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I nous roslc iii;iiiilcii;iiil ;i piiilcr de loiile une . série d'armes (lonl r;ulo[)lion a coinplélcnionl cliangé l'ail de la guerre. Nous avons déjà dit quelques mots des armes à feu; nous nous arrêterons donc ici particulièrement siii' l'artillerie conleinporaine des armures dont nous venons de tracer l'hisloii-e.
Avant même rinvention de la poudre, Yarlillerte formait
en France un corps considérable. Ce nom élait aiïccté aux
machines de guerre alors en usage. Il devint plus générique
en i-2\8, lorsque celui d'engins et (\'engiiieurs sé\K\ra les deux armes de
l'arlillorie et du génie, et en constitua deux corps distincts, l'un |i()Ui-
la manœuvre, l'autre pour la construction.
De 1270 à 1291 , le personnel de rarlillcrie se composait ainsi : h la I- major : Un grand -maître des arbalétriers, — maîtres d'engins, — et plusieurs officiers et employés de l'administration des machines de guerre, sous diverses dénominations;
Troupes : Archers, — canonniers, — charpentiers, — fossiers ou pionniers, — arbalétriers h pied.
Fn 1291, l'hilip|)e-le-Bcl ne changea rien aux institutions de l'artillerie de ce temps : il nomma, à cette époque, un grand-maître de l'artillerie du Louvre et plusieurs maîtres d'engins. Le premier remplaça jilus tard, en 1534, le grand -maître des arbalétriers.
Qucliiues auteurs font remonter l'usage de la poudre et des bouches ii fiii, de l'année 1330 h 1380. M. Sicard (auteur de VLlal de l'arlillerie en France , du treizième au dix- septième siècle) prétend que l'invention île la poudre est de 1236 : « Le premier essai des bouches à feu fut fait, dit-il, (11 1280, par BfMthold Schwariz, religieux augustin originaire de Fribourg. » Quoi qu'il (?n soit de ces diverses opinions, il est constant que l'usage n'en devint général que pendant les guerres de l'emperem Charles-Quint et François 1 ", vers 1530.
Les premiers essais de ces arnies, aujourd'hui si puissantes, duient être peu efficaces, et la nouvelle artillerie à feu lut, pendant longues années, aussi dangereuse pour ceux qui s'en servaient que pour leins ennemis.
Il ne nous est pas resté de bouches à feu, non-seulement des premières années ni même de la fin du »juator/.ième siècle; mais la Bibliothèque Nationale de Paris possède un manuscrit qui représente des Beani-Atls. ARHDRïRiï. Fol XIX
actions de guerre ayant eu lieu h celte époque, et. dans ces miniatures, on voit des bouches à feu qui peuvent donner l'idée de l'imperfection de l'artillerie et des nombreuses difficultés qui ralentirent ses premiers pas.
Ce fut sous Philippe de Valois que parurent en France les premiers canons, comme le témoigne un compte de Barthélémy du Uracke, trésorier des guerres en 1338; l'un des articles porte : « A Henry de Vaumechon, pour avoir poudres et autres choses nécessaires aux canons, ■> qui avaient servi au siège de Puy-Guilhem, château du Périgord.
Froissard nous apprend que, deux ans après, en 1340, les habitants du Quesnoy se servirent, pour repousser l'attaque des Français, de bombardes et de canons, qui lançaient de gros carreaux contre les assiégeants; mais il n'est pas vrai, comme l'a prétendu Villani , que les Anglais durent h l'emploi des bouches à feu le gain de la bataille de Crécy, livrée en 1346. Il est certain que l'artillerie à poudre, dont on se servait alors concurremment avec les anciennes machines de guerre pour l'attaque et la défense des places, ne fut jamais employée dans les batailles rangées du quatorzième siècle. Pour s'en convaincre, il suffirait presque de considérer la forme la plus ordinaire de ces anciens canons. Non -seulement leur poids énorme et la construction grossière de leurs affûts les rendaient d'un transport extrêmement difficile; mais, évidemment destinés à l'office de catapultes, ils étaient construits, la plupart du temps, pour lancer leurs projectiles, non pas en ligne droite, mais en leur faisant décrire une ligne courbe, comme les bombes d'aujourd'hui, et leur forme se rapproche, en effet, beaucoup plus de celle de nos mortiers que des canons modernes.
Pour les charger, il paraît que Ion se servait de manchons, ou de chambres mobiles, dans lesquels la charge était préparée d'avance et qui s'adaptaient, au moyen d'une clavette, au corps de la pièce. Quelquefois ce manchon se plaçait sur le côté et formait un angle droit avec l'âme de la pièce, mais le plus ordinairement il s'adaptait à la culasse, dont il formait le prolongement.
Redusius, qui écrivait en 1427, décrit ainsi qu'il suit la bombarde : o Elle est en fer forgé et se compose d'un canon, étroit en arrière, qui s'évase en entonnoir vers la bouche; la partie antérieure ou évasée a de longueur huit diamètres de boulet; la partie postérieure en a seize. On verse dans ce canon étroit un mélange arliflciel de salpêtre, de soufre et de charbon de saule sauvage; on en ferme l'entrée avec un tampon de bois; on place par- dessus, dans la partie large, le boulet de pierre; et l'on met le feu au mélange, à l'aide d'une petite ouverture ménagée dans la j)artie postérieure. »
Facius, qui écrivait en 1439, dit que les bombardes sont en fer ou en cuivre, et que les deux tubes qui les composent sont coulés ensemble ou réunis l'un à l'autre , sur une même pièce en bois de chêne.