I. Cf. Pavl Foucher. Les Coulisses dupasse, p
souffrir de l'hostilité de la belle-mère, dont le général fut souvent le porte-parole et le défenseur*.
Malgré les épreuves auxquelles le général Hugo soumit Tafifection d'un enfant déjà rayonnant de gloire, celui-ci ne cessa jamais d'être, selon la fotmule qu'il emploie dans sa correspondance avec son père : « un fils respectueux et soumis. » 11 mit au service de son père sa célébrité de critique et d'écrivain pour faire valoir les médiocres Mémoires et les plus médiocres poèmes qu'avait écrits le général Hugo*. Il est possible qu'il entrât dans cette attitude un peu de vanité, mais l'on ne peut cependant pas trop louer le sentiment qui a porté le fils à cacher les faiblesses de son père; .il a voulu et obtenu que la postérité retînt l'unique vision du
« Héros au sourire si doux^ ! »
D'ailleurs, Hugo prétendit être par ses fils payé de retour : il fut, lui aussi, plus d'une fois autoritaire à leur égard : pour se borner à un exemple qui intéresse l'histoire littéraire, on sait avec quel entêtement il leur refusa l'autorisation de faire jouer l'adaptation dramatique à^ Eviradnus'^ qu'ils avaient entreprise. Mais il les aima, il fut admiré et respecté d'eux. H y eut toujours chez les Hugo le sentiment de la hiérarchie familiale.
Aussi l'idée mère de Bivar est-elle indiquée par ces mots
1. Cf : l'étude si vivante et si documentée d'ERNEST Dupuy : Victor Ilugo et son père. La Jeunesse des Romantiques, pp. 82-i44- Paris, igoS.
1. La récente édition des Voix intérieures (Imprimerie nationale, 1909, p. 483) nous révèle quelle rancœur Victor Hugo garda de l'oubli du nom de son père sur l'Arc de triomphe :
Le poète pur, de la foule éloigné, Qui vous aborde ici de son vers indigné, Sire, et qui vous souhaite un long règne prospère, IS est pas de ceux qu'on flatte en oubliant leur père.
Z. Après la Bataille, 18 juin, i85o.
4. Cf. Claretie. — Comment le drame d'Eviradnus ne fut pas écrit. Le Journal, 5 mars 190.2.
qui suivent la date sur le manuscrit : i6 février 1859, înoii doux anniversaire.
La douceur des sentiments de famille, le souvenir de son père a hanté ce jour-là Victor Hugo; il s'est revu déjà célèbre, pensionné par le roi, jeune chevalier de la Légion d'honneur, chef respecté du Cénacle, inclinant devant son père sa gloire neuve. 11 a pensé, avec raison, qu'il y avait quelque grandeur dans ce geste. Et voilà pourquoi il le prête également au Cid.
^(). Sheik, dit le Cid, je suis maintenant chez mon père.