Paris, Wurtz et Treuttel, i8ï
3. J'ai écarté systématiquement de cette courte revue tout le grand nombre de ceux qui n'étaient pas de l'entourage Immédiat de Hugo, ou qui ne s'imposaient pas parleur célébrité à son intention.
4. Le manuscrit du catalogue de Guernesey porte, p. 35, Lola Montés de Théophile Gautier : c'est vraisemblablement une erreur de dictée. Th; Gautier n'a, en effet, jamais publié de biographie de Lola Montés, mais le nom de la célèbre aventurière devait être plus familier à Mad. Chenay que le titre espagnol Tra los Montes du roman de Th. Gautier.
n'a pas pu emprunté à Gautier de détails précis. La grande Espagne maure, TEspagne artistique de Madrid et l'Espagne africaine de Grenade attirait le peintre, et le poète confina ses visions du moyen âge parmi les castillos des montagnes de la Biscaye et de la Navarre, les seules provinces, au reste, qu'il eût visitées.
La Porte du Soleil de Roger de Beauvoir. — Malgré toutes les flatteries que Roger de Beauvoir adresse au cours de son volume au poète des Orientales, dont il cite les vers ' ou les hé^os^ et auquel il dédie deux chapitres entiers^, il ne paraît pas non plus que Y. Hugo ait songé à profiter de la lecture de la Porte du Soleil. Roger de Beauvoir appartient, en effet, au groupe de ceux que M. G. Lanson classe avec une nuance de dédain justifié dans le genre troubadour^
Roger de Beauvoir a, d'ailleurs, le mérite d'être un troubadour élégant et conscient :
« Depuis que Figaro a paru chez nous avec sa résille, Suzanne avec son voile, et Basile avec son chapeau de trois pieds, depuis que M"'® Malibran a chanté Rosine, et que Monpou (qui n'a pas vu l'Espagne avant de mourir !) a mis en circulation les délicieuses chansons de Musset, voilà toute une Espagne éclose dans le cerveau des moindres boutiquiers de Paris, une Espagne satinée, mignonne comme un portrait de femme de M. Dubuffe, une contrée commode où l'on entre par les fenêtres chez les dames, et où l'on déchire, par forme d'amusement, la robe des alcades ; un Eldorado de grenades, d'aventures et de poignards qui ne blessent pas ; en un mot, un coin de terre à l'usage des fabricants de vers, des amoureux et des peintres, où la vie est belle, les heures faciles, le ciel pur ; — le paradis de Mahomet, moins l'ennui de l'alcoran et l'abstinence du vin! Pour mon compte, je dois vous avouer que je me plais singulièrement dans ces mensonges^. «
1. Roger de Beauvoir. La Porte du Soleil, Paris, Dumont, i844. I, pp. 56 et 366. J'ai dû la communication de la Porte du Soleil à l'obligeance de M. Maurice Tourneux.