‹ Le moyen âge dans La légende des sìecles et les sources de Victor HugoChapitre 77 sur 303 · I. Art. Alphonse (Portugal · texte numérisé non relu

I. Art. Alphonse (Portugal

res sur les bords d'un affluent du Tage. C'est donc une erreur volontaire de trois siècles, et d'autant plus grave historiquement que les derniers Maures restés en Espagne, au temps de Louis XI, étaient tous groupés autour de Grenade et aussi loin que possible du Tage.

Hugo ne s'est même pas laissé guider par les quatre premiers vers de son inspiration initiale :

Quand un miramolin quelconque, un Almanzor A. demi dévoré cherche à lutter encor Et dispute aux chrétiens la victoire ébauchée, Jayme survient et Jayine achève la bouchée'.

La présence d'un Almanzor et d'un Jayme réclamait en efî'et des événements contemporains du xii* siècle et de la fin du xiii"' : le dernier des Almanzor connus meurt en 1199 et le dernier roi d'Aragon, du nom de Jayme, en iSaj.

Dans le détail, le poète a de même amalgamé les souvenirs les moins cohérents :

Ils habitent la case Arcol, tour féodale,

Faite par don Maldras, qui fut un roi vandale,

Sur un sommet jadis hanté par un dragon.

Arcol est un souvenir de voyage : c'est le nom d'un faubourg de Fontarabie où le poète est passé en i843; Maldras est le nom d'un roi d'Espagne de la dynastie Suève-, et le dragon appartient aux légendes du folklore utilisées pour l'Hydre^

Le reste des noms semble bien imprécis : Alraz est sans doute l'ancien Alarasium donné par Moreri. Lojariz se présente comme la fusion de deux villages voisins rencontrés par Hugo sur sa route de Tolosa à Pampelune : Loja et Ariz. Le fleuve Tormez, extrait de listes préétablies S a été

i. Fragment 277 : dune écriture manifestement très antérieure à celle du manuscrit de 1875.

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