Album XI, p. 45, t. II
3. Il ne figure pas dans le Catalogue de 1870 : j'en ai aperçu le titre sur un volume relié à Guernesey.
traits, semblables à ceux de la romance espagnole, qu'on rencontre dans la Légende des Siècles.
La Bibliothèque des Romans avait, en décembre 1782, dans une nouvelle intitulée la Fouine de Séçille^ donné la version française d'une romance du Cid : les Plaintes de Chimène. En juillet 1783, réunissant toutes les romances connues sur le Cid elle avait consacré en entier sa livraison mensuelle à l'histoire du Cid^.
En i8i4, Creuzé de Lesser publiait une traduction en vers des Romances du Cid.
A la seconde édition de cette imitation versifiée, le journal de Victor Hugo, la Muse française -, fit l'honneur d'une longue et indulgente critique, signée par Emile Deschamps. Emile Deschamps a été, sans aucun doute, un peu déçu par le manque de couleur des vers de Creuzé de Lesser : il se contente de louer vaguement l'heureuse flexibilité, la grâce et l'esprit de son talent ; il espère que la traduction en prose d'Abel Hugo sera très fidèle, et il l'en félicite d'avance.
Oui, banale élégance et imprécision, voilà bien les défauts de Lesser ; mais ces graves défauts de forme n'amoindrissent pas toujours la fière attitude et le ton hautain du héros qui, même dans cette traduction, ont pu séduire l'imagination du futur auteur de la Légende :
« Moi, dit le Cid ! » — « Vous ! quel orgueil jaloux ! Demain, pour roi forcé de me reconnaîtie, Vous me rendrez hommage, y pensez-vous ? » — « J'y penserai, quand vous serez mon maître^. »
Je ne parlerai que pour mémoire de la brève et lointaine imitation d'une romance dans le Dernier des Abencérages,
1. Sur cette traduction du Romancero et sur celles qui suivent, cf. G. Laxsox : Emile Deschamps et le Romancero. Revue d'Histoire littéraire, t. VI, 1899.
2. 1823, t. I, pp. 5io-52i. Edition Marsan, 1907, pp. 242-260.