INSTRUMENTS A VENT
'étaient les fliates, les trompettes et les orgues. Cliacun de ces instruments formait une famille assez nombreuse d'instruments qui différaient de nom, de forme, de grandeur et d'usage. Ainsi, dans la famille des Dûtes, on distinguait la flûte droite, la flûte double, la flûte traversière, le syrinx, le chorus, le calamuson chalemelle, la muse ou musette, la chevrette ou cornemuse, la pipe ou sifflet, le frestel ou fretiau, la douzaine ou doucine, ou hautbois, le ftaios ou flageolet, \q pan- (lorium, et bien d'autres qui n'ont pas laissé de traces dans l'histoire de la musique.
Le Moyen Age fiiisait tant de cas de la flûte, le plus ancien de tous les instruments de musique, qu'il avait pris plaisir h la diversifier et à en multiplier les variétés; celte prédilection pour la flûte était encore si marquée au seizième siècle, qu'un orchestre alors eût semblé incomplet sans un système entier de flûtes comprenant h» taille et la haute -contre, la basse et le dessus. Dans l'origine, la flûte simple, qu'on appelait également flûte à bec, consistait en un tuyau droit, de bois dur et sonore, d'une seule pièce, et n'était percée que de quatre ou six trous; on augmenta successivement le nombre des trous, qui fut porté à neuf, puis à onze , et la longueur du tuyau , qui eut jusqu'il sept à huit pieds de long. Comme les doigts ne suffisaient plus pour agir sur onze trous à la fois, on ferma les deux trous les plus éloignés du bec par des clefs mobiles que le flûteur ouvrait avec son pied. On rencontre des flûtes simples de toutes grandeurs, sur les monuments figurés de toutes les époques. La flûte double, non moins usitée que la flûte simple, avait deux tiges : l'une nommée gauche {sinislra) ou féminine, tenue par la main gauche, pour les sons aigus; l'autre, nommée droite {ilextra) ou masculine, tenue nar la main droite, pour les sons graves. Cette seconde tige était
l'iùle double (\IV* Bièclc). v ' ' ^ ^ ^ . ,
T.réddouvraaedeii'iH™,». Qrd lual lemeu t plus longue que l'autre. Les tuyaux étaient t:intôt lies ensemble, tantôt isolés. Quelquefois la flûte double, ayant une seule tige formée de
ET l.\ liENAlSSANCE.
lieux pièces dislinclcs, n'avait aussi (ju'uno seule ouverture, mais recevait le son par deux becs que le joueur de flûle cnibouchait alternativement; c'était l'accompagne-
Flùle ijooble (l'one seole lige (XI*-" siècle ). Ms. de la liibl. \3l. de Paria.
Syriiu à 9 iLiyaui ^ XI"" siècle).
Ms de la Bibl. Nal. de Paris.
ment ordinaire des faiseurs de tours ou jongleurs, au onzième siècle. La flûte traversière ou traversine, appelée flûle allemande au seizième siècle, ne fut guère usitée, avant que l'Allemagne lui eût donné de la vogue en la perfectionnant.
Le syrinx, qui n'était pas autre chose que la flûte de Pan, se composait généralement de sept tujaux, d'inégale grandeur, réunis ensemble, bouchés en bas, ouverts en haut sur le plan horizontal que parcourait la lèvre du musicien. H y avait des syrinx de différents modèles, les uns en bois, les autres en métal. Ces derniers, en usage aux onzième et douzième siècles, représentaient la moitié d'un cercle et renfermaient neuf tuyaux dans une boîte de métal percée de neuf ouvertures. Un pareil instrument devait produire des sons très-aigus qui s'accordaient difficilement entre eux.
Le chorus, d'après les termes de la lettre de saint Jérôme, se composait d'une peau
Syrinï à T tuyam (IX^ on X*" sièclp).
Ma. d'Angers.
(jhoros à païillon simple (IX*" Biêcle). — Ms. de Koologoe.
Chorus à pavillon double flX*" siècle).
D'après nue miDiatore ri'uo ms de la Ribl. CottonDienDC.
à Luodres.
et (le deux tuyaux d'airain , dont l'un était l'embouchure et l'autre le pavillon. M. Bottée
de Toulmon veut que ce fût une musette; M. Coussemaker, une espèce de flûte qui
prenait les formes les plus bizarres. Au neuvième siècle, c'était un double tuyau de
métal affectant h peu près la figure d'une croix , au milieu de laquelle s'élargissait en cercle une peau tendue, destinée sans doute h servir de réservoir d'air. A la même époque , le tuyau du chorus avait aussi l'aspect d'un carré long : une double peau en remplissait le centre et formait une poche d'air; l'embouchure était placée au milieu d'un des côtés du
tuyau, et deux pavillons s'ouvraient du côté opposé. Cet instrument, dont le nom
indique la prétention de renfermer plusieurs instruments en un seul , n'était parfois qu'une longue flûte à tuyau simple terminé par un pavillon à tête d'animal et percé de plusieurs trous, que précédait un tambour ou boîte sonore en métal, en bois ou en peau. Le chorus devint plus tard une espèce de tympanon. Le calamus, calamelliis ou calamella, qui a fait ensuite \a chalemelle ou chalemie, ne fut d'abord qu'un chalumeau, et finit par être, au
seizième siècle, un dessus de hautbois, lorsque
la bombarde en était la basse-contre et la taille,
et que la basse s'exécutait sur la cromorne. Au
reste, le hautbois formait h lui seul un groupe
d'instruments variés. La douçaine ou domine
{didciana), qu'on appelait souvent fliile douce,
n'était pas autre chose qu'un grand hautbois
de Poitou qui jouait les parties de taille ou de
(juinte. On avait imaginé d'obvier à la longueur
incommode de ces hautbois, en les divisant
par fragments réunis en faisceau mobile sous
le nom de fagot : cet instrument , qui n'eut plus
alors que quelques pouces de long, se nomma
courtaul en France et sourdeiine ou sampogne
en Italie, où il se jouait, comme la musette,
au moyen d'un soufflet gonflant un sac où était
le réservoir d'air. La muse de blé était un simple chalumeau; mais la muse {musa),
ou esHve [sliva), devait être une vraie musette dès le douzième siècle, comme la
muse d' Aussay (d'Ausçois, pays d'Auch) fut certainement un hautbois au quatorzième
Churus à papillon Bimple avec Irous (IX*^ Biècle). Ms. de Bain! Biaise.