F. SERÉ, DIREXIT
CoDCcrl el injt(ru(nt!Qls de lUUsiqQP , d .iprt-s une miaiaturo d'un maooicril du XIII'' siècle.
ET LA UlilNAISSANCE.
valle (le temps, sciaient Iraiisloiniés plusieurs fois, à ce point (|iic le nom primitif ne présentait souvent pas de sens et démentait le caractère musical de l'instrument auquel il demeurait attaché. Ainsi, le chorus, qui avait été une espèce de har()e à qua-
tie cordes, était devenu un instrument à vent; ainsi, le psallerium, qu'on louchait originairement avec un plectre ou avec les doigts, ne résonnait plus que sous un archet; tel insliiunenl qui avait eu vingt cordes n'en gardait plus que huit; tel autre, qui s'était contenté longtemps de trois ou quatre cordes, en élevait le nombre jusqu'à vingt -quatre; celui qui devait son nom ;i sa forme carrée s'arrondissait ou affectait la forme triangulaire; celui qui avait pris naissance dans un corps de bois passait dans un corps de cuivre. Rarement ces métamorphoses avaient pour objet d'augmenter les ressources musicales de la symphonie , elles étaient faites plutôt pour amuser les yeux et pour exciter la curiosité; elles se prêtaient aussi complaisamment aux habitudes bonnes ou mauvaises de rinslrumentisle. On peut croire avec raison qu'il ny eut pas de règles fixes dans la facture des instruments jusqu'au seizième siècle, où de savants musiciens soumirent la théorie de celte fabrication à des principes mathématiques. Ce ne fut qu'à la fin du seizième siècle (1589) que les facteurs d'instruments de musique furent organisés en corps de métier et obtinrent de la bienveillance de Henri III des privilèges et statuts particuliers. Auparavant, les instruments étaienl fabriqués à Paris par des ouvriers organistes, luthiers ou chaudronniers, sous l'inspection et la garantie de la communauté des ménétriers.
Comme de tout temps les instruments de musique ont été divisés en trois classes .spéciales, instruments h vent, h percussion et à cordes, on ne peut mieux faire que d'adopter cette division si naturelle pour passer en revue et décrire historiquement les dillérentes espèces d'instruments qui furent en usage pendant le Moyen Age et la Renaissance. Quant à préciser exactement la valeur musicale de chacun de ces instruments, que nous ne connaissons souvent que par des figures plus ou moins fidèles , c'est un travail de divination devant lequel les i)lus habiles harmonistes ont reculé. Il est certain cependant que celte bizarre variété de formes et de grandeurs dans chaque famille (rinstrumenls devait j)ro(luire de singuliers effets de mélodie, et ajouter quelquefois des nuances agréables à l'exécution d'un morceau d'ensemble.