‹ Le moyen äge et la renaissance, histoire et description des moeurs et usages, du commerce et de l'industrie, des sciences, des arts, des littératures et des beaux-arts en Europe. Direction littéraire de Paul Lacroix, direction artistiques de Ferdinand Séré. Dessins fac-similé (volume 2)Chapitre 44 sur 84 · I:T I, \ lUCNAISSANCK · texte numérisé non relu

I:T I, \ lUCNAISSANCK

les autres sur la poitrine sont seulomciit figurées. On voit au Musée d'arlilleri»! pliisieiu's (le ces armures ; l'une <rcll('s est eoiniiu" sous !<> nom <\'finnure aux Lions :

on croit (ju'clli- a a|(|>ai IcnuàLouis XII, plus probablement eneore à François I".

Sous le règne de Henri II, l'armuiià côte continua d'être poiléc; le changement le plus re(nai(|ualile (|u'on y fit consiste dans rallongemeiil de h taille et dans le contour relevé (lui liimi nail le bas de la cuirasse. Dans la série chronologique du Musée, on voit plusieurs arnuires de ce temps. La plus rcniarquable. (pii parait avoir a[tpartenu à un prince de la maison de La Marck, se dislingue par la [)iu'eté des formes et la beauté du travail. L'aréle inédiale de la cuiiasse est encore plus prononcée que dans les armures des lègues piécédeiits; son profil fait une saillie au-dessus du ventre; la ligne qui termine la taille, après avoir dessiné les hanches, s'abais.se au milieu du ventre. Les faites sont réduites à une seule, et les ta.sseltes à plusieurs lames mobiles tombent sur des demicuissards. Les solerets ont perdu leui' forme arrondie trop exagérée, et ils ont pris un contour moins lourd, souvent arronili, (lueUpielois presque carré. Plus lard, sur la iin de ce règne, la [>ointe reconnnence à paraître, mais sans dépasser notablement la longueui- du |)ied.

Une ordonnance de Henri II , datée de i:ii9, décrit comme il suit i'aiinure (pie devaient porter les hommes d'armes : « Ledit homme d'armes sera tenu de porter armet petit et grand, garde-bras, cuiras.se, cuissots, devant de grèves, avec une grosse et forte lance; entretiendra doux chevaux de service pour la guerre, dont l'un aura le devant de bandes avec le chainliain et les /Inncois;et, si bon lui semble, aura un pistolet à l'arçon de la selle. » Les llancois ou /laucliois, pièces pour garantir le ventre du cheval, n'étaient souvent que de cuir bouilli, et le |>ère Daniel avait vu. à l'ancien magasin d'armes de Paris, un chanfrein façonné en cuir.

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Armuie aujr Lions . dite de Louis XII — Musi-o darldlcrie de 1'

C'est à celle époque, comme nous le voyons par l'onlonnance ci dessus, que l'on commença à remplacer la masse , puis un peu plus tard l'esloc, pur des pistolels. Avant cela , on avait déjà bien reconnu l'utilité du pistolet pour les cavaliers, car on trouve des masses d'armes, faites pour servir en même temps d'armes h feu. On avait aussi adapté le canon de pistolet sans batterie au goupillon (bâton à léle garnie de pointes) et à presque toutes les armes. On voit, dans la collection de Meyrick, une bacbe d'infanterie, deux épées et une dague, qui en sont munies, et jusqu'à une arbalète qui en a deux. On voit aussi , de celte époque , quelques boucliers qui , au lieu d'avoir une pointe aiguë au centre, portent un canon de pistolet, et, au-dessus, un petit grillage pour viser plus aisément.

Le président Fauchet, qui écrivait au temps de Henri H, [)arle le premier d'une arme nommée pélrinal, qui tenait le milieu, comme longueur, entre le pistolet et l'arquebuse. La crosse en était large, pour s'appuyer contre la poitrine du tireur. Il en est fait mention dans la relation du siège de Rouen par Henri IV en 1592. Nicol dil que celle arme était de large calibre, et, à cause de sou poids, on la portait dans un large baudrier passé par- dessus l'épaule; elle était à l'ouel, et l'on croit que celte arme tirait son oiigine des bandouliers pyrénéens.

Le corselet était un genre d'armure en usage à cette époque et porté pailiculièrenient par les piquiers, qui, à cause de leur costume, reçurent souvent eux-mêmes le nom de corselel. Rigoureusement parlant , le mot corselet ne s'appliquait (]u'à la partie de l'armure qui couvrait le baul du corps, mais il élait généralement employé pour désigner l'armure entière sous l'expression de corselet garni ou complet; ce qui coniprenait le casque et le gorgerin, le dos et le devant de cuirasse avec les pans de fer qui tombaient sur les cuisses et qu'on aj)pelait lasses ou tassetles.

Les arcbers portaient au cou des brigandines com[)osées d'un dos et d'un plaslrou à plaquettes de fer cousues ou clouées sur une étofl'e forte qui les l'éunissait, et couvertes ordinairement avec du drap bleu ou rouge, ils portaient sur la tête une espèce de calotte ou un morion.

Les hallebardiers portaient V armure à éclisses, appelée aussi armure à écrevisse , parce que la cuirasse était composée de lames ou éclisses horizontales, de trois à quatre pouces de laigeur chacune, qui enveloppaient le corps et lui laissaient la liberté de tous SCS mouvements. L'usage des harnais de ce genre ne fut jamais très-répandu ni en France ni ailleurs; le jeu des éclisses rendait la cuirasse irès-commode à porter, mais quel(juefois elles venaient h se disjoindre et laissaient un espace sans défense. En superposant les éclisses de bas en haut, on empêchait la, pointe de la lame de pénétrer entre elles; mais, par cet arrangement, on s'exposait davantage aux coups du martel de fer et des autres armes dont les pointes ou le tranchant frappaient de haut en bas.

Du temps de Henri H, le soleret carré avait remplacé le soleret rond de Louis Xll et de François 1". On avait aussi exagéré cette forme, car la reine Marie d'Angleterre

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(il publier un édit (jui (lélcndail de puilcr des souliers carrés dont la traiiflie aurait plus (K' six pouces de lart^e. Il |»araît ([u'apres celle ordoiiiiaiice les scjuliers pointus

rovinreiil à la mode, ce qui csl atloslt' par p'usieurs armures de cette ('|ioque.

I.'arniure bronzée commença à èti-e en usage vers le milieu du seizii-me siècle; elle était généralement portée en l'KiS; on l'adopta, parce qu'il était beaucoup plus lacile de la tenir propre que les armures d'acier poli. Pour ce même motif, on avait esviyé, un peu avant cette é[)oque, des armures noires; mais les gravures, dorures et dauiasiuinures produisant un plus bel elTet sur des fonds vcrdàtres, on abandonna les vernis noirs pour revenir h la conleur bronzée.

A la fin du seizitMiie siècle, et pendant les longues guerres civiles qui aflligèrenl la France à celle épo- (\m\ les armures de guerre prirent des formes assez vaiiées; quelques-unes offraient un assemblage assez bizarie du goût du siècle précédent avec celui qui finissait. Il y avait (ependanl une (orme caractéristique de l'époque et (lui était la plus généralement suivie: les exemples en sont nombreux au .Alusée d'artillerie de Paris. On voit l'arête de la cuirasse s'aJlonger de plus en plus, et sa saillie à la partie inférieure devenir plus proéminente : les faites onl totalement disparu, les liancbes sont lortement dessinées, et la cuirasse est terminée à son bord inférieur par une petite axance Bem-Arls. ARMUBEPIE. FoUVIl.

Kiiam;ihs, duc li'AlcDçoo. — D'après Ia Monnrch franc de Monlfaucoa.

à laijiielle sont altachées leslasselles. Dans le costume civil, on avait adopté des hauts de-chausses extrêmement volumineux, et, quand on les mettait avec le costume militaire, les tassettes qui devaient les couvrir tombaient dessus d'une façon disgracieuse; aussi, les cuirasses étaient disposées de manière à pouvoir être portées avec ou sans tassettes. A l'époque dont nous parlons, ces tassettes étaient ordinairement d'une seule pièce, mais travaillées de façon à imiter les tassettes h plusieurs lames, qui avaient été en usage dans les temps précédents.

L'armure de François, duc d'Alençon, dont Montfaucon nous a conservé la forme {Monarchie franc. , pi. cclxxxvi) , offre un exemple de la disposition que nous venons d'indiquer. L'armure d'Alfonse II, duc de Ferrare (Meyrick) et celle d'un officier de la garde de Côme de Médicis, grand-duc de Toscane (Skelton, pi. xxxii), offrent d'autres exemples curieux du même système d'armure.

Pendant le règne de Chailes iX, on cessa de porter en France les bardes de cheval.

De La Noue, dans son quinzième Discours militaire, parle, en ces termes, de l'armure pesante adoptée vers la fin de ce règne : » La violence des arquebuses et des piques a fait adopter avec raison une armure plus forte et plus h l'épreuve qu'elle n'estoit. Maintenant elles sont tellement pesantes, que l'on est chargé d'enclumes pUislost que d'estre couvert d'une armure. Nos gendarmes et notre cavalerie légère du temps de Henri II estoient bien plus beaux à voir, avec leur salade, leurs brassards, les tassettes et le casque, portant la lance avec une banderoUe, et leurs armes n'esloient pas d'un poids plus fort que ne peut porter un homme pendant vingt-quatre heures; mais (elles d'aujourd'hui sont tellement pesantes, qu'un jeune chevalier de trente ans en a les espaules entièrement estropiées. »

A cette époque, les armures de tournoi avaient la même forme que les armures de guerre, h cela près qu'elles n'avaient pas de goussets aux brassards, pour permettre d'y ajouter les pièces mobiles qui servaient seulement au tournoi. L'une et l'autre armure avaient alors des cuissards très-larges, faits pour être mis sous les volumineux hauts- de -chausses qui étaient à la mode dans le costume civil.

Durant ce règne, il y avait un corps de troupes liançaises nommées argoulels et carabins. La Popelinière parle des premières comme ayant paru à la bataille de Dreux eu 15G2. Selon Montgommery, ils étaient armés comme les estradiots; ils avaient sur la tête un cabasset qui ne les gênait point, comme eût fait un casque, pour coucher en joue; afin de faciliter le tir de l'arquebuse, leur cuirasse était échancréeà l'épaule droite, et le bras gauche était protégé par un gantelet de coude. Leurs armes olïensives étaient une épée, un pistolet, et une arquebuse de deux pieds et demi de long, (ju'ils portaient dans un étui de cuir bouilli.

Le mousquet, inventé en Espagne, fut introduit à celte époque dans l'armée; le mousquet était si pesant et si long, qu'il fallait une fourche pour le inaintenii' en position et pour tirer longieirq)s. Il y avait un corps de mousqtteliers, montés sur des che vaux tranquilles et n'allant qu'an pas ou au trot.

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