I. Annales archéologiques, tome I, p
chacune par deux volumes : c'était alors le beau temps : les années suivantes réduisirent les livraisons à six et ne fournirent plus que la matière d'un seul volume. Les rapports entre Hugo et la rédaction des Annales archéologiques s'espacèrent d'ailleurs dans la suite, pour des raisons non littéraires. Les idées politiques et morales des Annales, et celles du poète des Châtiments progressèrent en sens inverse. Hugo alla vers un moyen âge sinistre, pilori des tyrans, et tribune des vengeurs du peuple. Les Annales archéologiques se confinèrent de plus en plus dans l'histoire de l'art religieux : « L'archéologie chrétienne, écrivait en « i855 l'un des rédacteurs, est synonyme, surtout pour la « France, de l'archéologie nationale, car dans notre noble « pays toute véritable civilisation, à son origine, ou, durant « le cours de ses destinées, dans son ensemble et dans ses « détails, émane directement et uniquement du christia- « nisme, qui fut son générateur et doit rester son guide'. »
Les bibliographies relatives à la littérature du moyen âge y furent supprimées et laissèrent toute la place aux études d'architecture religieuse.
Mais en i844 il n'en était point ainsi, et il n'y avait pas encore de scission entre un moyen âge clérical^ et un moyen âge laïque. Aussi Victor Hugo s'associa-t-il de tout cœur aux projets de Didron, auquel il écrivit :
« Comment vous remercier dignement, mon cher et très honorable « ami ? Vous attachez mon nom à une publication qui a le plus haut « prix à mes yeux. Le curieux et excellent livre que vous mettez au « jour s'adresse tout à la fois aux hommes de science et aux hommes « d'imagination. Tout s'y trouve mêlé et combiné dans une puissante « et singulière unité : l'art et l'histoire, la poésie et la religion.