Cf. La Barraca, roman moderne de M. V. Bl. Ibanez
Décor emprunté à la nature et aux mœurs espagnoles. Madame d'Aulnoy. — Ce qui marque encore cette pièce d'un caractère personnel, c'est le décor et les détails singuliers empruntés aux albums du voyage que fit le poète en Espagne en 1843 ; nous y reviendrons tout à Theure. La belle évocation du Pic du Midi, surgissant derrière la montagne d'Oyarzun est un souvenir de ses excursions autour de Pasages :
Laissant derrière lui, hameaux, clochers et tours, Villes et bois, il marche un jour, deux jours, trois jours;
il s'enfonce Dans la lande à travers la bruyère et la ronce; Enfin, par hasard, las, inaltentif, distrait. Il se tourne et voici qu'à ses yeux reparaît. Comme un songe revient confus à la pensée, La plaine dont il sort et qu'il a traversée, L'église et la forêt, le puits et le gazon : Soudain, presque tremblant, là-bas, sur l'horizon Que le soir teint de pourpre et le matin d'opale, Dans un éloignement mystérieux et pâle, Au delà de la ville et du fleuve, au-dessus D'un tas de petits monts sous la brume aperçus Où se perd Oyarzun avec sa butte informe, 11 voit dans la nuée une figure énorme; Un mont blême et terrible emplit le fond des cieux; Un pignon de l'abîme, un bloc prodigieux Se dresse, aux lieux profonds mêlant les lieux sublimes. Sombre apparition de gouffres et de cimes, Il est là ; le regard croit, sous son porche obscur. Voir le nœud monstrueux de l'ombre et de l'azur, Et son faîte est un toit sans brouillard et sans voile Où ne peut se poser d'autre oiseau que l'étoile; C'est le Pic du Midi.
C'est pendant sa traversée d'Hernani à Pampelune que rimage des grès rocheux de la Navarre s'est fixée dans sa mémoire :