Ibid., I, p
Ce n'est certes point cette Espagne de boudoir et d'opéracomique qui pouvait séduire Hugo, et il trouva meilleur compte aux descriptions plus romantiques du baron Taylor.
Taylor : Les Pyrénées. — Le baron Isidore-Justin Taylor' avait été un hugolâtre de la première heure, et un ardent défenseur d'Hernani. Il avait écrit, dès 1826, un Voyage illustré aux Pyrénées^ où Victor Hugo avait apparemment puisé ridée de consulter la Relation du Voyage d'Espagne de M"' d'Aulnoy- et où il avait pu, dès cette époque, lire quelques récits des cruautés commises par les anciens rois de la Biscaye.
A la fin de juillet i843, à la veille du départ de Y. Hugo pour TEspagne, le baron Taylor avait vraisemblablement achevé son Voyage aux Pyrénées^, et c'est, croyons-nous, à l'auteur des Albums^ grand poète et habile dessinateur, qu'il fait allusion, dans cette conclusion de son dernier chapitre,
« Heureux qui fait un semblable voyage, plus heureux celui dont le savoir et le talent lui permettront de mieux raconter que nous les faits de l'histoire, plus heureux encore, le voyageur, artiste ou poète, qui pourra enrichir ses travaux des ornements du crayon et de ceux du style ! * »
II y avait, en i843, lien d'amitié et communauté de goût entre Taylor et Hugo.
L'exilé de Guernesey, en même temps qu'il mettait à profit ses notes d'album, a relu le livre de l'ami; il a recueilli des noms propres', et rencontré des développements, qui offrent avec ceux de la Légende des Siècles une intéressante parenté.
1 . Ses œuvres sont signées tantôt J. Taylor, et tantôt Baron Taylor.