‹ Le moyen äge et la renaissance, histoire et description des moeurs et usages, du commerce et de l'industrie, des sciences, des arts, des littératures et des beaux-arts en Europe. Direction littéraire de Paul Lacroix, direction artistiques de Ferdinand Séré. Dessins fac-similé (volume 2)Chapitre 31 sur 84 · SCULPTE · texte numérisé non relu

SCULPTE

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pour oriKM' le dressoir (lo l';iltl)('. C't'l.iil l;i, (lu reste, un me ible de |»;irade , tindis que dans des proporlions moins grandes, l'altace et la crédenee ('taient, avant tout, d'une utilité (piolidienne. I.a crédenee, qui servait aussi dans les églises à poser les vases sacrés près de l'aulc! , se plaçait auprès des tables à manger pour recevoir les plats cl les grands vases. L'abace était un indl'cl de service, surlequ'! ou ran,L,'r;iii les coupes, verres et hana|)s, dont on avait besoin pendant le repas.

Pi.ATS ET VASES, VAISSELLE, SERVICE DE TATii.E. — Les monuineiUs de la céramique gauloise, grâce à la sollicitude avec laipielle on recueille anjourd'lini les moindres débris de nos antiquités nationales, sont assez communs dans nos musées. Les vases gaulois, antérieurs à la concpiète romaine, sont , en général, fort grossiers et de formes irrégulières. On peut croire qu'ils ont été faits au tour; la pâte en est très-fiiable , et la plupart sont noirs on jaunes. Comme on ne les rencontre gui'rc que dans les lieux de sépulture, il est dil!i( i!e de dire s'ils servaient aux usages de la vie ou s'ils étaient exclusivement employés dans les cérémonies funéraires. Possidonius, en décrivant les festins des Gaulois, dit qu'un esclave apportait dans la salle du banquet une jarre de terre ou d'argent remplie de vin, et que chacun y puisait à son tour. Ceux ipii s'étaient signalés par leur courage buvaient dans des cornes d'urus , dorées , ornées d'anneaux d'or et d'argent. L'usage de ces cornes se conserva longtemps après quiles urus furent détruits. On y substitua, selon toute apparence, les cornes de taureau, el Guillaume de Poitiers nous apprend que Guillaume-Ie-Conquérant s'en servit encore dans une cour plénière qu'il tint à Fécanip aux fêles de Pâques.

Durant la période gallo-romaine, l'art céramique fit de rapides progrès. Tous les ustensiles des ménages romains, les amphores, les terrines, les jattes, les cruches, en terre rouge, jaune et grise, devinrent d'un usage populaire. On fabriqua, pour le service de table, des coupes à pied, des plats, des assiettes, de petites jattes; les plus fines de ces poteries, couvertes d'un vernis brillant de la nuance de la cire h cacheter rouge, furent ornées de guirlandes de feuillages, de figures d'hommes et d'aniuiaux; l'usage s'en conserva jusqu'au sixième siècle environ.

Sous les deux premières races, les rois étalèrent dans leur vaisselle de table une très-grande richesse. Chilpéric, pour honorer, disait-il, la nation des Francs, fit faire un plat d'or massif, enrichi de pierreries, du poids de cinquante livres. Lolhaire brisa, pour le distribuer à ses troupes, un immense plat d'argent , qui représentait l'univers avec le cours des astres et des planètes; mais c'était là un luxe tout à fait exceptionnel, et, du huitième au treizième siècle, la céramique française ne produisit rien de remarquable. Durant cette période, les Grecs et les Arabes établis en Espagne conservèrent seuls les véritables traditions de l'art, et l'on sait que ces derniers fabrit]uèrent, dès les premiers temps de la conquête, des poteries en faïence émaillée d'une admirable exécution, qui semblent avoir servi de type et de modèle à la mojoUca italienne.

Du règne de saint Louis, h la fin du quinzième siècle, il ne parait pas que de notables changements aient été introduits en France dans la poterie et la vaisselle; la poterie est

toujours grossière et commune, et la faïence qu'on voit paraître à la fin du quatorzième siècle n'est encore qu'une importation de l'Italie. Les vases qui figurent durant celle période sur la table des rois et des nobles sont la plupart en métaux précieux, en marbre, en pierres transparentes, en cristal (probablement en cristal de roche taillé) et même en bois. Ils sont désignés sous les noms de hanaps , coupes , aiguières, grauts, abr avoirs, hydres, justes. Le Itanap, dont l'usage paraît remonter fort loin, différait de la coupe en ce qu'il était monté sur un pied assez élevé, ce qui le faisait ressembler à un calice. Il y en avait de toutes formes et de toutes matières, d'or, d'argent, de cristal , de madré, à couvercle et sans couvercle, avec ou sans émaux; les uns ciselés, les autres avec des dessins en bosse. Parmi les dons que Charles-Ie-Chauve fit à l'abbaye de Saint- Denis, et dont rénuméralion se trouve dans les chroniques de ce monastère, figure un hanap que l'on prétendait avoir appartenu à Salomon-, il o estoit d'or pur et d'es- » nieraudes fines et finz grany, si merveilleusement ovré que en loz les royaumes du » monde ne fust oncques ovre si soulile. » Un inventaire de 1307 mentionne un hanap d'or, émaillé et enrichi de pierres précieuses, pesant vni marcs ij onces et demie, cl valant cinq cent trenle livres. Les artistes donnèrent à ces différentes espèces de vases les formes les i)lus bizaires : il y avait des aiguières en manière de cocq , d'hommes, de rose , de dalphin; des hanaps pareils à des /leurs, des salières en façon de ser ■ penls volants, etc. ïoule celte vaisselle était enrichie de sujets en ciselures émaillées. Parmi les pièces les plus remarquables de la vaisselle de table, nous trouvons encore au Moyen Age les nefs, les drageoirs, les fontaines, les pots à aumône. La nef, qui reçut sous le règne de Henri 111 le nom de cadenas, était, selon Ducange, un grand bassin destiné à contenir les vases, les coupes, les couteaux; suivant d'autres, c'était un grand vase destiné à contenir du vin. Dans l'inventaire de l'argenterie de Charles V, inventaire dressé en 1375, on remarque vingt nefs d'argent et deux nels d'or portées par des lions. Les fontaines, placées au milieu des tables, fournissaient, tantôt du vin et de l'hypocras, tantôt des eaux odoriférantes. Elles avaient, suivant le goût de l'artiste, les formes les plus variées. Celle qui ornait, dans les grandes réceptions, la table de Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne, représentait une forteresse avec des tours, du sommet desquelles tombait une pluie d'orangeade, et sur ces tours on voyait une statue de femtne dont les mamelles répandaient de l'hypocras, et une statue d'enfant qui pissait de l'eau rose. Le célèbre voyageur Rubrucjuis, trouva, au treizième siècle, au fond de la Tarlarie, à la cour du kan, une fontaine de ce genre^ qui avait été exécutée par un orfèvre parisien , et qui pesait trois mille marcs d'argent. Le drageoir était une espèce de boîle à comparlimenls en argent, en vermeil ou en or, et qui servait, comme le nom l'indique, à mettre des dragées et diverses sucreries; il y avait aussi des drageoirs de poche qui servaient aux mêmes usages que nos bonbonnières. Les pots à aumônes, qui étaient ordinairement d'argent, se plaçaient, comme les fontaines, au milieu de la table; on y déposait, pendant le dîner, des morceaux de viande destinés aux pauvres.

LE MOYfN-AGf El I.A RENAISSANCE.

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d'après un dessin du XVI " Siècle, appartenant à M'i C Beckor

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(XVl^ SIÈCLE.) ^CRUCHE EN TERRE, recouverte d'un émail jaune, appartenant à kSociélé Historique de Wurzbour^.

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