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3. Jubinal. France littéraire, 11 juillet i84i, t. VI, p. i8i.
Il paraît probable aussi que l'opinion de Jubinal sur le caractère national du héros espagnol n'a pas été sans influencer l'inspiration de V. Hugo.
« Avant le Poème du Cid, écrit Jubinal, l'Espagne n'avait « point de caractère national : après lui, avec lui, pour mieux « dire, elle s'en forme un sur-le-champ. Don Rodrigue de « Bivar disparaît pour faire place à un peuple, et l'idéali- « sation de son histoire devint à la fois l'exemple et la glori- « fication de son pays* ». N'était-ce pas faire entendre par avance que le héros, représentatif de tout un peuple, avait sa place marquée dans une Légende des Siècles P
La lecture de Jubinal a donc pu, pour le moyen âge espagnol comme pour le moyen âge français, servir d'incitant à Y. Hugo. Mais en i856 cette incitation était déjà lointaine et à Guernesey V. Hugo ne pouvait recourir aux textes.
Conclusion. — Notre conclusion reste donc que le Romancero du Cid est une des rares pièces de la Légende des Siècles, où les sources utilisées par le poète, pour le cadre historique, découlent entièrement des souvenirs de sa mémoire, sur lesquels a travaillé son imagination.
Aucune imitation directe, aucun emprunt flagrant d'idée originale ou de vocable étrange ne révèle ici la proximité d'un modèle. Nous avons cru devoir citer la vulgate de la Bibliothèque des Romans, parce que ce fut la traduction la plus répandue au temps de la jeunesse du poète, et parce qu'aussi l'exilé de Guernesey aima ces sortes de livres^; mais nous n'avons pas pu affirmer qu'il ait consulté cet ouvrage.
Au reste, quelle que soit l'origine exacte du décor historique dans le Romancero, on voit, dès cette première pièce, comment Victor Hugo a utilisé sa source principale : le personnage du Cid. Le Cid est son porte-parole. Hugo a éliminé du Romancero espagnol presque tout le caractère