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Tiotitiii.ilHil u 1 II- [II' ti main
llX*" fiieclei. — .Mauufcrit de Boulogne.
Le Saufang de Saiote Cccilp , â Cologne , cloche du VI'' siècle.
cloches de différenles grosseurs avait produit tout naturellement le carillon, qui reçut d'abord le même nom que la cloche isolée, tinlinnabulum. Le carillon était alors un cintre en bois ou en fer, auquel pendaient cinq ou six clochettes de divers calibres , que le carillonneur frappait l'une après l'autre en cadence avec un petit marteau. Par la suite, on décupla le nombre des cloches en variant leurs dimensions, et le carillonneur fut remplacé par un mécanisme qui faisait mouvoir les marteaux d'après les lois de l'harmonie. Le Moyen Age eut la passion de ces carillons à musique, qu'il plaçait dans les clochers des églises et dans le beffroi des hôtels de ville, d'où s'élevait un concert aérien semblable aux mille voix d'un orgue invisible pour annoncer à une ville entière la marche des heures sur le cadran de l'horloge publique. Les vieilles cités du Nord, surtout celles de la Belgique, sont encore fières de leurs joyeux carillons, qui accompagnent souvent les ingénieux mouvements d'une horloge mécanique h personnages.
Clocbe de U calbëdrale de Sienne (XIl^ liècle).
Cloche de SaamaneB (Vanclose) (XIV« siec\e .
Carillon (IX*" siècle). — Ma. de Saint-Blaiee,
Une autre espèce de carillon à main, dit cymbalum au neuvième siècle et flagellum au dixième, selon Suidas, se composait d'une certaine quantité de clochettes, attachées deux par deux ou trois par trois à des baguettes de fer, qui tenaient toutes par une extrémité à un anneau mobile et qui, en se balançant dans l'air comme un large éventail, amusaient les oreilles avec une sonnerie continue. Il y avait, d'ailleurs, de véritables cymbales {cymbala ou acetabula), rondelles sphériques et creuses, en argent, eu airain ou en cuivre, qu'on prenait de chaque main ou qu'on s'attachait h chaque pied ou à chaque genou pour les choquer l'une contre l'autre. Ces cymbale
n'ont changé ni de forme, ni d'usage, ni de nom. Les petites cymbales, qu'on appelait crotales, n'étaient que des grelots que les danseurs faisaient sonner en dansant,
comme les castagnettes espagnoles, que nous trouvons en France sous le nom homogène de maronnetles au seizième siècle, et qui avaient été, au treizième, les cliquetles des ladres. Les crotales sont décrites ainsi par Jean de Salisbury : Crolala dkunlur spherulœ sonorœ, quœ quibusdam granis inlerposilis pro quanlilale sui et specie melalii varias sonos edunl. Les sons des grelots semblaient si réjouissants à nos pères, qu'ils se plurent à multiplier l'emploi de ces boules sonores que fait tinter le moindre ébranlement. Les chevaux de parade et de voyage avaient des grelots plus ou moins riches qu'ils agitaient en marchant, et, même au quinzième siècle, la mode des grelots avait fait de tels progrès dans les cours d'Allemagne, que les habits des hommes et des femmes en étaient tout chargés. Ces sons clairs, vifs et argentins, qui causent au tympan une sensation presque douloureuse, furent
Cymbale (IX* Biéclej. — Ms. de Saiol-BIaise.
particulièrement goûtés en Europe après les croisades, qui y multiplièrent les instruments de musique , sur-
Triangle ( IX^^ liècle ).
Mb. de SaiDl-Kmeran.
AU. de SdÉLt-Hmi-raii.
tout ceux a percussion.
Avant cette époque cependant, le sistre égyptien et le triangle oriental
J) rJ S T I k I Jh" \ (/npo5 co/y6œus) avaient leur emploi
/^\ r. ' ^o^ dans la musique religieuse et feslivale.
Le sistre était toujours un cercle de métal traversé par dos baguettes, également en métal , qui tintaient et gémissaient en roulant sur elles-mêmes chaque fois qu'on secouait rinstrument. Le triangle, ou Irepie, était ordinairement ce qu'il est encore aujourd'hui; mais quelquefois il avait la forme d'un trépied en fer creux à jour, dans les ouvertures duquel on promenait une verge de métal qui en tirait des sons aigus et plaintifs. Un autre instrument du même genre, qui tenait aussi du carillon et (jui ne parait pas avoir été très- répandu, c'était le bombulum ou Sciences et Ans INSTRUMENTS DE liOSlQUE. ?ol. li
hunibulum, que saint Jérôme essayait de décrire, pour le faire connaître, au cinquième siècle, et que nous voyons grossièrement représenté dans divers manuscrits du neuvième et du dixième siècle. Une sorte de potence en métal creux, formant à l'intérieur un double tuyau enroulé, soutenait à son extrémité, par une chaîne conductrice du son , une table sonore revêtue d'écaillés de cuivre , aux branches de laquelle étaient suspendues dès clochettes de différentes grosseurs. En agitant ces clochettes, l'instrument répercutait leurs sons avec un éclat extraordinaire.
Le tambour a été de tous temps un corps concave revêtu d'une peau tendue; mais la forme et la dimension de ce corps concave en ont fait varier le nom aussi bien que l'usage. Il se nomme, au Moyen Age : taborellus, labomuin, lympanum, tympanellum, lympaniolum, et même symphonia, dans Isidore de Séville. Il est employé constamment dans la musique de fête publique, spécialement aux processions; mais on ne le voit paraître dans la musique militaire, du moins en France, qu'au quatorzième siècle. Les Arabes s'en servaient de toute antiquité. Le laborellus, (aburel au treizième siècle, c'est la grosse caisse ou le tambourin, sur lequel on marque la mesure avec une seule baguette; le iabornum, avec tous ses composés, laburium, taburcinum,
laborinum, elc, c'est le tambour à deux baguettes; lympanum ou timbre, c'est notre tambour de basque : c Li timbres est un estrumenz de musique ipii est couvert d'un cuir sec de beste , » lit on dans un Psautier manuscrit du quatorzième siècle, et le Roman de la Rose le caractérise mieux encore, en nous montrant des jongleurs
Qui ne finoient de ruer Le tymbre en haut et reeueilloient Sur un doy , que oncques defailloient.
Les timbanala ou nacquaires , ce sont les tymbales de cuivre en forme cylindrique, telles que les croisés les avaient apportées de Palestine; le bedon, c'est un énorme tambour à deux faces, qu'on appelait gros tambour de Suisse ou d Allemand au seizième siècle, et qu'on frappait doucement avec deux petites baguettes; enfin, le lympanon, au quatorzième siècle, était certainement l'instrument auquel saint Jérôme applique le nom de chorus , et que nous recon- T,n,pa,,„n(xiii^.iéci.).-scaipi„,e naîssous pariuî les sculptures de la Maison des Musiciens à
de la Maison des Musiciens , a Reims. I I
Ueims. Il consistait en un timbre ou tambour de basque assujetti sur l'épaule droite, de manière que l'exécutant pût le faire sonner à coups de tête , tandis qu'il soufflait dans deux flûtes de métal percées de plusieurs trous, lesquelles communiquaient avec le ventre du tambour.
i:t l\ nL^AISSA^CE.