‹ Le moyen äge et la renaissance, histoire et description des moeurs et usages, du commerce et de l'industrie, des sciences, des arts, des littératures et des beaux-arts en Europe. Direction littéraire de Paul Lacroix, direction artistiques de Ferdinand Séré. Dessins fac-similé (volume 2)Chapitre 45 sur 84 · I:T I.A liKiNAISSAiNCi · texte numérisé non relu

I:T I.A liKiNAISSAiNCi

L'iis.i^c tics juiiies il Icii portatives s'était rôpaiidii de plus cii [iliis, à iiiosurc (pic h labiiiatioi) s'en clail peirt'etioiiiK'c ; il en arriva tie même pour l'artillerie, dont l'iii- Ihienee aiigtiioiitait progressivenieiii dans l'arl de la guerre. La tactique militaire devait donc changer de face : les condjals corps ii coips devinrent plus rares, et les armes contre lescpielles on s'était couvert de Ter de la tète aux pieds n'étaient plus celles qui décidaient du sort des batailles. On voidiil d'ahord reiifdrcei' les armures et leur donner assez d'épaisseur [tour résistei' ;i la balle; mais leur poids devint insupportable, surtout par les temps chauds, diuant les longues marches ou dans les combats de longue durée. Après avoir donc essayé inutilement de les rendre plus fortes, on se décida à les abandonner, ou du moins à supprimer les [)arties les moins utiles.

Au commencement du dix-septième siècle, on ne portait plus guère de jambières; on les avait remplacées par de Ibites bottes ou par des lumseaux. Souvent aussi, on supprimait les cuissartls; mais, [)ar un caprice de mode, on reprit cette partie de l'armure, au commencement du règne de Louis XIII ; on y ajouta par derrière une espèce de demi-jupon, appelé garde-reins , qui tenait au bord inférieur de la cuirasse et qui arrivait jusqu'à la moitié de la cuisse. Nous n'entrerons point dans d'autres détails sur les modilications (jue l'artillerie força de faire successivement au harnais de fer, qui , n'ayant plus riitililt- (piil avait eue dans les siècles du Moyen Age et tIe la Renaissance, tombait cha(|ue jour en désuétude.

Les rondaches furent portées pour la dernière fois, d'une manière générale, uu siège de Saint- Jean-d'Augély , sous Louis XIII , en 1621.

Notre tâche s'arrête ici , et nous allons résumer en peu de mots l'historique de l'Arminerie.

C'est à la (in du treizième siècle que commencèrent à paraître (|uelques-unes des pièces de l'armure en fer; elles furent d'abord appliquées sur l'armure de mailles, qui était à peu près la seule que les guerriers eussent endossée depuis le commencemeni du onzième siècle. Les premières pièces furent appliquées sui- les jambes, ensuite suiles cuisses, sur les bras, et enfin on remplaça le haubert par la cuirasse, sans aban donner cependant entièrement la maille de fer ou d'acier qui garnissait toujours les intervalles que les plaques de métal laissaient à découvert et qui servait d'ornement au bord inférieur de la cuirasse, et souvent aussi à l'extrémité des genouillères.

Ces changements se firent avec beaucoiq) de lent(Mir et pendant toute la diuée du quatorzième siècle. Quelques armures touqtiètes parurent sous le rèsne de Philippele-Long; mais elles furent rares, et la généralité des guerriers de celte époque portail l'armure de mailles, l'aimure à mades, la brigandine et les autres armures du même genre : ce n'est que sous le règne de Charles \ I , que l'armure de pied en cap fut généralement ado|itée.

Le règne de Charles Vil vit les aiinuies les plus élégantes; les formes anguleuses

îï:i;

étaient les plus en vogue. Dans la seconde moitié du quinzième siècle, l'armure se compliqua de plus en plus par la quantité de pièces qu'on y ajoutait, surtout pour les joutes et tournois. L'armure bombée et cannelée devint l'habillement de guerre le plus

à la mode; les formes arrondies remplacèrent les formes anguleuses; elles étaient encore les seules adoptées dans les premières années du seizième siècle et jusqu'au règne de François I".

Vei's le milieu de ce siècle, la taille des armures, jusqu'alors très-courle, s'abaissa progressivement ; la forme très -arrondie de la cuirasse fut remplacée par une côte qui s'est toujours conservée depuis dans les armures.

Après François 1", et jusqu'au commencement du dix -septième siècle, la forme de la cuirasse a constamment suivi les formes correspondantes du costume civil. Sous Henri IV, l'usage de plus en plus étendu des armes à feu dans les armées fit songer d'abord à donner aux différentes parties de l'armuie l'épaisseur nécessaire pour résister à la balle. Elles devinrent ainsi d'un poids insupportable, el on commença à les abandonner; leur décadence est déjà visible sous le règne de Louis Xlll, et les formes indiquent que l'art se perdait, que les bons ouvriers disparaissaient avec le besoin qui les avait fait naître. L'armure dont la République de Venisefit présenta LouisXIV en 1()G8, et qui se voit aujourd'hui au Musée de l'artillerie de Paris, est probablement la dernière fabriquée en Italie et peut-être en Europe.

Armare bombée et cannelée. — N" 5 I rl« Musée d'arlillerie de Pai

Page 1