LOUIS-LE-GROS ET LOUIS-LE-JEUNE
A partir des règnes de Louis-le-Gros et de Louis-le-Jeune , les documents abondent; aussi , les recherches sur le costume militaire des Français deviennent-elles plus faciles.
Un psautier orné de miniatures et écrit sous Louis-le-Gros nous présente un guerrier complètement armé. Son haubert est composé de huit pièces d'acier ou de fer, coupées en losanges, qu'on appelait macles : il est à capuchon , et les manches sont terminées par des gantelets où les doigts ne sont point flgurés, mais qui recouvrent d'une seule pièce la partie externe des mains et des doigts. Le casque est conique , comme ceux de la Tapisserie de Bayeux, avec celte différence que la génératrice du cône qui correspond au nasal est verticale. Le guerrier est armé d'une longue épée, semblable à celles que portent tous les chevaliers de la Tapisserie brodée par la reine Mathilde.
Un autre genre d'armure fut aussi en usage pendant le règne de Louis-le-Gros ; c'est l'armure à écailles : on appelait ainsi une tunique de toile épaisse, sur laquelle étaient cousues des écailles d'acier. (On la trouve figurée sur la pi. X du grand ouvrage de Meyrick.) On trouve aussi à cette époque le premier essai d'une visière mobile, adaptée au casque conique qu'on conserva longtemps encore, même après l'introduction de casques bien différents de forme et dont nous parlerons tout à l'heure. Enfin , vers le même temps, on commença à faire usage, pour la chasse, de véritables arbalètes; c'està-dire qu'on ajouta à la forme primitive de l'arc un fût ou arbrier qui donnait plus de facilité pour tendre la corde et qui aidait à mieux diriger le trait.
A la première croisade, les barons et les chevaliers portaient un haubert composé d'anneaux de fer ou d'acier. Sur la cotte d'armes de chaque écuyer, flottait une écharpe bleue, rouge, verte ou blanche. La cotte d'armes des Hospitaliers était rouge;
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liinlassius. Les croisés se servaient, pour les combats, de la lance, de lepéf , d'une espèce de poignard ou de couteau appelé miséricorde; de la massue et de la haclu^ darnies; de la tronde, destinée à lancer des [lierres ou des balles de plomb, el de l'arc ou de l'arbalète.
Sous Louis-le-Jeune, l'usage du casque conique des Normands continua à être génélal : le fiauberl à lames, de dimensions plus fortes que les màcles et les rustres, commence il parailie ; enfin les pointes de la chaussure prennent des dimensions exagérées, mais bien loin encore de ce qu'elles devinrent plus tard sous (liailes VL
ItF.LXIEME CROISADE.
L'abbé Suger, premier ministre de Louis Vil. avait fait peindre les principaux événements de la deuxième croisade su\' les verrières de Saint-Denis; Monlaucon nous en a conservé des copies. Les principaux chefs des croisés portent îles hauberts :i anneaux
Bsauj-Aiis. ARMURÏRIE. Fol. Yll.
ou il maries. On ne voit pas bien de quelle manière leurs jambes sont défendues; mais la chaussure n'est pas à longues pointes. Le casque est conique et sans nasal. Enfin le bouclier en forme d'écu est généralement suspendu au cou par une lanière de cuir. Ouant à la cavalerie sarrasine, elle est armée d'arcs , de lances et d'épées.
Dans celti^ seconde expédition , les croisés avaient abandonné l'usage de l'arbalète, que le concile de Latran (1139) avait condamnée comme trop meurtrière.
Le hoquelon des Orientaux parait avoir été adopté à cette époque. C'était une longue veste à manches for mée de deux grosses toiles, entre lesquelles on mettait du coton ou de la laine. Au temps de Duguesclin, cet habillement était de bouracan.