‹ Le moyen äge et la renaissance, histoire et description des moeurs et usages, du commerce et de l'industrie, des sciences, des arts, des littératures et des beaux-arts en Europe. Direction littéraire de Paul Lacroix, direction artistiques de Ferdinand Séré. Dessins fac-similé (volume 2)Chapitre 29 sur 84 · A LORIS · texte numérisé non relu

A LORIS

Pellion.

Kst-il liesse plus ferie

Que de regarder ces beaux champs,

Biaui-Arls.

Et ces doux aignelets paissans , Saultans à la belle praerie?

Pellion. On parle de grant scignourie,

D'avoir donjons , palais puissans :

Est-il liesse plus série Que de regarder ces beaux champs, Et ces doulx aignelets paissans Saultans à la belle praerie?

VsAMiiERT. En gardant leurs brebiettes,

Pasteurs ont bon temps ; Ils jouent de leurs musettes,

Liez et esbatans.

Là dient leurs chansonnettes, Et les doulces bergerettes,

Qui sont bien chantans

Et belles fleurettes

Pasteurs ont bon temps.

THSiTRK. Fol. IX.

Le Mystère de saint Louis nous offre également, dans un épisode emprunté aux mœurs féodales, une scène habilement dramatisée. Trois jeimes enfants en pension près de Laon, chez l'abbé de Saint -Nicolas, obtiennent de lui congé pour aller jouer dans la forêt de l'abbaye. Ils parlent avec leurs arcs, espérant chasser des lapins; mais ils ont étourdiment passé dans la forêt voisine, dont le seigneur, Enguerran de Coucy, fait garder sa chasse avec une impitoyable rigueur. A peine ont- ils décoché leurs traits sur un lapin, qu'ils sont saisis par deux forestiers. Enguerran paraît aussitôt :

Qu'est-ce que ces paillars ont fait, forestiers? Les Forestiers. Monseigneur, ils chassaient

Enguerran. Hal traistresl lia paillars garçons! En ma forest ! Je regny Dieu Si jamais partez de ce lieu !

En ce moment, deux hommes passaient; Enguerran les appelle : c'est le bourreau et son valet.

1" Enfant. {Au bourreau qui le saisit.)

Qu'esse cy,

Jésus 1 et dont vient cet oultraige ?

Nous n'avons fait aucun dommaige

En vostre forest.

Le Bourbeau. Il vous fault ,

Pour passer temps, monter là hault.

2"^ Enfant. Hélas! et fault-il que je voye

Mourir si généreux enfant!

Le Vaklet [de bourreau).

Vous en aurez tantost autant ;

Et si estes bel et mignon.

LeBouereau. Aussi aura son compagnon.

Car il m'est commandé.

Hélas!

Ou nous vent bien cher le soûlas

Qu'en ce boys avons voulu prendre !

Mes compagnons , il fault entendre

Que vecy la fin de nos jours.

Nul ne nous peult faire secours.

Mourir fault , sans nulz contreditz.

Je pry Dieu qu'en son Paradis

Au jour d'uy le voyons tous trois.

Adieu , mes amis.

[Ici le jette le bourreau.)

3" Enfast.

1" Enfant.

En vêla jà ung despesché.

Le Varlet. Il n'a guère longtemps presché, Mon maistre ?

[Le bourreau prend le 2'.)

Au plus près de luy Serez attaché au jour d'uy, Car vous estes enfant de sorte.

. . . Hélas ! que diront Noz nobles parents , quand sauront Nostre mort très-dure et amère !

Je plains mon père !

Et moi, ma mère

Meshuy despesche-les , paillart?

(Le bourreau le jette.) Le Bourreau. Regardez se je suis fetart ; Le vêla despesché soudain.

L'autre?

Le Vaklet. Je le tiens par la main

Tout ainsi comme une espousée.

II est tendre comme rosée , Le jeune enfant. Le Bourreau [àsonvarlet). Tay toy, tay toy... (A l'enfant.) Mon amy, montez après moy,

Et pensez à Dieu {Ici l'attache.)

T Enfant.

3' Enfant.

2« Enfant.

Enguerran

Le Bourreau.

Hault le boys!

(ViLLEMAiN, Journal des Savants. Avril 183S , p. 21.5.

Ainsi, dans le drame sacré du Moyen Age, tous les genres se confondent; ce drame est à la fois trivial, grotesque, religieux, sombre ou fleuri^ connue une églo-

KT I.A UENAISSANCE.

gue. Tous les personnages de l'iiisloire el de la légende, du monde réel et du mond(! invisible, les hommes, les anges, les démons, les rois de la terre el le roi du ciel y passent tour à tour tonune dans une évocation fantastique; il a pour acteurs les nobles, les prêtres, les bourgeois, les prolétaires, en un mot la société tout entière; il règne sur la chrétienté, et, pondant plusieurs siècles, tous les jeux scénitpies, toutes les compositions lliéûtrales (juise produisent à côté de lui, n'en sont, pour ainsi dire, que des épisodes, des branches, conmic disait le Moyen Age.

Ces branches sont très -nombreuses : nous citerons d'abord les Iragêdies, qui sont tout à fait exceptionnelles, et qui ne se rapprochent guère, que par le nom , des tragédies modernes. On (ounait, parmi les ailleurs tragiques (c'est le nom rpie leur donnaient leurs coniemporains) : Arnoul Daniel, en 1189; Anselme Faidit, en 1220; Bérenger Parasol, auteur de cincj tragédies sur la vie de Jeanne de Naples, dont il était contemporain, et Guillaume de Blois, qui composa au douzième siècle une pièce intitulée Flaiira el Marco, dont le sujet paraît avoir été inspiré par une célèbre courtisane nonmiée Flore. Ici, comme dans les mystères, tous les genres se mêlent : il n'y a ni actes, ni scènes, ni unité de temps, ni unité de lieu, et, pour trouver des tragédies dans le sens actuel du mot, il faut en France arriver au seizième siècle, à Lazare Bail et à Thomas Sybilole, qui importèrent sur notre scène des traductions ou imitations du Théâtre grec, et surtout à Jodelle, qui, en 1552, lit représenter une Cléopàtre captive, de son invention.

La veine comique est bien autrement abondante, et plus on approche de la Renaissance, plus celte veine coule à grands flots; elle s'ouvre au treizième siècle avec Adam de La Halle, plus connu sous le nom du Bossu d'Jrras, qui nous donne, dans le Jeu du mariage d'Adam ou de la Feuillée, notre première comédie française, et notre premier opéra-comique, dans la charmante pastorale intitulée le Jeu de Robin et de Marion, dont il a fait seul la musiijue et les paroles. Ces deux pièces, ainsi que la Farce de maistre Pierre Palhetin , jtar Piei-re Blanchet, sont considérées à juste titre comme des productions très-remarquables pour les époques auxquelles elles furent composées. La Farce de Palhelin, qui date de la seconde moitié ilu quinzième siècle, jouit longtemps d'une grande réputation non-seulement en France, mais même à l'étranger, et elle méritait ce succès, parce qu'elle est pleine de vrai comi(jue et qu'on y trouve des passages que Molière ou Rabelais n'auraient point désavoués. Elle fut, on le sait, remise sur la scène à la fm du règne de Louis XIV, par Brueïs et Palaprat. qui n'y ajoutèrent rien d'important et qui lui ùtèrent beaucoup de sa naïveté.

Désignées sous les noms de jeux, soties, farces, et divisées en farces joyeuses, récréatives, histr ioniques , facétieuses , enfarinées, françaises , etc., les pièces comiques du Moyen Age et de la Renaissance se distinguent souvent par un grand fonds de malice gauloise et de gaieté fantasque; mais trop souvent aussi elles sont dé|)arées par des grossièretés et des obscénités, (]ui en rendraient aujourd'hui non-seultmeul la représentation impossible, mais même l'analyse très-dillicile. Il suflil tl'iudiqiier au

hasard quelques litres; c'est, par exemple, dans le manuscrit 63 du fonds La Vallière, à la Bibliothèque Nationale, la pièce intitulée le Relraicl , imité d'un conte de Louis XI (et ici, pour expliquer méuie le titre, il faut renvoyer aux Glossaires du vieux langage); c'est la Farce nouvelle du débal d'un jeune moine et d'un vieil gendarme pardevant Cupidon, pour une fille; c'est la Farce des hommes qui font saler leurs femmes parce qu'elles sont trop douces , ou la Farce nouvelle et récréalive du médecin qui guarisl toutes sortes de maladies; aussi fait le nez dune femme grosse, et apprend à deviner, etc. Les moralités, qui tiennent le milieu, d'une part entre les soties et les farces, et de l'autre entre les pièces empruntées aux légendes pieuses, participaient des mystères par Tadjonction de certaines données religieuses, et des soties ou des farces par les allusions satiriques. On peut ranger parmi les moralités les pièces dans le genre de celles qui portent pour titres : « De l'évesque que l'arcediacre murtrit pour eslre évesque; » ou bien encore : « D'un pape qui par convoitise vendi le basme dont on servoit deux lampes dans la chapelle de Saint-Pierre , dont saint Pierre s'apparut à lui, en lui disant qu'il en seroit dampné. » Ici, ce n'est plus les grandes traditions mystiques qui sont exploitées par la scène : c'est l'Église dans ce qu'elle a d'humain et de vulgaire; les chanoines, les évêques, les cardinaux, les papes eux-mêmes y sont trèsrudement traités, ce qui n'empêche pas la [)lupart de ces pièces de finir par un chant d'église ou un motet en l'honneur de la Vierge. A côté des moralités satiriques, il y a ce qu'on peut appeler les moralités politiques, les moralités mystiques et morales. Ainsi, la pièce intitulée : Moralité à sept personnaiges bien bonne, dont le premier est Pouvre Peuple, fait allusion aux troubles survenus en France au commencement du règne de Charles VIII ; elle commence par cette allocution du Pauvre Peuple :

Au temps jadis que le roy Salomon Tenoit son siège haultain et manifique, Et que des saiges florissoit les hauts noms , Chacun mettoit son sens et sa pratique A me garder et mon droit soubstenir.

L'Histoire de l'Enfant prodigue, \' Homme pécheur, V Homme juste et l'homme mondain, le Laz d'amour divin, l'Histoire de sainte Suzanne, exemplaire de toutes sages femmes et de tous bons juges , sont des moralités où le mysticisme s'allie aux enseignements de la sagesse pratique; les personnages sont le plus ordinairement des êtres abstraits, tels que Mundus, Caro, Dœmonia, Bon renom. Envie, Raison, Malice, Malheureté , etc. Ces pièces, comme les mystères, sont en vers; le nombre des acteurs qui y figurent est extrêmement variable, et l'on trouve, à la même époque, des moralités à deux , à quatre , à dix , h quarante et même à quatre-vingts personnages; mais ce grand nombre est tout à fait une exception.

Les divers genres de compositions que nous venons d'énumérer, soties, farces, moralités, étaient loin d'offrir dans leur mise en scène la splendeur des mystères, et par leur nature elles n'exigeaient pas le même appareil : le nombre des acteurs est

ET LA UliNAlSSANCE.

c'oniparalivemeiit liès-reslieinl; les proportions ne dépassent guère celles de nos pièces modernes, el, comme elles ne s'adressaient pas, ainsi (jiie les mystères, ii tontes les classes de la société, elles n'exi;,'eaient pas pour les représentations le con cours de toutes ces classes. Les myslèi'es étaient joués par tout le monde; les farces , \os soties étaient jouées [)ar ipielqucs individus, par (|uelijuc's sociétés particulières, et ces sociétés, ces individus étaient étrangers à l'Eglise.

Les jongleurs peuvent être considérés, en France, comme les premiers acteurs des pièces profanes. En même temps qu'ils i-épétaient dans les châteaux des poëmes che valeresques , ils y donnaient aussi des jeux par personnages, et, comme les mimes nomades de nos foires , ils alUiient de ville en ville dans les grandes assendjiées populaiies. Sévèrement proscrits une premièie fois par Cliarleinagiie, ils lurent rappelés ii l'aris, en lOOU, par Constance de rrovence, femme du roi Hobert; chassés de nouveau par Philippe- Auguste, ils reparurent au treizième et au (juatorzième siècle, et figurèrent dans toutes les fêtes féodales et municipales, comme poêles, comme chanteurs ou comme acteurs.

A côté des jongleurs, on voit, h une époque très-reculée, se former diverses associations littéraires et dramaticjues, telles que les CItambres de rliélurique, les Enfants sans souci, les Bazocitiens, les Cornards ou Conards, les Enfants de la Mère Sotte, etc.

Les Cliamlrres de rlœlorique , fondées, suivant quelques érudits, en Delgiqiie el en Flandre avant le quatorzième siècle, furent en même temps à l'origine littéraires et dramatiques. Anvers avait deux Rhétoriques, Gand en avait quatre, et le goût du Théâtre lut poussé si loin par les Flamands el les Belges, qu'on vil leurs compagnies d'archers et d'arbalélriers se délasser, par des jeux scéniques, des exercices militaires, et se constituer en véritables troupes d'acteurs.

Les Bazochiens, qui se recrutaient à Paris parmi les clercs du Palais et en province parmi les étudiants des universités, existaient déjà en 1303; mais, d'après M. !\Iagnin , ils commencèrent leurs jeux par des cavalcades et des montres, c'est-à-dire des promenades costumées, el ne représentèrent des moralités el des farces, que quatrevingts ans après leur constitution première. Outre les représentations extraordinaires qu'ils donnaient dans les réjouissances publiques, les Bazochiens jouaient régulièrement trois fois par an : le jeudi avant ou après la fête des Hois, le jour de la plantalion de l'arbre appelé Mai, et à quelque temps de là, dans la réunion générale de tous les confrères. Placés .sous la direction d'un chef qui prenait le litre de Boi de la Bazoche, les clercs du Palais, qui attaquaient avec une hardies.se singulière les ridicules et les abus, les mœurs et les personnes, eurent souvent des démêlés avec les divers pouvoirs de l'État; ils furent condamnés en 1442, en 1477, et forcés, à plusieurs reprises, de cesser toute représentation. Ces condamnations ne les rendirent pas plus réservés, lis mirent Louis XII en scène sous la figure de l'Avarice; mais ce prince eut le rare esprit de ne point se lâcher, et, comme on le pressait de se montrer sévère : Etaui-Aits. imm. Fol. XI.

u Je veux, dit-il, qu'on joue en liberté, et que les jeunes gens déclarent les abus qui 1) se font h la cour, puisque les confesseurs et autres qui font les sages n'en veulent » rien dire, pourvu qu'on ne parle pas de ma femme, car je veux que l'honneur des » femmes soit sacré. » Louis XII sanctionna par ses actes ces sages paroles, et il permit aux bazochiens d'élever un théâtre sur la grande Table de marbre du Palais, el d'y représenter leurs pièces autant de fois que bon leur semblerait. A la même époque, les clercs du Châtelet imitèrent les clercs de la bazoche , el plusieurs collèges de Paris établirent aussi des théâtres sur lesquels figuraient à la fois les professeurs et les écoliers.

Les Eiifanls sans souci, qui se recrutaient parmi les fils des riches bourgeois, s'organisèrent en sociétés dramatiques, pour faire concurrence aux confrères de la Passion. Leur association, dirigée par le Prince des so/s,avaitsurtoutpo'jrobjetdetourner en ridicule les vices et les défauts des hommes. Pierre Gringore, dit Vauldemont, héraut d'armes du duc de Lorraine, fut en même temps le principal auteur el le plus habile directeur des Enfants sans souci. Son théâtre, qui jouissait d'une très-grande vogue, était établi dans les Halles de Paris; les représentations avaient lieu principalement pendant le carnaval , el, quoique assaisonnées de traits fort vifs contre la cour de Rome, les pièces de ce répertoire populaire étaient généralement sévères au point de vue moral, Pierre Gringore ayant pris pour devise : Raison parloul , rien que raison. Quelques villes de province, comme la capitale, avaient leur Prince des sols : « A « Amiens, dit l'historien de celte ville, M. Dusevel, les fonctions de ce prince con- » sislaient h jouer tout le monde, mais surtout les maris trompés, il parcourait les 0 rues de la ville, la tète affublée d'un capuchon orné d'oreilles d'âne, et tenant une n marotte à la main ; ses suppôts l'accompagnaient montés sur des mannequins d'osier ') en guise de chevaux, dont ils tenaient la queue au lieu de brides; l'enseigne ou dra- » peau de la troupe portait pour inscription :

» STULTOUUM INFINITUS EST NUMEROS. »

La Mère folle à Dijon , Vabbé de Maugouverne à Poitiers, les Couards ou Cornards (le Rouen et d'Èvreux , sont de la même lignée que les Sols de Paris ou d'Amiens. La Mère folle, entourée de sa bande, donnait sa représentation au coin des rues, dans un théâtre ambulant dressé sur un grand chariot; un orchestre était attaché à ce théâtre. A Tours et h Évreux, les Cornards faisaient, tous les ans, au carnaval, une revue des faits scandaleux qui s'étaient passés dans l'année, et même des événements politiques les plus importants. En 1541 , ils mirent en scène, au milieu des rues de Rouen, un praticien de celle ville, qui , se trouvant à Bayeux sans argent, avait joué sa femme aux dés, afin de se procurer de quoi payer son auberge. Précédemment, ils avaient représenté sur un chariot Henri VIII, un Roi de France, un Fou et le pape Paul III, se disputant la boule du monde, el s'amusant avec celle boule comme un jongleur avec ses billes. A Évreux, comme à Rouen, les Cornards dramatisaient, dans des jeux

accompagnés de mnsiiiiie cl ilc c liant, toutes les chroni(nies compiometlaiiles de la ville. Ils étaient présidés par un abbé, (pii parcourait, monté siii- un âne et ridiculemont habillé, toutes les rues et même les villages de la baidieue. Voici, d'après l'abbé de La Hue, un échantillon des couplets chantés pendant les marclu's de Vdhhé des Cornards d'Évieux :

De asino bono nostro

Meliori et optimo Debemus faire fête.

Vir monachus, in mense Julio, Egrcssus est è nionnsterio ,

C'est dom de la lUicaille.

Egressus est sine lieentiA Pour aller voir donna Venissia

l'^t faire la ripaille.

Dom de La Bucaille était un prieur de l'abbaye de Saint -Taurin d'Évreux, lecpiel, si l'on en croit les Cornards, rendait de trop fré(]ucntes visites à la dame de Vénisse, prieure de l'abbaye de Saint- Sauveur, de la même ville.

C'est à celte veine cytiique et railleuse que se rattachent, dans l'Église elle-même, les fêles de l'Ane, des Fous, des Innocenls^ et toutes ces cérémonies grotesques, qui, aux époques les plus ferventes, se célébraient dans le sanctuaire, comme une ironique protestation de l'esprit grossier du Moyen Age contre le symbolisme de la liturgie catholique. On voit, dans une lettre circulaire écrite en 14iî par l'Université de Paris aux prélats et aux églises de France, que les fêtes des Fous ne restaient pas enfermées dans les églises, mais que ceux qui prenaient part à ces fêtes paraissaient souvent, au milieu des villes, sur des théâtres et des chariots, du haut desquels les uns jouaient des pantomimes, tandis que d'autres proféraient des paroles bouffonnes ou impies.

Depuis les myslères jusqu'aux facéties de la Mère solle et aux grossières allelanes des Cornards, nous avons déjà énuméré bien des genres divers dans la littérature, ou plutôt dans l'archéologie dramatique, et cependant nous n'avons point épuisé le répertoire; il nous reste maintenant, avant d'arriver à la Renaissance, à compléter nos recherches par quelques indications sur les spectacles qui sont placés en dehors du Théâtre littéraire. Nous n'avons à nous occuper ici ni des tournois, ni des fêtes de la féodalité, ni des jeux où l'on faisait courir des fennnes nues, car ces fêtes, ces jeux appartiennent à l'histoire de la chevalerie ou à l'histoire des mœurs, et leur place dans ce livre est marquée en d'autres pages. Nous voulons parler seulement des jeux muets par personnages , des allégories, t\es pantomimes , et des jeux sur des chars, qui se jouaient princiiialement à l'entrée des rois et des princes et dans les réjouissances publiques qui avaient lieu h l'occasion de quelques événeinenis importants.

La danse des morts, connue sous le nom de danse macabre , i\gv\rc au nondjre des

spectacles dont nous venons de parler, et nous voyons, en 1424, les Anglais la faire jouer à Paris dans le cimetière des Innocents, pour célébrer leur victoire de Verneuil. Ce divertissement funèbre était, il faut le reconnaître, parfaitement assorti à la circonstance, puisqu'il s'agissait d'une bataille; mais, d'ordinaire, les cboses se passaient d'une façon moins sombre.

Les pantomimes à grand spectacle , jouées au milieu des rues, sur des échafauds, étaient données par les rois aux villes, ou par les villes aux rois. Une des plus célèbres est celle qui fut offerte en 1313 par Philippe-le-Bel, à l'occasion de la promotion de ses fils à l'ordre de chevalerie. Là, dit un rimeur contemporain, Godefroy de Paris :

Là vit-on Dieu , sa mère rire

Nostre Seigneur manger des pommes

Et ISostre Dame sans essoingne.

Avec les trois rois de Couloingne

Et les anges en paradis

Et les âmes dedens chanter

Qu'Enfer y fu noir et puant , Dyables i ot plus de cent, etc., etc.

On y vit aussi , comme à la célèbre procession du Renard , un de ces animaux , vêtu d'un surplis fait à sa taille, la mitre ou la tiare sur la têle, se jeler sur les poules qu'on avait mises à sa portée, ce qui amns:iil beaucoup le roi de France, qui voyait, disait-il , dans la voracité du renard, l'image des exactions de la cour de Rome.

En 1437 , à l'entrée de Charles Vil , on représenta le combat des sept Péchés capitaux contre les trois Vertus théologales et les quatre Vertus cardinales. Les sept Péchés chevauchoienl sur diverses testes, et le tout était rehaussé par des tableaux du Purgatoire el de l'Enfer, et la représentation de saint Michel pesant dans une balance les âmes des trépassés. Quelques années plus tard, en 1468, la mythologie remplaça l'allégorie chrétienne. A l'entrée de Charles -le -Téméraire, on joua le Jugement de l'âris, dans lequel les trois déesses étaient absolument nues. Vénus fut représentée par une Flamande, de la plus belle taille et d'un embonpoint extraordinaire , portentosœ crassiludinis; mais, par compensation, tandis qu'on se montrait si profondément païen pour le duc de Bourgogne, on offrait à Louis XI le spectacle d'une Passion à personnages. « et sans parler, Dieu estendu en la croix, et les deux larrons à dextre et à senestre. » L'Iiistoire de France fut mise à contribution comme la mytiiologie, et, dans Xqs jeux par personnages cé\éhvé^ à Rouen en 1550, à la venue de Henri II, on vit, avec le Paganisme et la Foi, Vesta, le Clergé, l'Olympe, le Parlement de Normandie, les Muses, la liste chronologique des Rois de France à partir de Pharamond. Les Mérovingiens, les Capétiens, en un mot tous les princes qui avaient occupé le trône, jusques et y compris le père du roi, vinrent tour à tour saluer Henri H, qui finit par se joindre à ses prédécesseurs et par entrer avec eux dans la ville.

Les trop rares archives municipales qui ont échappé aux ravages du temps, des

ET LA HKNAISSANCE.

guerres eldes révolulions, pourraient fournir, si elUs élaienl soumises à un tlf'pouillenieiit allenlif, de curieux détails sur les jeux scéniques qui nous occupeni; car on y trouve souvent l'exacte descri|»tion de ces jeux, et l'un voit que les échevinages ne MJt'nageaient point leurs deniers pour donner à la mise en scène toute la pompe désirable. Les costumes étaient de la plus grande richesse, les décorations toutes rehaussées d'or et d'azur; les machinistes rabri(piaicnl des ileurs dont le calice versait des eaux de senteur et de Ihypocras, des serpents dont la gueule béante laissait échapper des Ilots de vin, des porcs-épics emplumés, des lis odorants, des lions qui marchaient, des mécaniques pour élever les personnages dans les airs, des nuages mobiles et des soleils tournants qu'on plaçait derrière la tète du Père éternel. Sur ces mêmes registres municipaux, se trouvent aussi quelquelois transcrits les intermèdes dialogues qu'on ajoutait comme divertissement littéraire aux spectacles muets. Voici le début de l'un de ces intermèdes, composé, en 1493, lors de l'entrée de Charles VllI à Abbeville; les personnages sont : C/tief Souverain, personnification du roi; Abbeville, lion Désir, Jocondilé et Humble Service; Abbeville ouvre la scène et dit :

Oncques depuis cjue je suis née IN'eux telle récréacion ; Voichy une belle journée Plaine de consolacion !

Louenge et jubilacion En soit au benoit Créateur !

Quand j'ai de mou Chief vision , Lequel est mon vrai protecteur, Bon Désir, seigneur débonnaire, Comment le dois-je recepvoir"?

Vous connaissez mon ordinaire.

lion Désir répond

Je te l'amaiue par la main , Doulce Abbeville , pour liesse; Il est doulx , benoit et humain , Fort, puissant, remply de prouesse.

C'est le chief de toute noblesse; Ton espérance doit en lui Estre mise pour ferme adresse.

Grand honneur te fait aujourd'hui.

Ta maison de jocondite Lui dois ouvrir premièrement.

Et ta salle de léaulté , Ornée de beau parement.

Le (liief Souverain remercie Abbeville , et le dialogue continue sur ce ton.

Jusque dans la première moitié du seizième siècle, les mystères, ks solies, les

Beaci-Aili. THEATRE. Fol. Illl.

farces, \cs moral ilés conlinuèrent, en France, d'allirer la fouîe, et la Iradiiionscénique (lu Moyen Age se retrouve encore, à celle date, h peu près semblable à ce qu'elle était dans les deux siècles précédents; mais, en 1541, le parlement défendit aux acteurs qui représentaient les Acles des Apôlres d'ouvrir leur théâtre le jour des l'êtes solennelles et même pendant les jours ouvrables de la semaine. Ces acteurs sollicitèrent alors et obtinrent la permission du roi et du prévôt de Paris, ce qui n'empêcha pas le procureur général de lancer contre eux uu très-violent réquisitoire; enOn, aj)rèsbien des difficultés, en 1548, ils obtinrent, en s'élablissant dans l'hôtel de Bourgogne, l'autorisation de représenter, à l'exclusion de tous autres, des pièces sur leur théâtre, h condition que les sujets de ces pièces seraient profanes, liciles el honnêtes , et que les mystères tirés des saintes Écritures seraient sévèrement bannis du répertoire. Dès ce moment , les mystères, exilés de la capitale, se réfugièrent dans la province, où ils se maintinieritdans quelques localités pendant le seizième siècle. « L'arrêt » de 1548, dit M. de Sainte-Beuve, s'explique suffisamment par l'état religieux de la » France et les progrès menaçants de la Réforme. Ce qui peut sembler singulier, c'est » qu'en Angleterre, vers cette époque, Henri VIII interdisait les mêmes rcprésenta- 0 tions comme favorables aucuhe catholique, et que la reine Marie les rétablit plus tard, ') à ce titre. Chez nous, !e péril était précisément contraire : il était trop facile h tout » dramaturge calviniste de glisser, en ces sortes de pièces , des satires perfides et des )/ insinuations hérétiques. En Espagne, en Italie, où rien de pareil n'était à craindre )> et où les catholiques vivant en famille pouvaient s'accorder bien des licences, les » drames pieux, tolérés et même honorés, continuèrent paisiblement et ne mouru- » rent, comme on dit, que de leur belle mort. »

La proscription qui avait frappé les mystères s'étendit également aux soties. En 1516, on défendit aux basochiens de parler des princes et des princesses de la cour; en 1536, on leur défendit, sous peine d'être chassés du Palais, « de faire monstrations de spectacles ni écriteaux taxans ou notans quelques personnes que ce soit. » Deux ans plus tard, on les obligea de soumettre h la censure du parlement le manusciit de leurs pièces, et, comme la sévérité allait toujours en s'exagérant, on menaça de pendre ceux qui ne se conformeraient pas h cette formalité. Les soties furent accablées par tant de rigueurs, et, à la fin du seizième siècle, elles avaient à peu près disparu.

Ces restrictions de la liberté de la scène, cet établissement de la censure, ces anathèmes juridiques contre les pièces saintes marquent chez nous ce qu'on peut appeler l'agonie de l'ancien Théâtre, et dès ce moment une ère nouvelle commence, aussi bien pour la France que pour l'Europe. A côté des mystères qui fleurissent encore en Espagne sous le nom d'autos sacramentales , on voit s'épanouir avec une splendeur singulière les épopées dramatiques de Lope de Vega. Shakspeare évoque sur la scène anglaise le monde fantastique et le monde réel, toutes les traditions nationales, toutes les passions orageuses du cœur humain. En Italie, Machiavel se place d'un seul coup, par sa comédie de la Mandragore , à côté d'Aristophane; la tragédie classique

ET L\ RENAISSANCE

renaît à la cour do Léon X, dans la5o/>/(o«iA7;e(loTiissino. Les souvenirs de ranliiiuil»'seréveillonl en niènic tcni{)s en France; on cornnjcnce par Iradnire, pour imiter plus tard : Thomas Sibik't , (pi'on a|)pelait aussi Si/hilole , Guillaunif Boiicliet et Lazare de Baïf, traduisent Sopliocle et Eurii)idi'; Oclavien de Saint-Gelais, Cliarli'S Estienne, Bonavenlure Des l'eriers, r('[)rodnisent Térence, taiilùt en piose, tantôt en vers; Konsard venait ;i peine de terminer ses éludes qu'il mit en vers le Plttlus d'Aiistopliane , et il joua lui-même cette comédie, avec ses condisciples, dans le collège où il avait passé sa première jeunesse. Et c'est ici le lieu de remarquer qu'avec ce genre nouveau on voit paraître de nouveaux acteurs, les élèves des universités, qui montent, sous la direction de leurs maîtres, sur des tlK'àtres improvisés dans les divers collèges de Paris, et qui sont même admis à l'honneur de jouer devant Henri II et toute sa cour, à l'hôtel de lîeinis. Le même fait se produit en Angleterre, et M. Sainte-Beuve rappelle, à cette occasion, un passage de Shakspeare, dans lequel llandet dit à Polonius :

M} lord, vous avez joué autrefois à l'Université, dites-vous? PoLOKiL's. Oui , M^lord , j'y ai joué , et je passais pour bon acteur. Hamlet. Et quel rôle faisiez-vousî Polonius. Le rôle de Jules César. Je fus tué au Capitole. Brutus me tua , etc.

L'Allemagne, comme l'Angleterre et la France, eut aussi, à la même époque, ses théâtres universitaires, où l'on jouait les comédies latines de Reuchlin et de Conrad Celles.

Les imitations succédèrent aux traductions ou se produisirent simultanément; et, de même que les auteurs des mystères suivaient pas à pas la légende, de même les auteurs de ces premières tragédies classiques suivaient pas à pas les traditions grecques. Us ne cherchaient pas à inventer, observaient fidèlement les unités de temps et de lieu, et, comme Sophocle et Euripide, ils coupaient le dialogue par des chœurs. Etienne Jodelle, Jacques de La Taille, Jean de La Péruse, Charles Toustain, Jacques Grevin ; en un mot, tous les auteurs de cette période suivent exactement tous le même procédé, et, depuis Robert Garnier, qui se fit connaître vers 1373, jusqu'à Botrou, qui marque définitivement l'ère de la tragédie moderne, les conceptions des poètes dramatiques sont taillées sur un même patron, comme leurs alexandrins sont coulés dans un même moule. Quelques veis plus heureux, quelques sentiments plus puissants ou plus tragiques éclatent cependant çà et là, témoin ce passage de la tragédie de Régulas, de Jean de Beaubreuil, avocat au siège prèsidial de Limoges en lo82 :

Quiconque des humains se fie à sa puissance , A sa vaine grandeur, à sa lourde prudence , Qu'il regarde ma cheute, il verra tout soudain Que rien n'est asseuré au théâtre mondain. Avoir vaincu trois foys les forces de Cartbage , Et sur terre et sur mer, avec un grand courage ,

ilï

Avoir tout l'univers reraply de ma vertu , Et me voir aujourd'huy prisonnier abattu I

Dans les Lacènes d'Anlhoine de Monlchrétien, les Lacédémoniennes parlent un langage digne déjà des Romaines de Corneille -.

Je suis femme , il est vrai , mais Sparte est ma naissance ,

Qui ne m'interdit pas l'usage de vaillance.

Quoique mon bras ne soit aux armes bien appris ,

11 eust pu vous aider à l'ouvrage entrepris.

Mais si vous ne vouliez qu'aujourd'huy nostre gloire

Fust avecque la vostre escrite en la mémoire ,

En nous estant l'honneur de nous trouver aux coups ,

Deviez- vous nous Poster de mourir avec vous?

Bien que l'histoire grecque ou romaine, ainsi que les légendes héroïques de l'antiquité, dominent sur le Théâtre français au seizième siècle, les poètes ne s'enferment pas exclusivement dans le monde païen. VEslher, la Vasli de Pierre Mathieu, le Sainl- Jacques de P. Bardou , i-appellent encore les mystères et les miracles , mais les myslères dégagés de la pompe de leur mise en scène et arrangés suivant les règles les plus sévères de la rhétorique; les souvenirs de notre histoire nationale sont évoqués à côté des souvenirs de l'histoire sainte : Jeanne d'Arc, Coligny , les Guises , figurent dans le répertoire tragique et y occupent relativement une place avantageuse. Ces pièces, comme les pièces grecques ou romaines, sont embellies par des chœurs de garçons et de damoiselles.

Les vieux genres comiques, farces ou soties, les moralités, qui tenaient le milieu, coiume nous l'avons vu, entre les soties et les pièces sacrées, s'étaient réfugiés pendant celte Renaissance classique sur le théâtre de l'hôtel de Bourgogne, mais en se modifiant, en s'atténuant , en se déguisant sous d'autres noms, tels que pastorales, tragi-comédies, bergeries, comédies, fables bocagères, plaisanls devis. Pierre Le Loyer, Gérard de Vivre, Kemy Belleau, Jacques de Fonteny, Pierre de Larivey, Honoré d'Urfé, Edouard duMonin, Ollenixdu Mont- Sacré (Nicolas de Montreux), donnèrent un assez grand nombre de pièces dans le goût de celles que nous venons d'énumérei'. (Juelques-uns des poêles qui s'étaient fait un nom dans la tragédie classique s'essayèrent :iussi dans une veine moins sérieuse, comme Jodelle, dont Ronsard a dit :

Jodelle le premier, d'une plainte hardie ,

Françoisement chanta la grecque Tragédie;

Puis , en changeant de ton , chanta devant nos rois

La jeune Comédie en langage françois ,

Et si bien les sonna , que Sophocle et Ménandre,

Tant fussent-ils savants , y eussent pu apprendre.

Du reste, Jodelle et ses contemporains furent mieux inspirés, en imitant Ménandre

i:t [.a rknaissance.

que Sophocle. Le dialogue de leurs comédies est vif et raitide; il y a des mots heureux, de bonnes situations ; mais , en fait de hardiesses et même de licence , ces comédies du seizième siècle ne le cèdent en rien aux comédies de l'iaule; on en juf;era |)ar l'analyse que Suard a donnée de la pièce de Baïf, intitulée Le Urave ou le TaïUebras. « La » pièce, dit Suard, roule tout enlière sur l'intrigue d'Eugène, riche abbé, avec une » certaine Alix qu'il a mariée à un imbécile nommé Guillaume. Un ancien amant » d'Alix revient; furieux de son iufulélilé, il lui re|)rend tout ce (ju'il lui avait » donné, et, comme il est homme de guerre, il l'ail grand'peur à l'abbé, qui ne voit « d'autre moyen de salut (jue d'engager sa sœur Hélène à recevoir dans ses bonnes » grâces l'ancien amant d'Alix, lequel avait été amoureux d'Hélène et ne s'était » éloigné d'elle qu'à cause de ses rigueurs. Hélène, qui apparemment s'était plus » d'une fois repentie d'avoir été si rigoureuse, promet de la meilleure grâce du » monde de faire tout ce que son frère et Florimond (c'est le nom de l'amant) pour- ') ront exiger. Le calme est rétabli par ce moyen et par l'adresse de messire Jean, » chapelain de l'abbé, qui a conduit toute cette alliiire. Eugène ne songe plus (ju'à » vendre une cure, pour satisfaire un créancier qui était venu ajouter à l'embarras » d'Alix et de Guillaume , et profite du moment où celui-ci exprime sa reconnaisance, » pour lui expliquer, on ne saurait plus clairement , à quel point il en est avec sa ■) femme et pour le prier de ne pas les gêner, ce que Guillaume promet sur-le- ') champ, en assurant qu'il n'est point jaloux, principalement de fabbé. »

Le plus ingénieux de tous les auteurs comiques de la scène française au seizième siècle, le Champenois Larivey, pour juslilier un semblable scénario, dit dans l'un de ses prologues : « S'il est advis à aucun que quelquefois on sorte de l'honnesteté, je » le prie penser que, pour bien exprimer les façons et afl'ections du joiird'hui, il fau- >) droit que les actes et les paroles fussent entièrement la mesme lascivité, » c'està-dire la lasciveté même. Larivey n'avait pas besoin de ces précautions; les spectateurs, qui reconnaissaient la société de leur temps dans les personnages delà scène, ne faisaient que rire, et ils applaudissaient, comme Léon X et les grands dignitaires de la cour de Home avaient applaudi la Mandragore. Cette pièce, qui a placé Machiavel, son auteur, entre Aristophane et Molière, fut imitée en France, ainsi tpie quelques autres comédies italiennes, telles que les Abusés, de l'Académie Siennoise, les Supposés et le Négromant, de l'Arioste; la Calendra lut même jouée à Lyon, en 1518, dans la langue originale, par des comédiens italiens (ju'on avait lait venir exprès pour une fête offerte à Catherine de Médicis. En 1577, Henri HI a[)pela, de Venise, de nouveaux acteurs qui i>arurent d'aboid à Blois pendant la tenue des États*, et ensuite à Paris, rue des Poulies, à l'hôtel du Petit- Bourbon. Celte troupe, cjui prenait quatre sols par spectateur, eut \\\\ grand succès, et, à partir de I086, les acteurs italiens se succédèrent sans interruption en France just|u'au moment où ils furent définitivement mis en possession de l'hôtel de Bourgogne, en 1G80.

Tel est, au seizième siècle, dans sa rudesse et sa variété, ce Théâtre français, sur Beauj-Atts. IHÉAîaE. Fol. Xï.

lequel Corneille, Racine et Molière vont répandre bientôt un immortel éclat. Plus |)récoces dans leur développement dramatique , Lope de Vega , Machiavel , Shakspeare , atteignent dès le début les dernières limites de l'art, et l'Espagne, l'Italie, l'Angleterre ont des chefs-d'œuvre, au moment même où nous n'avons encore que des essais; ruines ensevelies sous tant d'autres ruines, ces essais, exilés depuis longtemps de la scène, perdus dans des manuscrits uniques ou réduits à quelques rares exemplaires, sont à peine connus des érudils, des collecteurs de textes et de notes, et, s'il est juste de reconnaître qu'au point de vue exclusif de l'art ils méritent généralement cet oubli, on doit maintenir, en même temps, que, parmi les documents qui peuvent jeter d'utiles lumières sur les idées, les sentiments et les moeurs du Moyen Age, il n'en est pas de plus curieux que les monuments de notre vieux Théâtre. Ce n'est pas sous- le rapport littéraire qu'on peut admirer ce Théâtre, comme l'ont fait quelques éditeurs trop prompts h l'enthousiasme; ce n'est pas non plus sous ce rapport qu'il faut le condamner d'une manière absolue, en se plaçant au point de vue très -superficiel de la rhétorique et du goîil. On doit, pour en apprécier la valeur, l'étudier historiquement, et alors cette scène dramatique, aride en apparence, devient une source inépuisable d'appréciations et d'inductions, parce qu'on y retrouve, vivant et animé, sur l'échafaud des mystères ou les tréteaux des farces et des soties , ce Moyen Age qui n'est luimême qu'un long mystère où se rencontrent tour à tour dans les idées le mysticisme le plus exalté et l'ironie la plus amère, l'orgueil du doute et le renoncement de l'esprit; dans les mœurs, l'extrême barbarie à côté de l'extrême charité; mystère à la fois trivial et sombre, dont la scène infinie embrasse le monde réel et le monde invisible, drame barbare et splendide qui se terniine à la Renaissance par un immense éclat de rire.

Cu. LOUANDRE.

Agesil. Maiiiscotii , De personis cl laivis, earumque apiid veteres usii et origine i.jntagiuatioii. Bononiœ , ICio, iii-4.

Reimpr. dans le t. IX des .\ntiq. rom. de Grœuine.

Nie. BoiNDiN. Discours sur les masques et les habits de tlicàtre des anciens. Voy. ce dise, dans le t. IV des Mdm. lie l'Acad. des inscr. et bell.-lettr.

Voy. , 80V ce sujet , les ouvrages de Christ. Henr. de Berger ; ComrtKii' tatio de personis vulgo larvis sett tmtscheris (Francof., 17'23. iD-4, fig.) ; de Fraoc. P'icorooi, Le Mascitere scenicite e le figure corniche d'antuhi Romani ^Roma, 1736, in-4, fig.), etc.

OcTAT. FERR.iUii , De paiitomimis et miniis disseitatio. Wolffenbiitlclii, 1714 , in 8 de 63 p.

Voy. aussi Nie. C^LLlAf-Kil, De tudis scenicis mimorum et pantomimorum (Patav , 1713. in-4).

(BoiLLANGER DE RivERY. ) Recliefclies historiques et critiques sur quelques anciens spectacles, et parliculièreiiient sur les mimes et sur les pantomimes, avec des notes. Pans, 1751 , iu-12.

De L'AiLNiYE De la saltation tlii'àlrale ou Reclierclies sur l'origine, les progrès et les effets de la pantomime chez les anciens. l'aris, 1790, in-8, fig. color.

M. D. P. (Michel de Pure.) Idée des spectacles anciens et nouveaux, cirques, amphilbéitres, tliéilres, naumachies, triomphes des anciens, comédie, bal, mascarades, carosels,

cour.ses de bagues et de testes, joustes, exercices et reveues militaires, feux d'artilices, entrées des rois et des rojnes. Paris, s. d. (1068), in-12.

Voy., dans la Re". des Deux-Mondes , année 1850, VBist. des rnartonyiettes, par Cli. .\Iagnin.

J. Ces. Bulencerus. De Theatro ludisque scenicis. Tncassibus, 1603, in-8.

DucLos. Mémoire sur les jeux scéniques des Romains et sur ceux qui ont procédé en France la naissance du poème dramatique. Voy. ce mém. dans les Mem. de l'Acad. des inscr. et bell.-lett. , tt dans les œuvres de l'auteur.

(CotfÉ, TeSTC , DESF0NT4INES et LeFUEL de MliRlCOURT. )

Histoire universelle des Théâtres de toutes les nations depuis Thespis jusiju'a nos joui s, par une société de gens de lettres. Paris, 1779-81, 25 part, en 13 vol. in-8, fig.

Cet ouvrage, resté inachevé, s'arréle à la ûu do seizième siècle.

Nai'oli-Signorelli. Storia critica de' Teatri antichi e moderni. Nnpoli, 17 87-90, 6 vol. in-8.

De Ciiamforï. Précis de l'art théàlral dramatique des anciens et di'S modernes, conten. l'histoire, l'origine, la théorie tt la pratique des Théâtres et des différents drames chez les nations ancie.ines et modernes, publ. par Lacombe. Paris, 1808, 2 part, en 1 vol. in-8.

i:t la renaissance.

Walteii Scott. Histoire gënc^rale «le l'ait (iniinatiqiic, trad. (If l'an;;!, par Dilauduipii t. /'aiis, Ittis, •>. vol. iii-l2.

Hi'iiiipr. (laiiH leB iriivrc» C(Mii|il('(i-ii (]« l'auti'ur.

IIii'i'Oi.. Alttu. l'Iiysioloyie du lliéAIre. l'ari.s , I839-''|0, 3 vol. iii-8

Cil. Macmn. Lrs origines du TlnAlie moderne, ou Ilist.dre du pallie (Iraiiiiitlqiie depuis le pieniii'r jusqu'au seizième .sièc le, prècéd. d'une iiitroduclion eoiileri. des éludes sur les orisiiics du TliéAlre antique. Paiis, IS3S,in-8. (T. I, seul puW.)

O.Mis. Leiioï. Kpoqucs de l'Iiisloire lie France eu rapport aver le TliéAtre liaiieais dès la lorniatioii de la langue jusqu'à la Henaissanie. l'aiix, \»i'.i, in-8.

Lafons i)i; Mii.if.oo L'art ilraiiialiipie du Moyen Age. Voy. ce niém. dans le l. \lll de la Ilcii. anliMog. de Didrou.

— In nnsiè.f de la l'assioii. Voy. ce niéui. dans le t. XI lie la Uvi'. (iichèoloij de Diilinn.

Voyez nuBsi dans W mi'iiie recueil. 1. X. uii niéii lulê IWrtmonics ilraiiidliqites i-t aticieiis umgts.

ilu Dième auleur, iiiti-

l'n. Ci.KMKNT. Drame liturgique. Voy. ce niém. dans les t. iX et .\ de la liev. aiclK'olog. de Didron.

Voy. aniiilea Iravaui de M. Ch. Magnin «ur le lliéâlic de Hrotiillia , ol la Iraduclion complète qu'il eu a pubi, en 18i7,

Omîsvme i.k lloï. Études sur les invslèies, monuments historiques et littéraires, la ilupart inconnus... Paii.i, 1837, iu-8.

Voy., sur lea mystères , une foule de notices dans le BiillH. archéol. da Comité des «ris el monuments, dans la OiW. ile l'École des chartes, dans le llulUt. des arts do bibl. Jacob . dans le Uullel. du biblioph. . et dans les dlfTcrentes reines provinciales.

Voy. aussi dans le Journal des savants. 1819 et suiv., ditrereuts articles de M. Ch. .Majjiiiii sur les mystères et sur ie Tliéntre français au Moyeu A^e, publ. par .Monmerque et Francisque Michel (l'ar. , 18ati. yr. in-SI.

IknKVAT DE Sai\t-Piiix. Remarques sur les anciens jeux des mystères, faites à l'occasion de deux délibérations int'diles prises par le conseil de vile de Grenolile, en 1535, relativement à l'un lie CCS jeux. Paris, 1823, in-8 de 52 p. (Extr. des il/('m. de la Soc. roij. des Antiq.)

Em. Jolibois. La diohlerie de Clianmont ou lieclierclies liistoiiques sur le grand pardon général de et tte ville et sur les bizarres cérémonies et représentatiuns à personnages auxijuclles cette cérémonie a donné lieu depuis le quinzième .-lècle, couten. les Mystères de la nativité, de la vie et de la mort de M. saint Jean-Baptiste. Clianmont, 1838, in-8.

Locis Paris. To les peintes et tapisseries de la ville de Reims ou la mise en st ène du tliéAlie des coidrèies de la l'assion; planches dessinées et gravées par C. Leberihais; études des mystères et explications liisloiiques. Paris, 1818, 2 Vol. in-/i, fig. color.

Jacqi ES TuiBoiST. Relation de l'ordre de la triomphsnie et uiagiiiiii|ue mon>tie du mystère des SS. Actes d.s apostres, par Ainonl et Simon tiieban, ouvrage inédit de Jacques Thiboiist, sieur de Quantilly; publ. par Labouviie. Bourges, U3ti, in s, lig.

A. H. Taillandieh. Notice sur les confrères de la Passion. Paris, 1834, in-s de 20 p. (lixt. de la Revue n'Irospecdve.)

Le cry et proclam. lion publicque pour jouer le mistère des Acies dis apostres, en la ville de Paiis, laid le jeudy, seizième jour de décembre, l'an mil cinq cens quarante, par coiiimandemeiit du loy no.vtre sire, I'raii(,iiys , premier du nom, et miinsii iir le prevost de Paris, afiiii de venir prendre les rooles pour jouer ledict mistère. Paris, Denijs Janot , 1541, in S de ^ (T.

Rcimpr, en fac siroile. Paris. 1S30, in 8.

Recueil des principaux titres concernant ^acqui^ition de riiostel de Bourgogne, sis en cette ville de Paris, es rues de Mauconseil et >(u(ve-Saint-l'"rançois, laide par le doyen, maistres et gouverneurs de la confrérie de la l'assion et Bcsurreclion de nostre Seigneur Jésus-Christ, dès le 30 août

15i8, au profit de ladite confrérie et de leurs successeurs, etc. , contre des conviées et calomnies tlié:\lrale« d'. quelques comédiens, sny disans Coméiliens du Roy, acciisans lesdils (onfiens d'esire usurpateurs il'iceluy lioslel de Bourgogne. Paris, 103'», in-'i.

Voy. ausni /Vrjotoio^cs celrbrentans tes rvri de Paru drpuis unthaut* antii/uitè jniqu'a nos jours, p.ir J.-II. liuuriet iPar., 1811. i vol. in-8).

Recueil des statuts, ordoniiance>, régit menis, antiquités, prérogatives et priéminences du rnyanme de la Bazoï lie. Ensemble [iliisieurs arrêts donne/. | r l'establis.sement et con-

scivatinn de sa juridiction. Nuiiv. édit. Paris, 105't, in-8 de 12.! p.

Voy. les Complaintes el épilapliei du roy de la ttazoclu (S. n. el s. il. , in-8 ijolli. de \i II).

V«ty. aussi les différentes pièces relatives an faineui procès do Prince des Sots. Aiijpiuleveut, contre les maîtres et comédiens de l'ilôtel do Boiir- J10;ttie, entre autres ; La sentence de M. le préeost de Paris donnée contre .Ant/oulerent , pour faire son entrée de Prince des Sots (Car., 1(505. p. in 8 de U p. 1 ; In Urffence da Prince des Sots (S. o. el s il.. Jo-S de 19 p.l; Plaidûj/é sur la principauté des Sots (l'or.. IC08, p. in-8 de <ii p.), etc.

Em. MoiitcE. Histoire de la mise en scène depuis les mystères jusqu'au Cid. Paris, IS.'JC, in- 12

Voy. aussi le Momie dramatiijue , recueil fondé par Gérard Labranie [Par., ISSr,.i\, 10 vol. gr. in 8, lig.l.

Lafons nE Memcoi). Le drame au seizième .siècle. Voy. ce méra. dans le t. VIII de la Iteo. areluol. de Didron.

Voy aussi, dans le t. X du m^me recueil, nn autre mem. da même auteur el de Uidrun aîné ; Procession dramat. au seizième siècle.

C.-A. Sainte-Beive. Tableau historique et critique de la poésie frani^aise et du Tbéitre fran(:ais au seizième siècle. Paris, 1828, in-8.

P. V. GoDMiD DE Beaiciuvi's. Reclieiclies sur les Théâtres de France depuis l'année 1161 jusqu'à présent. Paris, 1"35, in-i ou 3 vol. in-8.

(Franc, et Cl. Paiifvict.) Histoire du Théâtre fian^^iis depuis son origine jusqu'à prisent , avec la vie des plus célèbres podes dramatiques, un ratai, exact de leurs pièces et des notes hisloriqiies. Paris, 1745-4y, 15 vol. in-12.

De >;olhv. Abrégé de l'histoire du TliéAtre français depuis son origine. Noiiv. édit. Paris, 1780, 3 vol. in-8, fig.

La l'i- édit. est de n.îi . sous le titre de Tablettes dramatiques . in-8.

Des Essarts. Les trois Ihéâties de Paris ou Abrégé bisloriqiie de l'itiiblissement de la Comédie Fr.<Dçaise, de la Comédie italienne et de l'Opéra. Paris, 1779, in-8.

Voy. aussi les his(. spéciales de la Comédie italienne et de l'Opéra de Paris.

(Le P. Cl. Mene-stuier.) Des ballets anciens et modernes, selon les règles du Théâtre. Paris, 1682, in-l2.

Voy. aussi la Danse et les ballets , par Castil-DIaie [Par., 1832, in-12,

lia.i.

(Le P. Cl. Menestrier.) Des représentations en musique anciennes et modernes. Paris, 1681, iii-12.

(Duc de [.A Vallièhf. et l'abbé l'.-J. BouniiT.) Ballets, opéias et autres ouvrages lyriques, par ordre chronologique, depuis leur origine, avec une table alphabétique. Paris, 1*60, in-8.

(Malpoint.) Bibliothèque des Théâtres, conleii. le catalogue alphabétique des pièces dramatiques. Paris, 1733, in-S.

(De Léris. ) Dictionnaire portatif des Théâtres, conten. l'origine des différents théâtres de Paris, le nom de toutes les pièces qui y ont été représentées, et des pièces jouées en province ou qui ont simplement paru par la voie de l'impression depuis plus de trois siècles; le nom et les particularités inlénssanles de la vie des auteurs..., etc. 2» édit. augm. Paris, 1763, 2 part, en 1 vol., in-S.

La tre cdi(., moins complète, csl de 1754.

(Dmi'iT DE Meizière. ) Les Mnses françaises. Première

partie contpn. un tableau des théâtres de France avec les noms drt leurs auteurs et de loutfs les pièces anonymes de ces théâtres, depuis les uiyttères. Paris, 1764, io-S.

(Les frères Parfaict et d'Algieube. ) Dictionnaire des Thèâtre^ de Paris, conttn. toutes les pièces qui ont été représentées sur les dillérents théâtres de Paris. . Paris, 1767, 7 vol. in-1?.

(BvBAiiLT, MÉ^ECA^Il,T, etc.) Annales dramatiques ou Dictionnaire général des Théâtres, conten. : l» l'analyse de tous les ouvrages dramatiques, etc., représentés sur les théâtres de Paris depuis Jodelle , par une Société de gens de lettres. Paris, 1808-1812, 9 Vol. in-8.

( De la Porte et Clément. ) Anecdotes dramatiques , contenant : \o toutes les pièces de théâtre, tragédies, comédies, etc , qui ont été jouées à Paris ou en province depuis l'origine des spectacles en France; 2^ tous les ouvrages dramatiques qui n'ont été représentés sur aucun théâtre, mais qui sont imprimés; 3» un recueil de tout ce qu'on a pu rassembler d'anecdotes... Paris, 1775, i vol. p. in-8.

(Duc nE La VALLir:iiE ou plutôt Marin, C^I'I'Eronmer et Mebcieu de Saint-Léger.) Bibliothèque du Théâtre françois depuis son origine. Dresde, 17CS, 3 vol. in-8, tig.

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L. F. DE MORATIN. Origines del Teatro espanol. Voy. cette hisl. dans le t. I du Tesoro del Teatro espanol desde su origen (Paris, 1837-38, 5 vol. in-8 à 2 col.).

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Indice gênerai allabetico de todos los titulos de comerlias que se han escrito por varios autores antiquos y modernos. Y de los autos sacramentales, y alegoricos, assi de don Pe-

dro Calderon de la Barca, como de otros autores classicos. Madrid, 1735, in-4.

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La l"^édit., beaucoup moins compK-le , est de 181 7 . iQ-4 , sous ce litre : Tlie pa/jcant of Ole camjmntj of sliereiiifn and titylor , in Coveri' try, elc.

J. P. Collier's Hiïtory of engli-li dramatic poetry to tbe lime of Shake-peare, and annals of the Stage to tbe Uestoration. London, 1831, 3 vol. in-8.

Dav. EiisKisE Baker. Biographia dramatica, conlaining bistorical and critical memoirs of btilish and irish dramatic writers; continued by Js. Réel, wilh \ery consiilerable additions by Steph. Jon-s. London, 1812, 4 vol. in-8.

J. Cp. Gottsched s Nothiger vorrath zii gest biehte d. deutschen drainât, diclilkunst oder verzeichniss aller deutschen tiauer-lustund singsp. d. im. Druikerstb, von 1450... Leipz., 1757-65, 2 vol. p. in-8.

Cu. Fel Weiss's Beytrag zu deutschen Theater. Leipz., 1765-69, 5 vol. p. in-8.

Dans l'impossibilité <iii nous sommes d'énumérer les principaux ouvrages qui concernent le Théâtre au point de vue historique. Iitléraire et muial , ainsi que les innombrables pièces qui composeul véritablement sou histoire, nous ne pouvons que renvoyer le lecteur aux cataloijues spéciaux des culleclious dramatiques.

Joii. JOAcn. Eschemburg. Draniatische bibliotek. Berlin , 1793, in-8.

Ant. Fra.nc Delandive. Bibliographie dramatique ou Tablettes alphabétiques du Théâtre des diverses nations, avec des observ. littér. et bibliogr. sur les ouvrages dr.imaliques.... , précéd. d'une notice sur l'origine du Théàtie français et sur les pièces et mystères qui parurent depuis Faydit jusqu'à Roirou, c'est-à-dire depuis l'an 1200 jusqu'en 1600. Paris et Lijoii, 1818, in-8.

Voj, aussi le t. I''r des UeUes-lettres dans le Catal. des livres imprimés de la Ifibl. du Hoi. par l'ubbe Sallier.

P. L. Jacoe, bibliophile (Paul Lacroix). Bibliothèque dramatique de M. de Soleinne. Paris, 1844-45, 5 vol in-8. — Table générale du Catalogue..., par Goizet. Première partie. Ibid-, 1845, in-8.

Voy. aussi les deux Catal. des livres de la bibl. draraat. de Pont de Vesie (m^ et I847| ; celui de la bibl. du duc de La Vallière, par Guill. Debure , Van Praet et \yon ; ceux de madame de Pompadoor l 1765 ) , de Delalea (1775) , de Lemazurier 118^7], etc.

\'oy. , dans notre ouvrage , les chap. CÉRÉuoM.ll, , Poésie, Xoels, etc., et leurs bibliographies.

HEAUX-AUTS

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