IKTROPUGTIOM
le stqpide ultrafnontanisine qui trône dpns^la grosse .ca^bolî^ue jm Belgique et en FruDce. Une voix plus autorisée que la nôjre» Tietii de jeter <ud cri d*alarnie en présence de la gperre à mort que celle presse, organe du haut clergé^ a déclarée k la liberté. Nous laissons la parole ^ M. de Mojitalembert : « Confondre sous une même réprobation tofites le^ libertés inoderneS; c>st le comble de laXoliet Quoi de plus insensé qve denseignc^r au clergé à oaaiidire et à repousser les institutions et les garanties qui sont déjà ou seront bientôt l'appnage de tous les peuples, même les plus arriérés?... Prétendras, au nom d'une orthodoxie hargneuse, enrégimenter les catholiques let le clergé dans une lierre systématique et implacable contre r^sf^rîjt moderne, contre la civilisation moderne, les enchaîner à des utopies, les inféoder à ces fantômes, c'est commettre à notre sens Tattentat le plus dangereux de tous ceux c|ui peuvent menacer TÉgli^e. •
Lutter contre les folies de TultramoMtanisme, ce n'est donc pas combattre la religion^ c'es( aider à la sauver, si elle peut être sauvée. Lfi religion ne périra jamais; car la religion, c'est la vie; mais les forniies que prend le sentiment religieux changent avec les cireoni^nces, avec les seqtiments et les idées qui leur ont donné naissance. S'il y avait yne Église qui s'obstinàt à ^se dire immuable, elle prononcerait elle-même son arrêjt de mort. Cette Église est l'église ultr^montaine : plus incorrigible encore qu*immuable^ elle continuer^ fatalement à marcher dans la voie qui conduit à l'abim^. Mais à côié de ces aveugles, conducteurs d'aveugles, il y 9 des aspi^ rations plus larges. Chez les protestants, elks existent déjà à réifl de culte; elles se sont révélées au sein du catholicisme dans le iQQ.Uvement qui menaça l'Église traditionuelle en Âfllemagne avapt la révolution de 48; elles se manifesleui encore dans les tendanoes libérales d'une fraction ^e l'Église française. Le jour arrivera où ces éléments 4'une rénovation religieuse prendront un corps; c'est e^ vue de cette révolution que nous écrivons. En faisant la gjoerre à l'Église ultramoniaine, nous n'eintendoos pas seulement prendra la <léfense de TÉtat oonitrie les eu'vajbûssemenitç d'uae ïÉglise ^mbi^ tieuse, pour laquelle la religjiou n'est qu'un instrument de domination ; nous prenons part; pour Ja religion .menacée contre ceux qui rexploiten{i et qui la ruinent^
LA LIBERTÉ 0E L ÉGLISE ET L HISTOIRE. f 7
Nous espérons qu>mis et eoitemis, les cdmbaltaDts des deux camps, comprendront maii^tenant en quoi Bs peovent profiler des eUBeigoemeiKs de tliisloire. Les nations y apprendront ce qa^elles otft parfois ignoré ou oublié , ce que c'est qne la liberté réclamée par I^Église^ce que c'est que le pouvoir spirituel qu'elle re>iendîque; elles y apprendront que l'Église est ennemie-née de leur indépendant et de leur souveraineté, que, grâce à ranarcfaie du moyen âge, elle s'est empai^e de la puissance temporelle et spirituelle, et que, deptlls, elle a prétendu la nuiin tenir à titre de droit divin, c'est à dtrelde droit immuable; mais les nations apprendront aussi qu'à ude époque où eHes n'avaient pas encore conscience d'dies-mêmes , ettes ont déjà lutté contre les empiétements de PÉglise; elles ne supporteront pas dans la plénitude de leur force un joug qu'elles n^ont pas supporté dans leur enfance.
Il ne faut pas que les nations se fient à là' seule puissance des idées; elles doivent Intter pour leur indépendance, car Dieu n'aide ((tleceui^ qui s'aident eux-mêmes. Mais pour combattre l'ennemi, il faut le connaître; poiir vaincre TÉglise, il faut avant tout savoir ce qn^elle veut. Elle porte un masque; à l'entendre, elle ne demande que la liberté. Il faut lui arracher ce masque. C'est l'histoire de l'Église qui nous révélera son éternelle ambition. Il ne peut y avoir dé témoignage plus décisif tout ensemble et plus impartial. Ce sont les annales mêmes de l'Église que nous invoquons contre elle. C'est rÉcriture sainte, ce sont les saints pères, ce sont les papes, ce sont les docteurs , les défenseurs de TÉglise qui déposeront contre elle. Quand il sera bien établi que TÉglise, sous le nom de liberté, veut reconstituer sa domination, il faudra, ou que les peuples abdiquent leur souveraineté, ou que l'Église renonce à des prétentions impossibles. Les peuples ne feront jamais le sacrifice de leur indépendance, car ce serait se suicider. C'est à l'Église à voir ce que la prudence lui commande de faire, et à son défaut, c'est aux hommes sincèrement religieux à prendre parti pour la religion contre Tambition sacerdotale.
Si rÉglise D*est pas frappée d'un incurable aveuglement, elle puisera dans l'histoire des leçons salutaires. Elle y apprendra que ce qu'elle appelle sa liberté n'est pas un droit divin, mais un fait né de circonstances historiques et qui a dû disparaître avec ces circonstances; elle y apprendra que ses immunités, ses privilèges, ses droits, sont des fonctions ou des attributs de la souveraineté, qui pouvaient bien lui appartenir dans un âge de barbarie, mais qui ont dû retourner à FÉtat, dès que les vrais souverains, les nations, ont pris place sur la scène du monde; elle y apprendra que le gouvernement s*est sécularisé en se concentrant dans les mains de TÉtat, que Timpôt s'est sécularisé par l'abolition des dîmes, que la propriété s'est sécularisée par l'attribution des biens ecclésiastiques au domaine public, et que tel sera aussi le sort de la charité, de l'enseignement et de la morale. Si ces leçons profilent à TÉglise, elle saura qu'elle cesse d'être un pouvoir même spirituel, que la religion n'est plus appelée à exercer une domination extérieure, mais à sanctifier les âmes, que partant son domaine est le for intérieur de la conscience, les rapports de l'homme avec Dieu, et non le for extérieur, les rapports de l'homme avec TÉlat.
Si l'Église ne profite pas de la leçon, elle aura le sort de tous les pouvoirs qui courent au devant de l'abime qui les doit engloutir. La religion ne périra pas avec l'Église, mais elle se détachera d'une Église, qui, par son aveuglement, témoigne qu'elle est incapable de diriger plus longtemps les destinées de l'humanité. Que l'Église ne s'y trompe pas; du jour où les honmes trouveront le catholicisme romain incompatible avec leurs sentiments les plus impérieux, ils rejetteront le catholicisme avec l'Église qui parle en son nom.