Voyage en Espagne. Paris, Furne, in
Pyrénées, i8 septembre 184 1-
Plume d'Aigle
y1 Victor Hugo.
C'est un aiglon qui, regagnant son aire, Laissa tomber sur le roc solitaire La longue plume arrachée à son flanc, Je vis au bout une perle de sang...
J'en eus pitié, car vous êtes son frère ! Que faites-vous, dites, notre aigle à tous. Pendant que la brise nous assiège ?
Près de ces monts aux épaules de jieige On est si haut qu'on doit penser à vous*.
Enfin, Théophile Gautier racontait dans la Rei>ne des Deux Mondes ses impressions de voyage-; ces articles devaient être bientôt suivis par le volume de Tra los montes^.
Tant d'influences décidèrent Victor Hugo, qui, le 20 juillet 1843, arrivait à Bordeaux, et se dirigeait sur l'Espagne pour y recueillir sur ses Albums* les notes multiples et pittoresques qu'il devait mettre à profit pour la Légende des Siècles.
Guides : les albums du poète. — Il emportait dans son sac de voyageur le Guide aux Pyrénées ou Itinéraire des voyages pédestres des montagnes par Richa/'d^ : ce volume avait dû lui être conseillé par son ami Jubinal qui y collabora (article sur
1. Pièce publiée dans la Petite revue anecdotique du i5 juillet 1870, qui m'a été obligeamment communiquée par M. Maurice Tourneux. Victor Hugo répondit à Roger de Beauvoir : et cette réponse fut insérée plus tard dans les Contemplations : Au poète qui m'envoie une plume d'aigle. Livre V, xix.