirmée par Charles Nodier'.
Quant à celle du comte de Neufchâteau, elle est formellement démentie par une conversation de Victor Hugo luimême avec le bibliophile Jacob. Paul Lacroix a publié cette conversation dans V Artiste de septembre 1882-. Là V. Hugo raconte à P. Lacroix comment F. de Neufchâteau lui demanda un travail sur Gil Blas.
« Je m'excusai de savoir très imparfaitement cette langue, et je M répondis qu'on avait sans doute confondu avec mon frère Abel, qui « la savait à fond. »
Et, l'académicien insistant, parce qu'il veut à tout prix pour collaborateur V enfant sublime, Victor Hugo, contraint, a recours à son frère :
« Je me fis aider par mon frère Abel qui avait étudié la question, « et dans l'espace de quinze à vingt jours, j'eus achevé ma besogne. »
A vrai dire, V. Hugo a toujours aimé à faire croire qu'il savait l'espagnol. Il avoue volontiers qu'il ne connaît pas l'anglais, qu'il ignore l'allemand, il se fait même modeste au sujet de la science du latin, mais il a des prétentions à parler la langue castillane ; il jette avec assurance ces mots dans la lettre XXXI du Bhin :
« A la douane de Kehl, le conducteur de la malle badoise, m'ayant entendu parler latin non sans barbarisme avec un digne pasteur qui
1. Toutefois, M. Michel Salomon : Ch. Nodier et V. Hugo à Reims, accepte sans hésiter les afûrmations de Hugo. Le Correspondant, 1904, p. 556, t. XXIV.