ET LA H EN A ISS ANGE
siècle. Oiiaiil :i h musette pioprenient dite, ou la nomm:iit plutôt chevreUe , chièvre on chevrie {cubrella, au onzième siècle), parce que le sac adapté au chalumeau ('■tait (ail de peau de chèvre; ou (Mn|)loyait, en même temps, pour la designer, les noms de pylhuuU's cl de cornemuse.
Les flaios de sans, (|ue la nnisique de chambre ne dédaignait pas, étaient de véritables sifflets en bois de saule, tels que ceux dont l'enlance a gardé la naïve spécialité; mais, ainsi que nous l'apprend Guillaume de Machault, il y avait plus de vingt manières de llaios, tanl de fortes comme de kgières , (jui s'accouplaient par pares dans un ensemble musi(al. Parmi les (laius, ou llageols, il faut compi'endre la fislide, le souffle, h pipe et le freslel, ou fréliau , qui a pris plus lard le nom di; galoubel. l'iesque tous les llaios se jouaient de la main gauche, tandis que la droite était occupée à frai)per le rhylhnie sur un tambour ou sur des cymbales. Le pandorium, on pandurium , cilé par Cassiodore et Isidore de Séville au nombre des inslrumcnls à vent, doit être classé parmi les (lûtes, selon M. de Coussemaker, qui avoue ne pas savoir laquelle c'était. Le nom de pandorium nous fait supposer que cette flûte présentait quelque analogie de sons avec l'instrument h cordes nommé pandora.
La famille des trompeltes était aussi considérable que celle des flûtes; elles sont nommées en latin : luba, lituxs, buccina, laurea, cornu , cornix, salpinx, claro, clarasius, clario, hadubba, classica, licinia, silicines, tubesla, etc. ; en français : trompe , corne, cor, cornet, oliphant, buisine, sambule, etc. SainlJérôme, dans sa lettre à Dardanus, parle de la variété des trompettes qui servaient à la guerre, et dans toutes les circonstances solennelles de la vie publique. La trom|)elte empruntait son nom à sa forme , au son qu'elle rendait, à la matière dont elle était fabriipice, à l'usage quelle avait, ou bien à toute autre particularité. Ces instruments différaient tous les uns des autres, et cependant il serait bien diflicile de les distinguer entre eux en précisant leurs différences. La trompette militaire {tuba , tibia et liluus), en cuivre ou en airain , avait bien des espèces qui appartenaient soit aux troupes de pied, soit à la cavalerie, soit aux villes de guerre et châteaux fortifiés, soit aux flottes et aux navires armés. Le nom de plusieurs de ces trom[)etles {clario , claro, clarasius) témoigne de l'éclat de leurs sons. Les noms de quelques autres {cornix, laurea, salpinx) incliqucraient plutôt leurs formes; on sait, en edèt, que leurs pavillons représenlaieul ici une tête de taureau, là une tête d'oiseau , ailleurs une tète de serpent. Ces différentes trompettes étaient enq^loyées dans les cocnbats, dans les fêtes publiques, dans les cérémonies civiles et religieuses. 0"plq>ies-unes avaient jusqu'à sept pieds de long, et, comme elles étaient grosses à proportion de la longueur, il (allait une sorte de pied pour les supporter |)endant que le sonneur embouchait l'instrument et soufflait dedans de toute Sciences et Arts INSIRUM-liTS DE MUSIQUE, Fol ï.
(]oiiiptnii*eur i\l1I*" Biècle) Sculpture à la maison drs Musiciens, n Reims.
Trompette droite, à pied (XI* BJècIe).
Me, de la Bibl. CotloniiipnDe.
la force de ses poumons. Au huitième si(?cle, les bergers saxons, en gardant leurs
troupeaux dans les montagnes et les landes de la Cornouaiile et (lu pays de Galles, ne se séparaient pas de leurs trompes, énormes tuyaux recourbés en bois cerclé d'airain, à l'aide desquels la voix humaine se faisait entendre à plusieurs lieues de distance. Il y avait aussi, pour les chasseurs et les pâtres des autres pays, des trompettes recourbées qui servaient également à faire des signaux d'appel et qui étaient d'une dimension plus portative, puisqu'on les tenait d'une seule main en les faisant sonner; si quelques-unes furent fabriquées en métal, la plupart consistaient en une simple corne de taureau, de buffle ou de bouc. Les barons, et plus tard les chevaliers, qui étaient toujours en guerre ou en chasse, portèrent de pareils cornets pendus à leur ceinture; mais ces cornets, dont ils faisaient usage au besoin en guise de vase à boire dans leurs expéditions aventureuses, prirent le nom d'oliphant quand ou les travailla en ivoire et qu'on les revêtit de délicates sculptures. Les romans de chevalerie sont pleins de scènes de combat dans lesquelles le son de l'oliphant amène une péripétie dramatique : Roland , accablé par le nombre dans les défilés de Roncevaux, sonne du cor pour appeler h son secours l'armée de Charlemagne.
On voit, dans un passage d'un manuscrit de la Bibliothèque de Berne, cité par M. Jubinal, quel était le rôle des trompettes , des cornets et des buisines , au quatorzième siècle : « Y a en la légion trompeurs, conteurs et buisineurs. Trompeurs trompent quand les chevaliers doivent aller à la bataille et quand ils s'en doivent retourner aussi. Quand li corneurs cornent, cil qui portent les enseignes leui' obéissent et se meuvent, mais non pas li chevaliers. Toutes les fois que li chevaliejs doivent issir pour faire aucune besogne, li trompeurs trompent : et quant les bannières se doivent mouvoir, li corneurs cornent. Encore y avoit , ça en arrière, une autre manière d'instrumenz que l'en
Coron olifanl (XIV' •iécli',. — ijri de KiHcmiii. l •. i • . •„ ,..:^1„ 1'^.^ Inc
appeloiî dasiques, et, je cuide, ien les appelle or-endroit buisines. » D'après ce passage , les trompettes correspondent aux
Trompette qoerrière (VIIU siècle). — Ms. an^lalB. BritiBh MoeeBm