‹ Le moyen äge et la renaissance, histoire et description des moeurs et usages, du commerce et de l'industrie, des sciences, des arts, des littératures et des beaux-arts en Europe. Direction littéraire de Paul Lacroix, direction artistiques de Ferdinand Séré. Dessins fac-similé (volume 2)Chapitre 32 sur 84 · OBJETS DIVERS · texte numérisé non relu

OBJETS DIVERS

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Les momis objets du service de udjle n'éc.ic.it ni moins riches ni moins vari.^s Nous c.lerous, ,.:.rmi ces objets, les coulcanx, les cuillers, les lourcl.ettes m,i ne paraissent qu'au quatorzième siècle, les saliè.-es, les ^uedousles, les L-arde-naimes les vniaigricrs. ri-

L'usage des couteaux remonte aux premiers âges de la Gaule. « Les Celtes, dii Poss.don.us, mangent fort malproprement; ils saisissent avec leurs mains, comme les lions avec leurs grilH's, des morceaux entiers de viande et les déchirent à belles dents. Sd se trouve un morceau qui résiste, ils le coupent avec un petit couteau a game, qu'ils portent toujours au côté. .. Possidonius ne dit pas de (lurdle matière étaient faits ces couteaux; mais, dans l'origine, ils étaient en silex, ellilés étroits légèrement renflés vers le milieu et tranchants des deux côtés. Ce n'est qu'à' dater du treizième siècle que l'on trouve chez nous quelques détails sur les couteaux Jean <le Garlande les désigne sous les noms de mcmucula' et ^Varlari, et ce dernier mot est " traduit dans un commentaire du .Moyen Age par kenivet, d'où vient évi<l,-mment le mot camf. Le commentateur ajoute à son interprétation : Scilicd culldlus qui (cndil m aUim, ce qui peut faire croire que la lame de ces couteaux rentrait dans le manche et en sortait par l'extrémité supérieure au moyen d'une coulisse, comme celle de quelques-uns de nos canifs. Les manches des couteaux étaient d'or, de cèdre d ivoire, de jaspe, de métal; on les ornait de viroles, de tringlettes, et souvent ils représentaient des figures d'hommes ou d'animaux.

Les cuillers, d'un usage beaucoup plus ancien que les fourchettes, sont mentionnées dans la Vie de sainte Radcgonde, qui donnait avec cet ustensile à man-er aux pauvres et aux aveugles que leurs infirmités mettaient hors d'état de se servir eux' n.emes On voit souvent figurer, dans les inventaires des maisons royales, des cuillers d or ; Il y avait aussi des cuillers en ivoire sculpté, q,d servaient aux'moines auxquels 1 usage des métaux précieux était interdit par la règle. Quant aux fourchettes elles sont, suivant Legrand-d'Aussy, citées pour la première fois, en 1379, dans un compte de 1 argenterie de Charles V; il parait que jusque-là les convives se servaient de couteaux pour porter les morceaux à leur bouche.

Les assiettes, rotundaria, étaient, suivant la condition des personnes de métaux précieux, de terre, de verre, dëtain et même de bois. Les vinaigriers 'les salières' es tenadies, ou turquoises, à casser les noisettes, présentaient une grande variété de ormes. Il est parlé, dans V Histoire des évéques d' Autun , d'une salière représentant un homme avec un chien, et, dans un inventaire de 1372, d'une salière d'argent doré a pied et a couvercle, « ou.piel couvercle a par dedans un esniail rond des armes de France. » Les garde-nappes se plaçaient sous les plats lorsqu'on les posait sur la l ible afin de ne pas brûler ni salir la nappe. Il y en avait d'osier, de bois et d'etaii/ Les plats d argent a bosseron étaient des saucières à robinet, et les guedonsles, des espèces de bouteilles à double goulot et à compartiments, dans lesquelles on pouvait mettre' sans les mêler, deux espèces de liqueurs didérenlcs.

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Les Grecs furent les premiers, dans l'Europe du Moyen Age, qui surent donner h leurs poteries des formes artistiques, et qui les décorèrent soit avec des émaux, soit par l'application de l'or et de l'argent. Les Arabes du nord de l'Afrique, qui dès le neuvième siècle connaissaient les glaçures plombilèrcs et stannifères, introduisirent en Espagne la fabrication de la faïence émaillée. L'Italie s'empara ensuite avec succès des procédés céramiques hispano-arabes; elle ne tarda point h les pei'feclionner, et, vers LioO, on commença h peindre des sujets sur les poteries. Ce fut aussi vers la même époque que l'on fabriqua des faïences complètement blanches. La France, qui était restée en arrière, reprit son rang au seizième siècle. Nous faisons allusion, on le devine, à la faïence dite de Henri II et à la poterie de Bernard Palissy. La première, en terre de pipe fine et très- blanche, est décorée d'ornements gravés en creux sur la pâle, de dessins rouges d'œillet, et même de figures en ronde bosse; la seconde, h laquelle l'inventeur avait donné le nom de pièces rusdques, a pour ornementation des coquillages, des plantes, des {)oissons, des reptiles. La vivacité et la fidélité des couleurs répond à la beauté des formes. Outre les bassins et plats, on a de ce grand artiste des écriloires, des chandeliers, des salières et des statuettes. La vaisselle d'orlévrerie suivit Us progrès de la céramique. 11 en lut de même de la glyptique. Les chefs-d'œuvre de Benvenuto Celliui et des artistes italiens popularisèrent dans toute l'Europe l'élégance et le bon goût, et les tiésors des rois et des princes s'enrichirent d'une foule de vases en or, en agate, en lapis, en jaspe. Ce qui distingue principalement ces chefs-d'œuvre de la Renaissance, c'est que les sujets qui les décorent sont, en généial , empruntés à la mythologie. L'Olympe, dans cette grande époque, semblait renaître dans les arts comme dans les lettres.

Batterie de cuisiîse et ustensiles divers de ménage. — Antérieurement au treizième siècle, on ne sait que fort peu de chose sur les ustensiles qui font l'objet de ce paragraphe, et à cette date mêuic, on ne les connaît le plus souvent que par leur nom. Chez les rois, les grands seigneurs et les personnes riches, la batterie de cuisine parait avoir été très - nombreuse , puisqu'il y avait, sous le nom de maignen, un valet spécialement chargé du ^oin des chaudrons. Ces chaudrons, ainsi que les grands vases de cuisine, étaient ordinairement en cuivre, et l'on estimait surtout ceux qui étaient connus sous le nom (.1 œuvres de dijnanderie. On sait, en elfet, que celte espèce de chaudromierie historiée était célèbre dès les premières années du douzième siècle, et que les artisans connus sous le nom de dynans excellaient à exécuter au marteau des figures et des [lersonnages sur les bassins, les coipiemars et les chaudrons de cuivre. Ouflques-uns môme, tels que Lambert Patras, Jehan d'Oulremeuse, Élienne Debimare , Gautier de Coux, furent de véritables artistes, et l'bisloire a conservé leuis noms.

l'armi les autres ustensiles, nous trouvons la payelle d'airaii, grande casserole à lagoût; la payelle bachinoire, dont le nom indique sufïisamment la destination; la payelle à frire (frixoriiim); la buire, grande ciaiche où l'on conservait l'eau; le brocart,

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sorte (lo fontaino à robinet; le haclim barlnoire, |il:it à Icirije, (iiie l'on accrocliait daii^ les cuisines; la ^)«/r,v/rf, L^rande manne; Wcaufin, panier d'osier, pour aller an inareln'-: les cuillers de ler percées, pour arroser les viandes; les broches de l'cr \\n\n\ toiirnail il la main, les lèchefrites de fer; les roubles, larges |»clles, qui servaient à linr les braises du lonrnean, etc.

TO.NNEALiX, FOUDRES, CITERNES, VASES DE CUIR A CONSERVER I.E VIN. — L'usage des

barils paraîl foi t ancien en Europe. V^iici ce (pie nous lisons à ce sujet dans les Mémoires lie l'Académie des inscriplions (t. XVII, p. !*Ji) : <( On voit, |)ar le texte de la » loi sali(!U(>, ipie, lorsqu'il s'agissait de transférer un héritage, le nouveau possesseur » donnait d'abonl un repas, et il lallail que les conviés mangeassenl en présence » de témoins, sur le tonneau même du nouveau propriétaire , un plat de viande )> hachée et bouillie. On remarque, dans le Glossaire de Ducange, que, chez les )' Saxons et les Flamands, bodcn signifie nue lablo rende, parce (pie chez les paysans » le ibnd d'un tonneau servit d'abord de table. Tacite dit que chez les Germains, » au premier repas de la journée, chacun avait sa table particulière, c'est-à-dire «apparemment (jue chacun avait pour table un tonneau levé, ou vide ou pli'in. ><

En France, dès le huitième siècle, l'art de la tonnellerie avait reçu de grands perfectionnements, et il existait une classe particulière de tonneliers, appelés barilliers , qui faisaient pour l(\s riches des tonneaux soigneusement tiavaillés, bonos bar ridas, comme il est dit dans le capilulaire de Charlemagnc : De villis. Au neuvième siècle, ces tonneaux étaient goudronnés h l'intérieur, car on aimait, surtout en Italie, (pie le vin sentit le goudron. Sous le règne de saint Louis, on voit, par le /Avrc des métiers d'Etienne Boileau, que les barils, solidement cerclés de fer, devaient être faits de fin cœur de chêne, de poirier, d'alisier et d'érable.

A côté de l'usage des tonneaux, on trouve, pour la conservation des grandes provisions de vin, les citernes et les outres. Les citernes, qui sont encore employées en Normandie pour le cidre, étaient construites en briques ou en pierres de taille, et revêtues d'un ciment fort dur désigné sous le nom de blellon. Les outres étaient faites •le peaux de bouc et de chèvre, enduites et couvertes de poix. Elles servaient |)rincipalement dans les voyages, dit Legrand d'Aussy. Les gens (|ui voyageaient à cheval, et qui craignaient de ne pas trouver de vin sur leur roule, en portaient avec eux dans une sorte de vaisseau en cuir, qu'ils attachaient à la selle. Les personnes opulentes et les grands seigneurs, (]ui voyageaient suivis d'un domestique, faisaient porter le vaisseau par son cheval. C'est ce que témoigne la vie de saint Éloy et celle de saint llerbland. Au treizième siècle, ces vases se nonnuaient bottcliaiis, houliaux; au quatorzième, boidies ou boutilles. Quand l'évêque d'Amiens marchait pour l'arrière-ban . les tanneurs de la ville étaient tenus de lui fournir deux paires de buuctiiaiis de cuir bons cl sou/fisans, l'un tenant un muij cl l'autre 24 sesliers.

Lampes, flambeaux, ciiandeuers. — Quoique les Romains comme les Grecs connussent l'usage de la cire et du suif, il parait cependant cpiils ne s'éclairaient qu'avec des àcDcts a Ail'. AMEliELîMEHT. Fol. V.

lampes. Selon qu'elles étaient destinées à servir dans les temples, les tombeaux ou les maisons particulières, ces lampes, faites de terre cuite ou d'airain, étaient tantôt suspendues par une petite chaîne, tantôt supportées par un pied qui formait candélabre. Ce sont ces dernières qui paraissent avoir servi le plus oïdinairement dans la vie domestique; l'usage en fut, selon toute apparence, conservé durant les premiers siècles de la monarchie française; mais comme ces lampes très-imparfaites ne donnaient qu'une Aiible lumière, on prit l'habitude, dans les réunions d'apparat, d'éclairer les appartements, au moyen de torches que des valets portaient à la main. Ce mode d'éclairage se retrouve , à la dislance de longues années , signalé par divers chroniqueurs depuis Grégoire de Tours jusques et y compris Froissart.

A dater du onzième siècle , on voit figurer siinullanéinent, parmi les objets usuels les lampes, les chandeliers, les lanternes, les lampadaires et les torchères. Les lampes , comme celles de l'antiquité , étaient tantôt à pied pour être posées sur des meubles, tantôt h tringle ou à chaînette pour être accrochées aux plafonds ou le long des murs. Les lampadaires, qui servaient plus particulièrement dans les salons de réception, étaient suspendus et portaient des bougies ou des godets, semblables, pour l'effet, aux verres de couleur employés aujourd'hui dans les illuminations publiques. Les chandelles, nommées en Vàlin cirei, et ensuite cierges, parce qu'elles étaient faites dans l'origine avec de la cire, paraissent avoir été de bonne heure d'un usage tout à fait populaire; car, dès l'an lOGl , les fabricants de chandelles de Paris avaient des statuts écrits, ce qui prouve l'imporlance de leur corporation. Quant aux chandeliers , ils étaient, comme les lampes, de formes et de matières très-variées : de cuivre chez les bourgeois, d'argent doi'é ou émaillé chez les princes et les nobles, quelquefois même d'or massif, comme on le voit par une lettre dans laquelle Hildebert, évêque du Mans, parle du beau travail des chandeliers d'or, qu'il avait reçus en présent de Malhiide, reine d'Angleterre.

Les lampadaires et les flambeaux allemands en cuivre fondu et ciselé jouissaient , au quinzième et au seizième siècle, d'une grande réputation. Ils représentaient des animaux ou des figures humaines.

Lits. — Après la conquête de l'Asie, les Romains, qui jusque-là s'étaient couchés sur des lits très-simples, déployèrent, dans cette partie de l'ameublement, un trèsgrand luxe. On vit des lits, dont les pieds étaient ornés de lames d'ivoire, d'or et d'argent; il y en eut même, dont les pieds étaient d'or et d'argent massif. Les fourrures, les étoffes les plus précieuses servaient de couvertures, les matelas étaient de plume et de laine, et comme les lits étaient très-élevés, on y montait à l'aide d'un gradin ou d'un tabouret. Il ne paraît pas que l'on se soit servi de rideaux.

La forme des lits romains se conserva jusque sous le règne de Charlemagne, et vers cette époque, on trouve, même dans les classes inférieures, des matelas de plumes, comme on le voit dans le capitulaire de villis. Sous les deux premières races, le lit formait une des pièces principales de l'Ameublement royal, et des officiers spéciaux ,

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