‹ Le moyen âge dans La légende des sìecles et les sources de Victor HugoChapitre 83 sur 303 · juillet, 15 août, 1" novembre 1842, i" janvier i · texte numérisé non relu

juillet, 15 août, 1" novembre 1842, i" janvier i

3. Je n'ai cité ici que les écrivains les plus connus, et ceux-là seuls dont il me parait que l'exemple a pu parvenir jusqu'au poète. Pour les autres, cf. le volume déjà cité de Foclché-Delbosc : Bibliographie des voyages en Espagne et en Portugal. Paris, Welter, 1896.

4- Ces albums sont entrés à la B. N. sous la cote VII et XI. Une partie des notes qu'ils contiennent a été utilisée dans Alpes et Pyrénées. 5. Paris, Maison, 1839.

le Val de Jéret). C'était un auxiliaire précieux que Richard; Victor Hugo le consulta souvent : « Voirie Guide et AbeV » indique-t-il à propos d'une énumération de plantes qu'il laisse incomplète. Ailleurs, il injurie Fauteur : c'est à propos des crétins de Luz : « Réhabiliter Luz : voir Guide, pages 18 et 19 : livre stupide. »

Ce livre stupide^ ce vieux guide romantique a des pages délicieusement caractéristiques du lyrisme de l'époque : il y a plaisir h lire dans Etudes d'artistes (111, 4) les chapitres ««r la secrète horreur de la nuit où l'on aperçoit les pâles reflets delà lune errante derrière les monts couverts de nei"es et de placiers, sur les Jeux de lumière, sur les Nuages, sur les Courses vagabondes, oîi le hasard sert quelquefois mieux que le projet, et sur les Orages, dont les lambeaux épars en masses isolées, telles que des bataillons qui ne cessent de tirer en faisant retraite, tonnent encore en s^ éloignant.

Au reste, même en Espagne et à l'exemple de l'Avellaneda de Cervantes, faut-il injurier les gens qu'on détrousse? Victor

Après avoir vu les montagnes, il faut les contempler la nuit. Les ténèbres ont eux aussi une sorte de majesté.... Cestalors qu'aux regards inquiets naissent les présages, les prodiges... une secrète horreur s'empare de nous. L'air est pur et serein : la nuit brune plutôt que noire. Les groupes de montagnes et les sommets que nous avons considérés la veille ne nous offrent plus que les simulacres * poétiques du sublime Lucrèce ou des découpures faiblement prononcées.

1. Ces assemblages délicats, ces tissus imperceptibles,parfaitement semblables aux corps dont ils sotit les émanations, et que Lucrèce appelle simulacra, effigies, Cicéron les nomme imagines, Qiiintilien figurx, Catius spectra, etr.. (§ V de la traduction de Lucrèce, par (^grange, 11,114.) , [Guide Bichard, l»39.

Éludes d'Artistes, La Nuit, p. 127.)

Avez-vous remarqué à la tombre de la nuit les profils monstrueux et surnaturels de tous les

ormes On est tenté de se demander si ce ne

sont, pas là les êtres mystérieux qui ont pour milieu l'obscurité et qui se composent d'ombre... 11 n'est pas un grand esprit que n'aient obsédé, charmé, ou tout au moins étonné, les visions qui sortent de la nature. Quelques-uns en ont parlé et ont pour ainsi dire déposé dans leurs œuvres les formes extraordinaires et fugitives, les choses sans nom qu'ils avaient entrevues dans l'obscur de la nuit : Vila ut obscurum noctis. Cicéron les nomme imagines, Cassius^ spectra, Quintilien figurx, Lucrèce effigies. Virgile simulacra, Charlemagne masca, (strygu veimasca).... ^

Je pense tout haut avec vous, mon ami, une idée me mène à l'autre. Je me laisse aller.

Alpes et Pyrénées, VIII, Pasage».

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