‹ Le moyen äge et la renaissance, histoire et description des moeurs et usages, du commerce et de l'industrie, des sciences, des arts, des littératures et des beaux-arts en Europe. Direction littéraire de Paul Lacroix, direction artistiques de Ferdinand Séré. Dessins fac-similé (volume 3)Chapitre 45 sur 68 · CARI · texte numérisé non relu

CARI

iTifinme par Ijwncraer

■:U n.il

(i Ancoiie

de quatre par série. Los figures sont : le roi, la dame, le chevalier et le valet. Les séries numérales ont huit cartes chacune, de II h X; les couleurs ou marques des séries offrent un choix tiès-bizarre d'hommes sauvages, de quadrupèdes féi'oces, ours et lions, de hètes fauves, cerfs et daims, d'oiseaux de proie, et de fleurs diverses. Ce n'est plus là le jeu de la guerre, mais celui de la chasse : les couleurs sont empruntées à la vénerie, h la fauconnerie et à la vie des champs. Ces objets, groupés numériquement avec beaucoup d'adresse , ne présentent aucune confusion à l'œil, qui distingue de prime-abord les nombres marqués. Quant aux figures, elles portent des costumes fantastiques, ornés de plumes et de fourrures. Le dessin de ces cartes, hautes de six pouces et larges de quatre, ne manque pas de style ni d'habileté; la gravure, en tailles droites et croisées, est fine et spirituelle.

Un autre jeu de cartes, non moins rare, du mènie temps, exécuté par Martin Schongauer ou par un graveur de son école, diffère du jeu précédent, par la forme, le nombre et le dessin des cartes, qui sont londes et qui rappellent beaucoup les cartes persanes, peintes sur ivoire et chargées d'arabesques, de fleurs et d'oiseaux. Ce jeu, dont quelques pièces seulement existent dans les cabinets d'Allemagne, doit se composer de cincpianledeux caries, divisées en quatre séries nunu'iales, de neuf cartes chacune (1 à IX), avec quatre figures par série : le roi, la dame, l'écuyer et le valet. Les couleurs ou marques sont le lièvre, le perroquet, \' œillet et la rolombine ou ancolie. Lésas, qui représeiileiii chacun le type de la couleur, portent des devises pliilosoi)lii(iues en latin; voici celle du perroquet : Quidquid facinws venit ex alto : voilà celle d(^ ïœillet : Forlxiia opes au ferre non aninunn polest. Les (pialre figures du perroquet sont africaines : celles du lierre, asiatiques ou tunpies; celles de Y ancolie et de ïœillet appartiennent à l'Kurope, et symbolisent peut-être l'Allemagne et la France, d'autant plus que le roi d'œillel a le sceptre et la couronne fleurdelisés. Rois et dames sont à cheval : les rois sur leurs destriers, les reines sur leurs haquenées; écuyers et valets ont tant d'analogie, qu'on a peine à les distinguer entre eux, puisqu'ils sont tous armés en guerre, à l'excepiion des valets à' ancolie et d'œillet. En comparant les couleurs ou marques de ces caries avec les couleurs ordinaires des cartes allemandes, on peut présmner que Vancolie ou clochette tient la place de grelots: ïœillet, de rouge ou cœur; le lièvre, de lierre ou vert . <•( le perroquet, de glands. Le dessin et la gravure du ces cartes témoignent de la perfection de l'an, il cette époque recuh^c, que l'on regarde connue le berceau de la gravure au biuin. Elles ont été copi('es. au conunencement du seizième siècle, par un orfèvre-giaveui- de Wcsel, nonuné Tielman, et ces coj)ies, <|ui portent le mcmogramme T. NY., sont reproduites, par erreur, connue des originaux, dans le recueil d'anciennes caries à jouer, public'' par la Société des Riblioftliiles français.

Les couleurs des cartes allemandes, grelots, cœur, lierre et glands, sont plus resp('(l(''<s dans un jeu grave' en lK)is, vers L'il 1 , avec les initiales F. C. Z., d'après les dessins d'un maître, (pii [lourrait èlic Albert Duiei' ou (janacli. Il se com|)ose de Ircnle-six cartes numèialcs, luiniant cpialic séries de neuf cartes cbacune 11 à X\ avec douze

lijiiircs. roi. éciiyer cl valet dans tliaque série. Les figures de cœur et de grelots oui I air (le caractériser l'Asie et rAmér'ique; celles de glands et de lierre représentent l'Europe et surtout l'Alleniagne. Mais chaque caile numérale offre un sujet allégorique différent, ou l)ien dos ornements en arabesques du meilleur goût. Ici, la Folie, cntie le Iniil de grclols; là , deux l'emmes qui se prennent aux cheveux, sous le trois de grelots : l'as ou renseigne est remplacé par le dix, marqué X sur un drapeau que déploie une femme; (iilin. l'artiste a cherché partout à égayer les joueurs en déguisant la monotonie des noud)res.

11 semble, d'ailleurs, que les Alien)ands se soient constamment préoccupés de varier les signes du jeu de caries; ils ont adopté pour couleurs toute espèce d'objets animés on inanimés, et jusqu'à des tampons ou des presses d'imprimerie (Voy. l'ouvrage de Singer). Les couleurs les plus usitées avaient pourtant un sens énigniatique qui convenait fort ;i l'esprit allemand : le grelol signifiait la folie; le gland, l'agriculture; \ecœur, l'amour, et le lierre, la science. C'était là l'interprétation la plus naturelle. Selon d'autres interprètes, ces couleurs devaient s'entendre des quatre classes de la nation : les grelots représentant la noblesse; le cœur, l'Église; le lierre, la bourgeoisie, et le gland, le bas peuple. Quant aux figures, elles ne portaient presque jamais de noms propres, mais bien des devises eu allemand ou en latin. 11 y a pourtant un jeu de caries, moitié allemandes, moitié françaises, avec des noms de dieux païens. On connaît diverses suites de cartes allemandes :i cinq couleurs, de quatorze cartes chacune, entre autres celles des roses et des grenades, (les caprices de l'imagination germani(p]e n'empêchaient pas l'usage des vrais tarots italiens, (jui servaient de prtîférencc aux joueurs exercés et qui se répandirent dès loi's jusqu'aux extrémités de l'Europe.

Les Allemands eurent les premiers la singulière idée d'appliquer les cartes à l'instruclion de la jeunesse, et de moialiser en quelque sorte un jeu de hasard, en lui faisant expiimer toutes les catégories de la science scolastique. Ce fut l'invention d'un cordeliei-. Thomas Murner. professeur de philosophie à Cracovie , et l'essai qu'il tenta en 1507, cul un tel succès, que les imitations se multiplièient à l'infini. Le livre de Murner, intitulé : Cliartiludium Logicœ seu Logica poclica vel memoraliva cum jucnndo piclurarum exerci I a menlo {Crnco\'\x, .1. Haller, 1507, in-i. fig. s. b., prem. édit.), se compose de cinqiianW' deux caries, divisées en seize couleurs qui répondent à autant de traités; il suflil liCn citei' (piclques-unes : I Eniineiatio , grelots; 11 Predicabile . écrevisse; III Predicamniliini, poissons; IV Sijllogismus, glands, etc. (Voy. l'art. Mirneb. dans le Dicl. Iiisto- >i(jue de Prosper Marchand). Chaque carte est surchargée de tant de syndjoles, <pie sa description ressemble au plus obscur logogriphe. Les Universités allemandes n'en eurent (|iic plus d'empressement pour éludier les arcanes de la logique en jouant aux cartes.

Les caries à jouer avaient passé rapidement d'un pays dans un autre; ainsi la Hollande pouvait disputer à l'Allemagne rhénane Ihonneur de leur invention, c'est-à-dire (le leur fabrication par les procédés nouveaux de la gravure et de l'impression. Suivant I opinion de quelques savants, Laurent Cosler. de Harlem, n'aurait été dans l'origine

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i:t la renâissânci:.

qu'un lailleurd images cl de moules, un iteinlre cartier, avant de devenir un imprimeur de livres. Les noms flamands et hollandais des eartes, kaarl speel-kaarlcn et kort spitkorl, n'ont aucun rapport de famille avec les naïbi italiens et les naypes espagnols, mais bien avec les haurlen speelkart allemands; d'où l'on peut conclure que la Hollande et l'Allemagne ont, presque en même temps, gravé et imprimé des caries. Quant à l'Angleterre, elle a sans doute reçu de bonne heure des cartes à jouer par l'entremise du commerce qu'elle Taisait avec les villes anséaliques et néerlandaises , mais elle n'eu a pas fabriqué avant la fin du seizième siècle, puisque, sous le règne d'Elisabeth, le gouvernement s'était réservé le monopole des caries à jouer qu'on importait de l'étranger. {Naval hisl. of Great Brilain. Lond.. 1779, in-8.) Les Anglais, en adoptant le jeu de cartes allemand, français, italien ou espagnol, avaient donné au valel le surnom de knare. fiipon. que les Espagnols nommaient 50/o, les Italiens faille, et les Allemands kneclit.

Ainsi les cartes à jouer, venues de llnde ou de l'Arabie en Europe, vers 1370, avaiciil en peu d'années com-u du midi au nord, et ceux qui les accueillaient avec empressement, sous l'influence de la passion du jeu, ne soupçonnaient pas que ce nouveau jeu renfermait en lui le germe, la cause première des deux plus belles inventions de l'esprit humain, celle de la gravure et celle de rim[)ression : les cartes à jouer circulèrent longtemi)s sans doute par le monde, avant (jue la voix publique eût proclamé la di'-couveile à peu près sinmilanée de la gravure en bois, de la gravure sur mêlai el de liniprimeiie.

Paul LACROIX.

■lu Comiti: des Uonuint-nls écrils, prù» !o minivlèrc Je riiiitruclioii piililnitic.

1'"ranc. MAncoiiN'i. Le in^cnlosc sorti, iiililulate Gliirdino <le pciisiiTi. \'eneliu, Fr. MiircoUni (la Forli, l'JiO, in-fuL, lig. cil bois (le Jos. l'urta Garlugiiino.

Les li/iirci cli: ce livre de cartotnancie oiïreni Ici Cartes à jouer en usage à celle e|iur]ue.

l' AncTlNO. Di.ilo(;o ncl qualc si parla ilcl giiiocii, cou iiioralita piaccvole. Vine/j., l'Iiiipn-adur, L'iiS, in- 12.

t'.e Dialogue, réiiiiprîmé la mênie année sous le lilre : I.o Carte partant!, aicc une ejiilrc dcdiraloire >iu prinrc de Salernc, a reparu djiis ta Iroisiéuie partie des Ratiionami'nti, édil. de l.'iSD, citée ci-après; ce qui f-iit que beaucoup de ltil'lio^ra|ilies onl cru que l'Areiin avait composé plusieurs ouvrages dilTérenls sur le* r.iiric.. t'.e même dialogue, te C'ortrr purlanti, a été encore réimprime >i Yenive. 165(1, p. in-8, avec lu nom de Partrnto Ettro, pseudunvmc académique de l'Aretin.

— La tcrza et iiltima parte de Rapioiiainciili (Ici divino l'iitro .\ri'tiiio, iiela qtiale si conti'iij;(itio due rajiinii.iiiieitli, (ioe de Ifl Corli e dcl giuoco de le Carte. S. L., I.")8'J , iii-8.

Le dialogue sur lei Larles a jouer n'a jamais été traduit on français.

.Satire contre les joueurs de Cartes (en vers nllemands). Strasbuury, I. Kanimer l.ander, l,')i5, p. iii-l, (ig. en bois.

(Ginoi.o BEiiGAiiLi.j Uialofto de' ^iiiorlii rbe nelle ve|;gliie .Sanesi si usnno di Tare, del Materiale liitionalo. Siciia, Luca flunelli, L"i72, iii-l.

LAMliiini DA>nAt;. Deux trairiez nnnvcaux trt's-utilcs pour ce leiiips, le prunier liiucliant les sorciers, le deuxième contient uni' lire\e reinniislranre sur les jeux de Caries et de dez. l'aris, J. Ilduinel, l.'iVil, p. iii-8.

.Iean GdssEl.iN. La sifrnirication de l'aniien jeu des Charles pvlliagoriciues. l'aris, l.'i82, iu-8.

Giuiiclii di Carte bellissiini, di regnla e di ineinoria, e CiMi sccreti parlicolari, coinposli e ilali in liice per il Carta^inese, l'econa, Fiancescu délie IJuiiiie, l"ji)7, in-12, li^'.

La mort aux pipctirs, oit sont contenues toutes les tromperies ( t piperies du jeu, et le moyiii de les éviter. Paris, Dan. Guillcmof, Kitm, 'iii-12.

Le 1*. C. F. .Mi:M;sTniKti. llililiotiteipie curieuse et instructive de divers ouvrages anciens el modernes. TrcvouJ:, 1704, 2 vol. iM-12, llg.

(lu trouve, dans le I. 11, p. 17 i et suiv., une disserUlion sur loteries .'i jouer. Cello disverlalion et celle du P. Daniel ont él^ réimpriniées dans le t. .V de la Culleclion de Dissertations et Slcmoircs relatifs à l'Iiistoire de France, /'oris, U.nlu, 1SÎ0-4Î, 20 vol. in-S.

Lt! P. Dami;i.. Miïinoiro sur l'origine du jeu de piqitel, trouvé dans l'Itisliiire de France sous le lijitte de Cliariis VII. Voyez celte dissertnlion, au mois de mai 1720, pa);e i)5-4-(i8 des Mi'iiiuires puur l'Iiisloire (/e.v srirtites el des beauj'-arls. (Trévoux, 1701-17(17, 2(iri vol. iit-12.)

Beneton de .Miiiia.nges dk I'evrins. Uisscrlalion sur les jeux de hasard. Voyez le iW<rrcur<7 de France, septembre 1738.

Islruzioni norcssarie perrlii volcsse impararc il giuoco di- Icttcvole delli Taroccliini di Hiiloj;iia. Ilologiia, I7.')l, in-12.

(L'aiihe IUi i.et.) Keclierches liistorii[ues sur les Cartes à

jouer, avec des noies critiiiucs et inlérossanles. Lyon, 1737, p. iii-S.

Explliation morale (lu jeu de Cartes, anecdotes curieuses de Louis Bras-dc-Fer. Bruxelles, 1708, in-12.

Le baron de Heinecken. Idée jiénérale d'une collection complète d'estampes, avec une dissertation sur l'ori^'ine de la gravure cl sur les premiers livres à images. Leipsic elVienne, 1771, in-8, fig.

It traile des Cartis à jouer, p. 257—46.

L'adbé Bkttinelli. Il ciuoco délie Carte, poemetlo, con annotazionni. Cremona, 1/73, in-8.

Les mile* ftiniienneril des reiiseignemeiiti curieus sur les anciennes Caries ilaiiennts.

L'abbé UiVE. Etrennes aux joueurs, ou éclaircissements historiques et critiques sur l'invention des Cartes à jouer. Paris, 1780, in-12 de 48 p.

CeUe dissertation est extraite de la -Yodce de deux mss. de la bibt, dit duc d' ta Valtiêre : l'un a pour titre : le Roman d'àrtuê... I Paris , 1779, in-4.)Elle aélc rcimiiriuieo it la suite de l'ouvra^'e de Singer.

i. G. I. BiiEiTKOPK. Vcrsnrit den Ursprung dcr Spielkarlen, die einfuchrung des Leinetipapieres und ilen Atif.tng dt-r Ilolzschneidikunst in Europa zu erforschcn , etc. Leipsic, 1781-1801, 2 vol. in-4, fig.

CocRT DE (lEtiiiLiN. Dit jcu de Tarots, où l'on traite de son origine, où l'on explique ses allégories, et où l'on fait voir qu'il est la source de nos Cartes modernes, etc. Voy. cette dissertation, au t. I, p. 3(io-yi, Aa Monde primitif, analysé et comparé avec le monde moderne, considéré dans son génie allégorique... {Paris, 1779-82, 9 vol. in-4, fig.)

PiETRO Zam. Materiali per servira alla slor'ta dell' origine e de' progrossi dell' incisione in rame e in legno. Parma, 1802, gr. in-8, llff.

— Enciclopcdia nielodicacritico-ragionata délie Belle-Arti. l'arma, lypogr. ducale, 1810-28, 20 vol. in-8.

11 e-t soinent question desfiarles .i jouer dans les di\ derniers volumes do ce grand ousrage, où le |iréceilent se trouve refondu en partie.

Baiitsu. Le Peintre-Graveur Vienne, 1805-21 , 21 vol. ii.-8, fig.

Il V a dilfcrentes desoriptions d'ancieinnes Cartes à jouer, t. X. p. 70- 120, et t. Xm, p. 120-jS.

(Henri Jansen.) Essai sur l'origine de la gravure en bois et en taille-douce, et sur la connaissance des estampes des quinzième et seizième siècles, où il est pailti aussi del'origine de> Cartes h jouer... Paris, 1808, 2 vol. iu-8, fig.

DriiAND. Aperçu du jeu des Tarots, ou jeu de la vie ou jeu de 'année, etc. Metz, 1815, in-12.

Cet onvr.i^e, qui n'est [tas cile dans la Hibl. de la France, doit être le même que celui dont JI. llrunct donne ainsi le titre dans la table méthodique du ifanuel : De l'urijîine de nos Cartes à jouer. Metz, 1S13, iii-12.

Sasi. Weli-Kb SiNtiEii. Kesearclies into thc liistory of playing Cards, witli illusttalions of (lie origiii of printing and engraving of wood. Londres. 1816, in-i. fig.

Depping. Notice sur l'histoire des Cartes, à l'occasion des Recherches de Singer. Paris, 1819, in-8. Extr. de la Revue encyclopédiiiue.

Gabr. Peignot. Ilechcrches historiques et littéraires sur les danses des morts et sur l'origine des Cartes i jouer. Dijon, I82G, in-8, fig.

P. L. Jacob Paul Lacroix), bibliophile. Origine des Caries à jouer. Paris, 1853, in-8 de 10 p.

Publie d al)ord dans le Dictionnaire de ta l^onveraation. et ensuite dans un ouvrage de l'auteur, intitule : Von Grand Fauteuil, t. [, |i. 147-160.

Jos. Ret. Origine française de la boussole et des Caries à jouer. Paris. 1850, in-8 de 24 p.

DicHESNE aîné. Ohservalions sur les Cartes à jouer. \o\. ce mémoire, p. 172-215 de l'Aiinuaiie hisloritiue pour l'année 1 857, publié par la Société de l'histoire de France. Paris, 1830, in-12.

(DuciiESNE aine.) Jeux de Cartes larols et de Cartes numérales du quatorzième au dix huilième siècle, représentés en ceni planches d après les originaux, avec un précis historique el explicatif, publiés par ht société des Bibliophiles français. Paris, 184-4, gr. iii-4, contenaul 100 pi. en noir et en couleurs.

Le Précis hi-tonqiie n'est autre qu'un exirait du mémoire, cite ci-oessus. auquel on a ajouté deux longues notes, l'une de .^I. l.eber et l'antre de M. Jerùme Picbun, avec une table bililiograpbiqne et raisonnee des ouvrage> relatifs aux Cartes à jouer.

C. Leber. Etudes historiques sur les Cartes à jouer, principalement sur les Caries françaises, où l'on examine quelques opinions publiées en France sur ce sujet. Vov. celte dissertalion, au t. VI, ]). 230-584, de la nouv. série des Mémoires et dissertations sur les antiquités nationales et étrangères, publiés par la société des Antiquaires de France. Paris, 1842, !n-8.

Le baron de Ueiffenberg. Sur d'anciennes Cartes ii jouer, ■avec une planche. Voy. celte notice, au tome XIV des bitllelins de l'.icadéniie royale de Belgique.

And. Pottier. Sur une ancienne forme à imprimer des Cartes à jouer. Voy. cette notice dans la Bévue de Rouen el de la !\'ormandie, juin 1840.

C. Leber. Catalogue des livres imprimés, manuscrits, estampes, dessins et Cartes à jouer, composant la bibliothèque de M. C. Leber, avec des notes, fai'is, 1859, 5 »ol. in-8, fig.

La colleelion d'anciennes Caries ii jouer, formée par M. Leber, n'est pas moins curieuse que celle qui exi>te a la Bibliollièque du Roi; elle apparlie-iT aijourd'bui a la Bibliothèque de la ville de Rouen. Vov. p. SOà-SOS eli35-248, t. 1. du i:aUlogiie.

Voy. enctre,sur les Cartes à jouer, le Traité hist. et prut. de la gravure en bois, par J. M. Papillon; les Jlfemone spettanti al'a storia délia calcograpliia, par Leop. Cicognara; le Dict. des Beau.r-Arts, par Millin, article Cartes; la dissertation de Gough, daasV .ircliœologia, I. Vlll, p. 132 et suiv. ; la Dissert, sur l'orig. et les progr. de la gravure sur bois, par Fouriiier, etc.

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loui.doi; la plus Luimmnu'. :i raulo do sa cloche isjxiuluo au faîte d'un édillte, ne cesse d"alesser la parole au peuple. Elle veille la nuil roniuic le jour; elle réilèi-e, dans des espaces de temps égaux, les avertissements dont lirolilcnl leslioiiuncs. On la consulte, pour ouvrir ou Icrmcr les jiortcs des villes. |K)ur convo(|uer les assend)lées; elle annonce, successivemenl . If niouient delà |irière, celui du travail ou du icpos: cllf est. en un mot, la irgli» invariable qui gouvei'ue la société. Ces secours (pie nous recevons de larl de mesurer le lem]is ne sont ignorés de personne; mais ce (p.i on ne sait pas, généralement, c est que cet art est l'auxiliaire obligé de presque toutes les sciences po.sitives. qui, sans lui, seraient demeurées slationnaires.

Depuis le siècle derniei' on a ninlliplit' li-s horloges, de telle sorir qu'il inI peu dr \illages, en Euroix', <pii ndi possèdent .ni ludins une: clKupie jour on m erre de noii-

Beaux-Arw.

HORLOGERIE, Pol. I

voiles, qui poiivonl ètro remarquables au point de vue de lait ; mais le peuple ne s'en préoccupe nullement : il les considère comme tous ces monuments vulgaires que le génie industriel érige dans nos murs, et qui ne sont utiles h personne.

Au Moyen Age, l'érection d'une horloge, dans une ville, était un événement mémorable, el d'autant plus grand, que les mécaniciens, qui exécutaient ces horloges, les ornaient d'automates propres h frapper l'imagination du peuple. Parfois c'étaient les Mages, qui, à chaque heure, venaient se prosterner devant la Vierge el l'Enfant divin; ou bien c'étaient Jacquemart et sa femme, qui, grotesquement accoutrés, et armés l'un el l'autre d'un marteau , frappaient les heures sur la cloche. Toutes ces merveilles impressionnaient les esprits; et loi'sque, dans le silence de la nuit. l'Horloge, du haut du clocher de l'église ou de la tour du monastère, faisait entendre sa voix métallique, les femmes et les enfants tressaillaient d'effroi : il leur sendjlait qu'une puissance surnaturelle présidait aux mouvements qui s'accomplissaient dans la machine aux rouages d'airain.

On sait qu'au siècle de Gerbert. et dans les siècles suivants jusqu'au règne de François I'', plusieurs horlogers célèbres furent accusés du crime de sorcellerie; si aucun deux ne fut livré aux trii)unaux ecclésiasticjues ou séculiers, c'est que, redoutant l'ignorance de leurs juges, ils eurent le bon sens de se soustraire, par la fuite, aux châtiments iniques qui pouvaient les atteindre. On cite pom-tant un mécanicien de La Rochelle, nommé Clavelé, qui, à l'époque des premières persécutions contre les partisans de Calvin, fut brûlé comme sorcier et comme hérétique, avec une merveilleuse horloge de bois qu'il avait exécutée.

Avant le Moyen Age, les instruments, avec lesquels les peuples mesuraient le temps, furent le gnomon ou cadran solaire, la clepsydre et le sablier.

Le premier cadran solaire dont l'histoire fait mention, est celui que le roi Achas fit construire dans le temple de Jérusalem, environ 600 ans avant l'ère chrétienne. Selon Hérodote, ce fut Anaximandre qui importa le gnomon h Sparte, d'où bientôt il se propagea dans la Grèce , en Italie et dans les Gaules. L'an 460 de Rome, Lucius Papirius (>ursor fil tracer un cadran solaire près du temple de Quiriims; el pendant plus d'un siècle, celle horloge fut l'admiration de la cité romaine.

Les clepsydres et les sabliers ne sont pas moins anciens que les cadrans solaires. Ils avaient l'avantage sur ceux-ci, de marquer l'heure la nuit comme le jour. La clepsydre primitive, d'après la description qu'en donne Athénée, était d'une extrême simplicité. Elle consistait en im vase d'argile ou de métal, que l'on emplissait d'eau, et que l'on suspendait dans une niche pratiquée pour cet objet. A l'extrémité inférieure du vase, était un tuyau étroit, par lequel l'eau s'(''chappait goutte h goutte et venait tomber dans un récipient sur lequel les heures étaient divisées. L'eau, en alleignant successivement chacune de ces divisions, marquait ainsi les différentes parties du jour ou de la nuit. On <'onçoit l'imperfection d'une telle machine, qui fut répandue chez tous les peuples de l'anliquit(' : les Chaldéens, les Égyptiens, les Phéniciens, etc., en faisaient usage.

l)lusieurs siècles avant la naissance de Jèsus-Christ. On s"en servit également , ilan.s

diverses contrées européennes, jusqu'au dixième siècle de noire ère.

Los liisloriens grecs et latins nous apprennent que le barreau d'Athènes , et plus tard celui de Rome, employaient la clepsydre pour mesurer le temps que l'on accordait aux plaidoyers des avocats. On versait trois paris d'eau égales dans le vase, une pour l'accusateur, l'autre pour l'accusé, la troisième pour le juge. Il y avait un préposé à la garde de la clepsydre : il ('lait cliargc d'avertir l'oraleur, aussitôt que sa pctrlion d'eau était épuisée. On anèlail l'écoulement de l'eau, pendant la déposition des lémoins, la lecture d'un décret, etc.: c'élail l:i : iKpiam suslinere. Lorsque, dans les cas cxlraordinaircs. les juges douhiaient le temps qui ('■lail ac( ordé aux orateurs par la loi, c'était : rlcpsijdras clcpsycl/is addcrr.

Platon , Quiutilien. Pline. Cicé'ron, etc., l'ont allusion, dans leui's ouvrages, à celte conliimc hizarre et gênante. Platon déclare que. de son temps, les [iliilosoplies ('taient bien plus heureux i|iie les orateurs : «Ceux-ci. dit-il, sont esclaves d'unemisérable clepsydre, tandis que ceux-là sont libies d'(''lendre leurs dis((uns autant iju'ils le veideiil. »

Le sai)lier ressendtlait beaiicou]» à la clepsydre. Il l'ut IdUglenqis le n'gulati'ur exclusif du tem|»s. pour les classes pauvies. La plupart des paysans (lu (( litre de la France s'en servent encore aujour- (riiiii ; nos malins eux-mêmes en li m t souvent usage. Cet insti'umenl est trop connu, pour (|iie nous eu (loiinious ici la description; disons s( ulemeut (|ue sa marche a toujoui'S(''l('' phisiK-lècIueuse (pie celle de la clepsydre. (|iii d ailleurs était susceptible (le perreclionnemeiil : ceux (pi'elle recul s.i,i,.r du ..i.i,,„„ .„.,:.. .i>r,.. si,.,.. p:»' If'S soins de Clc'sibiusdAlexandrie. l'autitiO de

Rome, en firent un instrument nouveau. Vitruve nous apprend (|ue cet habile mécanicien ajouta à la( lepsvdre plusieurs roues dentées, dont une poilait I .ligii il le destinée ii mar(pier i heure siu' un cadran : ce lut lii le premiei' pas tait vers I Horloge purement mecani(pie.

Durant la décadence romaine, l'Orient devint le foyer d'où partait la lumière. Les arts et les sciences lloi-issaient alors en Egypte, en Arabie, en Perse, et dans presque toutes les autres contrées de l'Asie centrale : l'Horlogerie se trouve mêlée aux progrès des sciences nialhéniatiques.

Au (onimencemenl du neuvième siècle. Aroun-al-Raschid, khalife des Abassides, envoya il Cliarlemagne des présents d'un grand piix. parmi lesquels était une clepsydre à rouages, qui passa pour une merveille. Eginhard en fait un pompeux éloge : elle était en airain damasquiné d'or; elle marquait les heures sur un cadran; et, au moment oii chacune d'elles venait à s'accomplir, un nombre égal de petites boules de fer tombaient sur un timbre, et le faisaient tinter autant de fois (pi'il y avait de nombres marqués par l'aiguille. Aussitôt douze fenêtres s'ouvraient, et l'on en voyait sortir un nondjre égal de cavaliers, armés de pied en cap, qui, après diverses évolutions, rentiaient dans l'intérieur du mécanisme et les fenêtres se refermaient.

Celte clepsydre, aussi belle que curieuse, n'était pas unique dans le monde, comme on le crut généralement à la cour de Charlemagne; car, plus d'un siècle auparavant, plusieurs horloges h peu près semblables avaient été faites ou importées en France . notanmient celles de Boëce, de Cassiodore , et celle que le pape Paul I*' envoya à Pépin le Bref.

Peu de temps après l'apparition, en France, de l'Horloge du khalife Aroun-al-Haschid, Pacificus, archevêque de Vérone, en acheva une, bien supérieure à celles de ses devanciers : elle marquait, outre les heures, le quantième du mois, les jours de la semaine, les jthases de la lune, etc. ; mais ce n'cHait encore qu'une clepsydre perfectionnée et savamment exécutée : il lui manquait le poids moteur et l'échappement. Ce fut au commencement du dixième siècle, que furent faites ces deux inventions, et de là, seulement, date le véritable art de l'Horlogerie.

Sous le règne de Hugues Capet, chefdela troisième dynastie des rois de France, l'Horlogerie prit rang parmi les sciences exactes. Un homme, grand par son talent comme par son caractère, vivait alors en France : il s'appelait Gerl)erl; les monlagues de l'Auvergne l'avaient vu naître. Il avait passé son enfance à garder des troui^eaux près d'Aurillac. Un jour, des moines de l'ordre de Saint-Benoît le rencontrèrent dans la campagne : ils s'entretinrent avec lui; et comme ils lui trouvèrent une intelligence précoce, ils le recueillirent dans leur couvent de Saint-Gérauld. Là, Gerbert ne tarda pas à prendre goût pour la vie monastique. Ardent à s'instruire, tous les moments dont il pouvait disposeï', il les consacrait à l'étude, si bien, qu'en quelques années, il devint le plus savant de la comnumauté. Après qu'il eut prononcé ses vœux, le désir d'augmenter ses connaissances scientifiques le lit partir pour l'Espagne. Durant plusieurs années, il fréquenta assidûment les Univei-sités de la péninsule Ibérique. Bientôt il devint trop savant pour 1 Espagne ; et, malgré sa piété vraiment sincère, d'ignorants fcnatiques l'accusèrent de sorcellerie. Cette accusation pouvant avoir des suites fâcheuses pour lui, il ne voulut pas en attendre le dénoûmcnt ; et, quittant précipitannuent la ville de Salamanque. sa

résidence liabiluelle, il vinl ii Paris, où il ne larda pas à se faire de puissants amis. Enfin, après avoir été successivement moine, supérieur du couvent de Bobio, en Italie, archevêque de Reims, précepteur de Robert I", roi de France, et d'Othon III. empereur d'Allemagne, qui lui donna le siège de Ravcnne, Gerbert, sous le nom de Sylvestre II, monta au trône pontifical, où il mourut en 1003. Ce grand homme fit honneur à son pays et à son siècle. 11 i)osscdait presijue toutes les langues mortes ou vivantes. 11 était mécanicien, astronome, physicien, géomètre, algébriste, etc. Il importa en France les chifTi'es arabes. Au fond de sa cellule de moine, conmie au sein de son palais archiépiscopal , son occupation favorite fut la mécanique. Il était habile dans l'art de construire des cadrans solaires, des clepsydres, des sabliers, des orgues hydrauliques, etc. Ce fut lui qui, le premier, appliqua le poids moteur aux horloges. Il est, suivant toute probabilité, l'inventeur de ce mécanisme admirable, que Ion nomme Yéc/iappemeitt, la plus belle, la plus nécessaire de toutes les inventions qui ont été faites dans IHorlogerie.

Nous n'entre()rendrons pas de donner ici la description de ces deux inventions; il nous faudrait l'expliquer par des figures techniques, que ne comporte jvis le plan de cet ouvrage. Nous nous bornerons à dire que le poids est encore maintenant le seul moteur des grosses horloges. Quant à l'échappement dont nous parlons, il a étt; uniquement employé en France et dans le monde entier jusqu'à la fin du dix-septième siècle.

Malgré l'importance de ces deux inventions, on s'en servit peu pendant les onzième, douzième et treizième siècles. Durant celte période de trois cents ans, les clepsydres et les sabliers continuèrent d'être presque exclusivement en usage. On en fal)ri(piail qui. ornés et ciselés avec beaucoup d'élégance, contribuaient ii la décoration des appartements, connue aujourd'hui les bronzes et les pendules plus ou moins riches.

Au onzième siècle, le rouage de la sonnerie n'était pas encore inventé et adapté aux horloges. Le besoin de cette sonnerie se faisait particulièrement sentir dans les monastères, où les moines étaient obligés de veiller la nuit, à tour de rôle, pour avertir les membres de la conununauté des devoirs religieux qu'ils avaient à remplii-. 11 y avait aussi des veilleurs de nuit dans toutes les villes de l'Iùn-ope; ils étaient chaigi's de \y,\vlourir les rues et i)laces publiques pour annoncer à haute voix l'heure que manpiaient les clepsydres, les horloges ou les sabliers. Cet usage s'est conservé jusqu'à nos jours; (H les veilleurs de nuit existent encore en Allemagne, en Hollande, en Angleterre, et môme dans (juehjues villes de France.

L'histoire ne nous dit pas (juel fui l'inventeur de la sonnerie; mais il est du moins positif que ce louage existait au conmiencement du douzic'ine sii'cle. La i)remière mention des horloges à sonnerie se trouve dans les Usages de l'ordre de (liteaux, compilés vers 1120, livre où il est prescrit (chap. 1 14) au sacristain de régler l'horloge, de manière qu'elle sonne et l'éveille avant les matines. Dans un autre chapitre du même livre, il est ordonné aux moines de jirolonger la lecture jus<prà ce (pie l'horloge sonne. Voy. Dom Cai.met, Commonlairr liUrral sur la rr(jlr de saint lirnoil, t. I, p. 279--2S0).

ui

A l'exception de liniporlante invention du rouage de la sonnerie, l'Horlogerie resta slalionnairc jusqu'à la fin du treizième siècle; mais au commencement du siècle suivant, elle reprit son essor, et l'art ne s'arrêta plus.

En 1324-, Wallingl'orl, hénédiclin anglais, construisit pour le couvent de Saint-Âlban. (lonl il était abbè, une Horloge mécanique. Elle était à sonnerie; elle marquait, outre les heures, le quantième du mois, les jours de la semaine, le cours des planètes, les heures des marées, etc. Quelques années plus lard, en 1344, Jacques de Dondis, citoyen de Padoue, composa une Horloge, qui, exécutée par les soins d'un excellent ouvrier nommé Antoine, et placée au sonunet de la tour du palais de sa ville natale, a été longtemps l'admiration de tous les savants. Pour donner une idée de cette merveilleuse machine, il suJlira de reproduire ici ce que Philippe de Maizières, qui vivait à l'époque de Jacques de Dondis, en a dit dans un des premiers écrits où il soit question de rilorlogerie ancienne; cet ouvrage, intitulé la Songe du viel Pèlerin, est encore inédit et par conséquent peu connu; nous lui enqn'unlons textuellement cet extrait.

L est à savoir que . en Italie, y a aujourd'huy ung homme, en philosophie. « en médecine et en astronomie, en son degré singulier et solempnel, par « commune renommée, excellent es dessus trois sciences, de la cité de Fade. « Son surnom est perdu; et est appelé maistre Jehan des Or loges, lequel de- « meure à présent avec le comte de Vertus, duquel pour science treble (tri- '< pie) il a chacun an des gaiges et de bienfaits deux mille flourins ou environ. Cettuy nni\slre Jelian des Orloges a fait, de son temps, grandes œuvres es trois sciences dessus touchiées, qui, par les clercs d'Italie, d'Allemagne et de Hongrie, sont autorisées et en gi'ant réputation : entre lesquels œuvres . il a fait un instrument , par aucuns appelé Sphère, ou Orloge du mouvement du ciel : auquel instrument, sont tous les mouvements des signes et des planeltes avec leurs cercles et épicycles. et différences 8 par nudliplications, roes sans nombre, avec toutes leurs parties, et c< chacune planette en ladite sphère particulièrement. Par telle nuit , on voit clairement « eu quel signe et degré les planettes sont et estoiles du ciel : et est faite si soubtilemenl « celle sphère, que, nonobstant la multitude des roes, qui ne se pourroient nombrer w bonnonient . sans défaire l'instrument , tout le mouvement d'icelle est gouverné par « un tout seul contrepoids, qui est si granl merveille, que les solempnels aslronomiens « de lointaines régions viennent visiter en granl révérence ledit maistre Jehan et l'œuvre « de ses mains; et (lient tous les grans clercs d'astronomie , de philosophie et de méde- « cine, qu il n'est mémoire d'honuiie, par escrit ne autrement, que, en ce monde, ait << fait si soiiiitil ne si solempnel instrument du mouvement du ciel, comme l'orloge desa susdite: hntendement soubtil dudit maistre .lehan. il. de ses propres mains, forgea la- « dite oiloge , toute de laiton et de cuivre, sans aide d'aucune autre personne, et ne lit

« aulrc chose en seize ans tout entiers, si comme de ce a esté informé l'escrivain de « cetluy livre, qui a eu granl amitié audit maistre Jehan. » (Voy. à hi Bihl. Nation, de Paris, plusieurs manuscrits du Songe du riel Pèlerin.)

L'Horloge de Jacques de Dondis excita partout l'émulation. Tous les princes de l'Europe voulurent en avoir de pareilles. Des ouvriers de la France el de l'étranger en firent successivement pour des châteaux et pour plusieurs églises ou monastères.

Parmi les plus l)elles Horloges (pii furent faites au quatorzième siècle, on doit citer celle de la cathédrale de Dijon, que Philippe le Hardi enleva il la ville de Courtrai, après la bataille de Rosebecq.

« Le duc de Bourgogne , dit Froissart , fit ester des " halles un orologe qui sonnoil les heures, l'un des plus '( beaux qu'on sçeul trouver delii ne deçà la mer; et celuy " orologe mettre tout par membres et par pièces sur " chars, et la cloche aussi. Lequel orologe fut amené « et charroyé en la ville de Dijon en Bourgogne, et « fut là remis et assis , et y sonne les heures vingl- « quatre, entre jour et nuit. »

Ajoutons que cette Hoiloge était surmontée, comme elle lest encore aujourd'hui, de deux automates en fer (l'homme el la femme) qui frappaient les heures sur la cloche. Ces deux personnages étaient nonnnés Jacquemarts. Les historiens ne s'accordent pas sur la formation et la si'Miification de ce mol. Ménage croit qu'il vieil! du mot lalin jarromarrli/fKhis {jaque de maille, habilleiiieiil de giiene). On sait qu'au Moyen Age on avait l'habitude de placer, au sommet des tours ou des clochers, des hommes chai'gés de veiller au repos l»ublic, pour avertir de l'approche de leimemi. ainsi que des incendies, des vols el des meurtres (jiii avaient lieu dans linteiieur des villes. Plus lard, une meilleure organisation fie la police permit de sup|)iiiner ces sentinelles nocturnes; peut-être a t-on voulu en conserver le souvenir, en fabricant des hommes en fer (|ni sonnaient les heures. Diiïérenis écrivains cherchent à prouver que le mot .tarqnomarl vient du nom de riiorlog<'r Jaccpies Maitk . (pii \i\.iii un qualoizièiiie siècle, et (pii serait, snivani eux. I inveiileur de ces soiles d horloges

Le savant Gabriel Peignol. auteur d'une disserlaliou sur le Jaccpiemart de jtijon. esi diin avis contraire à celui de la |)liipai'l des ailleurs (|ui oui iViil sur l'origine des Jacquemarts. H ('■lablil (pi'en \\±-l. un iiommim' Ja( ipieiniirl. orlonnir cl srrnin'cr. demeurant dans la ville de Lille. Ii;i\aillail |i<iiir le i\uc de Bourgogne, el qu'il iveut

J >> i|iRMiur1, lit] Notre-D^nic do Dijiiiu

22 livres pour les besognes qu'il avait faites à l'Horloge de Dijon. De ce document authentique . M. Peignot tire Tinduction suivante : « Ce Jacquemart de Lille ne serait-il pas lo fils ou le petit-fils de celui qui aurait fait l'Horloge de Courtrai, transportée à Dijon, en 1382, et qui a dû être faite peu de temps auparavant, c"est-h-<Jire de 1373 h 1380? Le peu de distance de Lille h Courirai le donnerait à penser. Alors il serait présumable que le nom de notre Jacquemart proviendi'ait de celui de son fobricateur, le vieux Jacquemart (le Lille. «

Toutes ces inductions sont plus ou moins concluantes; mais, au total, ce ne sont que des inductions; et aucune d'elles ne prouve d'une manière irréfragable l'origine du mot Jacquemart. Quant h nous, il ne nous convient pas de prendre parti dans ce grave diff(-rend : disons seulement qu'à la fin du quatorzième siècle et au commencement du ([uinzième. beaucoup d'églises, en Allemagne, en Italie, en Angleterre, en France et ailleurs, avaient déjà des Jacquemarts.

L'Horloge que Charles Y fit construire, en 1370, fut la première qu'ait possédée la capitale du royaume; elle fut exécutée par un habile ouvrier, nonnné Henry de Yic, à qui le roi assigna six sous parisis par jour, et un logement particulier dans la tour du Palais où fut placée cette horloge, qui devait, deux siècles plus tard, donner le signal de la Saint-Barthélemi.

Celle du château de Montargis fut faite par Jean Jouvence, en 1380.

On connaît plusieurs autres Horloges remarquables, exécutées vers la même époque ; ce sont celles de Sens et d'Auxerre, et surtout celle de Lund en Suède. Cette dernière, d'après la description qu'en donne le docteur Hélein, était des plus curieuses : lors(iu'eile sonnait les heures, deux cavaliers se rencontraient et se donnaient autant de coups qu'il y avait d'heures h sonner; alors une porte s'ouvrait, et l'on voyait la vierge Marie, assise sur un trône, l'enfant Jésus entre ses bras, recevant la visite des rois Mages, suivis de leur cortège; les rois se prosternaient et offraient leurs présents; deux trompettes sonnaient pendant la cérémonie; puis, tout disparaissait pour reparaître à l'heure suivante.

Pour compléter cette nomenclature des principales horloges du (juatorzième siècle, nous citerons (juelques fragments d'une pièce de vers de Froissart, intitulée : L'Horloge amoureuse. Ces fragments serviront à constater certains faits relatifs à l'Horlogerie de ce temps-là. D'après ce que dit Froissart, et ses descriptions sont parfaitement exactes, le rouage du mouvement des horloges, comme celui de la sonnerie, se composait de deux roues (chacun de ces rouages en eut cinq, à partir de la fin du quinzième siècle). Le cadran était mobile; et, tournant sur lui-même, il portait, à l'une des extrémités de sa circonférence, un index servant à l'indication des heures tracées sur un autre cadran, fixe et adhérent au premier. La verge, cette partie essentielle de l'échappement, n'était pas accompagnée d'un pendule; elle portait un balancier placé horizontalcmcnl à son extrémité supérieure; le plus ou moins de pesanteur de cette pièce déterminait le retard ou l'avance de f horloge. Sur chacun des bras du Italancier. était suspendu

un poids que Ion pouvait rapprocher ou éloigner du centre de la verge ; et par là on obtenait la pesanteur exactement nécessaire ;i la marche régulière de l'horloge. C'est par le même système, que l'on règle aujourd'hui le pendule. Laissons maintenant parler Froissart :

L'Orlogc est, au vray considérer,

Un instrument lies liel et très notable, Et s'est aussy plaisant et pourfitahle, Car nuict et iour les heures nous aprenl Par la soublililé qu'elle roniprenl En l'absence méisrae dou soleil :

Dont on doit niiculs piisier son appareil, Ce que les autre instruments ne font pas. Tant soient faits par art et par compas : Dont celi tiens pour vaillant et pour sage Qui en Ireuva primicrement l'usage.

Quant par son sens il commença et lit Chose si noble et de si grant proulll

Or, vceil parler de Testât de l'Orloge :

La premerainc roe (roue) qui y loge,

Celle est la mère et li commencemens

Qui faict mouvoir les aultres niouvemens

Dont l'Orloge a ordenance et manière :

Pour ce, poet (peut) bien reste roe première

Signifier très convignablement

Le vray Désir qui le coer d'omme esprent. . . .

Le plonk (le puids) trop bien à la Beauté s'accorde.

Plaisance s'est montrée par la corde

Si proprement, qu'on ne poroit niieulz dire;

Ciir tout ensi que le contrepois tire

La corde à lui, et la corde tirée.

Quant la corde est bien à droit atirée ,

Retire à luy et le l'ait esmouvoir,

r)ui anttrement ne se portùt mouvoir :

Ensi lieauté tire à soy et esveille

La Plaisance dou coer. . . .

Après, alliei t à parler don dyal iiiiomeiiieiil diiinic).

Et ce dyal est la roc inuriial

Qui, en ung iour naturel seulement,

Se inoet {se tmtil) et fuit un tour précisément :

Ensi que le soleil fait un seul tour

Enlour la terre en un naturel jour.

En ce dyal, dont grans est li mérites,

Sonl les heures xxiiii desrriles :

Pour ce porle-t-il xxiiii brochettes [les chevilles de la roue ([iii lèvent la diHente du marteau des heures]

Qui font scniner les petiles clochettes.

Car elles font la destente destendre,

Qui la roe chantore fait estendrc

lù li mouvoir très ordonnéement.

Pour les heures monslrer plus clerement.

Après, afiiert dire quel chose il loge

En la tierce partie de l'Orloge :

C'est le d<'rrain (dernier) mouvenn-nl qui ordomie

La sonnerie, ainsi qu'elle sonne.

Or. fault savoir comnienl elle se fait.

Par (leu\ rocs ceste œuvre se parfaict :

Si porte o li (at;ec elle), ceste première roe.

Un contrepois par quoy elle se roe [elle se meut]

Et qui le fait mouvoir, selonc m'enlente,

Lorsque levée est à point la destenle,

Et la seconde est la roe chantore {roue delà sonnerie).

Ceste a une ordenance très notorc {notable)

Que d'atouchier les clochettes petites.

Dont nuict et iour les heures dessusdites

Sont sonnées, soit estes soit yvers,

Ensi qu'il aperticnt, par chants divers....

Et pour ce que li Orloge ne poet

Aller de soy, ne noient ne se moet.

Se il n'a qui le garde et qui en songne (qui en prend soin).

Pour ce il fault, ii sa propre besongne,

Ung orlogier avoir, (pii tart et temprc (d propos)

Diligemment l'administre et allcmpre.

Les pions {les poids) relieve et met à leur delnoii',

El si les fait rieulemcnt [par ordre) mouvoir

Encore poet moult, selonc m'entente, Li orlogiers, quant ii en a loisir, Toutes les fuis qu'il li vient à plaisir. Faire sonner les clochettes petites

Sans dcrieuler [diréijler) les heures des susdites .... (Voy. le Journal des Savants, ann. 1785, in-4'').

Les |)remières horloges à poids cl conlir-iinids. dc'^iiiirrs ii doniu r llirmc dans les apparlenicnis. parurent en France, en Italie cl en Allemagne vcis le t (tiiuiieiiceint ni ihi

Eeaux-Artfl. li'JKLUGEHlE, fol V

(liiatoizième siècle. Elles J'urenl dabord un objet de haute curiosité, et leur pi-ix exorbitant les rendit accessibles seulement aux grands seigneurs et aux riches citadins. Plus laid, elles devinrent plus communes, et alors elles ornèrent les cellules des moines,

les cabinets des savants et les salons de la bourgeoisie. Ces horloges se suspendaient ordinairement contre les murs des appartements, et particulièrement dans les dortoirs ou chandjres ;i coucher. On les plaçait aussi sur des piédestaux en bois sculpté, lesquels étaient vides intérieurement pour laisser le libre passage aux plombs ou poids. Dans l'inventaire de Charles V, il est fait mention d'une de ces Hoi-loges , dont toutes les pièces étaient en argent richement ciselé. Ce chef-d'œuvre dart et de mécanisme avait appartenu à Philippe le Bel, qui lavait acquis d'un habile ouvrier de Wurtemberg. (Voy. l'inventaire de Charles V, Bibl. Nat.)

Le quinzième siècle produisit de grandes choses en Horlogerie, notamment sous Louis XII. Alors, par la puissante volonté de Georges d'Amboise, tous les beaux-arts se réveillaient $ en France, comme ils s'étaient déjà réveillés en Italie à la voix

fl de Jules II et des Médicis.

n,.rKeàro,„<cià ,i„,„i, ^Mi. ,1. b ^"^ 1401, Li cathédralc de Séville s'enrichit d'une magniliquo

B,i,i. ,ui. de Pa„.=.) Horloge à sonnerie. En 1404. Lazare, Servien d'origine, en

construisit une pareille pour Moscou. Celle de la ville de Lubeck fut faite en 1403 : elle était décorée des figures des douze apôtres. Nous citerons encore la célèbre Hoiloge que J. Galéas Visconti lit construire pour la ville de Pavie, et surtout celle de Saint-Marc de Venise, exécutée en 149S.

L'époque de (Charles YII, signalée par tant de graves événem?nts politiques, fut pourtant fertile en belles inventions dans les sciences et dans les arts. L'Horlogerie lui en doit quelques-unes et, entre auti-es, celles du ressort-spiral et du réveille-malin. Le ressortspiral est une lame d'acier Irès-mince. qui . S/" roulant sur elle-même dans un tambour ou bari/lrl, produit, en se détendant, lellétdu poids sur les rouages primitifs. Ce ressort, pouvant agir dans un espace très-étroit , permit de faire de très-petites horloges. On en voyait, sous Louis XI, qui n'étaient pas plus grosses que nos pendules de voyage. Carovagius et divers horlogers contemporains en fabriquèrent de cette espèce, à quanlii'me. à sonnerie et ;i réveille-matin. La forme, que les ouvriers du quinzième siècle donnèient à leurs hoiloges portatives fut des plus élégantes : elles étaient sculptées cl gravées avec un art parfait. On cite celle du Cabinet de M. de Bruges, comme un chefd œuvre. Cette Horloge est en fer damasquiné; elle représente divers sujets pieux, d'un travail admirable. Quelques autres horloges portatives, non moins belles, sont parvenues jus(ju'ànous: on en trouve dans les Musées de l'Europe, et dans les collections particulières. Il est diflicile de consialer l'époque précise de l'invention des monires Paucirole

Horlogerie

Rivaud et lUcinet de),

A BiSGon Et Cottai

HORLOGE DE SAINT-MARC, exécutée & Venioe en i496.

F. SERÉ, DIREXIT

Horlogerie

K. Scri- <lp|.

nissnn cl r.ottnrd l'xc

IlonLonc DE cMiisKT de l'époque (U'S Vnjoia (XVI« sifti^lc;

(CnlIiTlinn cir \i SaiMilJf'ot . >i Paru. 1

K SKIIK IIIIIFM I

ET LA RENâISSâNCK.

assure que de son leniiis, vers le déclin du quinzième siècle, on en luisait qui n èlaieiil pas plus grosses qu'une amande; Myrmécides est elle comme un des ouvriers qui s'il-

luslrèrenl dans ce geni-e de travail, moins habile que Myrmécides; il exé- \ beauté inconiparalile : ce réveil soncoup battait le fusil et allumait une pour douter de la véracitc' de Pancirole ont été recueillies dans l'Encyclopédie elîel il existait des montres , l'on bien France, et surtout en Allemagne.

Il est constant, par exem])le.

montres de poche à Nuremberg, dun teul". ce qui pendant œufs de Nuremberg.

nous l'avons fait, 1" Horde, et pouvant apprécier de cette épo<)ue. nous ne invraisend)Iable qu'il ail (niid' Ibaldo délia Ro- Ire à sonnerie, enchâssée du reste, (juen 1375, Cantorbéry, légua à son d'EIy, une canne en bois montre incrustée dans possédait aussi une (|ui marchait huit montée. Nous dedans l'origine, la lites horloges égulii're; mais après leur a p- Europe. lui dont le nom connu, insée. dette l'orme d'un

^:kmm^:n'é^M'-^^-':

llnrlp^-e rn ter (lima«q<iini'- (XVe liirrlv), du Cabinet lie U. de Drille*, i Pjri*

Carovagius. dit duVerfdier. n'était pas cuta, pour André Alciat. un r^re// d'une nait l'heure marquée, et du même bougie. Nous n'avons pas de raisons et de du Verfdier, dont les assertions des Sciences; et nous croyons qu'en Il a\ aillées et pourtant très-petites, en (lès la lin du règne de Louis XL que Péters Héle fabriquait des en 1 500 : elles avaient la forme %^ longtmqis les fit appeler Ayant étudié, comme logerie du seizième siè- "habileté des horlogers egardons jias connue été olftil au ducd'l'rbin.

vere, en 1542. une moudans une bague. On sait, i'arker. archevêque de fr( ic ITk liard . évèque des Indes, avant une la ponnne. Henri ^ 111 très -petite montre, jours sans être rêvons dire ipic .

marche de ces pétait fort irré- |i('udeteuips parition en ti u V r i (■ r .

n <'sl |)as venta la fupièce. de la cône Iron-

(|ué par le haut, servit à é-galiser la l'ord' du ressoit; :i la base de cette fusée, était attachée une petite corde de boyau, qui, se roulant en spirale jusqu'au sommet, venait s'attacher au barillet, dans le(piel é-lait renfermé' le ressort.

Voici en (|uoi consiste l'cxi clh ikc de cette invention. Lorscpi'une montre est remontf'c

jus(|u il son dernier poinl, le ressort a acquis une force considéi'able, et il })ounait eniraînei- le i-ouage avec une grande l'apidilé; mais, à ce moment, la chaîne venant agir sur le plus petit rayon de la fusée (c'est-à-dire au haut du cône), ia force du moteur s en trouve sensiblement diminuée. Si l'on suppose maintenant que la montre continue de marcher, il sera facile de se rendre compte de ceci : le ressort en se détendant perd progressivement de sa force; mais la chaîne, agissant simultanément sur les plus grands rayons du cône {/a fusée), rétablit autant (]ue possible léquilibre; et la puissance du moteur sur le rouage reste uniforme.

L'inventeur de ce mécanisme rendit donc un important service à l'Horlogerie, puisque, par la fusée, on parvint à égaliser la marche des petites horloges. Plus tard . un habile horloger, nommé Gruet, inventa les chaînes en acier, qui remplacèrent avantageusement les cordes de boyaux, celles-ci ayant le grave inconvénient de se resserrer par la sécheresse et de se détendre par rimmidité.

L'usage des montres se propagea rapidement en France et en Europe. Sous les règnes des Valois, il s'en fabriquait d'extrêmement petites : les formes, que les artistes adoptaient de préférence, étaient celles du gland, de l'amande, de la coquille, de la croix latine, de la croix de Malte. On en faisait aussi de carrées, d'oblongues, d'octogones, etc. ; la plupart artistement gravées, damasquinées, émaillées; les cadrans étaient en cuivre doré oueuaigent ciselé. L'aiguille qui marquait l'heure était presque toujours d'un travail admirable et d une rare délicatesse; (juelquefois cette aiguille fut enrichie de pierres fines, incrustée d'émail. Queltiues-unes de ces montres, par un mécanisme merveilleux, . faisaient mouvoir des figures symboliques ou religieuses : c'étaient le Temps, Apollon, Diane, ou bien la Vierge, les douze Apôtres, etc. Vers le milieu du seizième siècle, il y avait à Paris, et dans les principales villes des provinces, une quantité assez considél'able d'horlogers, pour que l'on songeât à les réunir en communauté. Les statuts de cette comnnmauté ayant été décrétés, au commencement du règne de Fi-ançois I", nous donnerons une analyse sommaire de leurs principales dispositions.

Ces statuts ne permettaient à aucun individu de négocier, dii-ectement ou indirectement, aucunes marchandises d'Horlogerie, vieilles ou neuves, achevées ou non, s'il 11" avait été reçu maîlre horloger à Paris.

Pour parvenir à la maîtrise, l'aspirant devait prouver qu'il avait fait huit ans d'apprentissage, et qu'il connaissait l'art de l'horloger en théorie comme en pratique. Il était tenu de faire un chef-d'œuvre dans la maison et sous les yeux d'un des gardes visiteurs de la corpoiation.

11 élait défendu ;i tout maître horloger de prendre un second apprenti, avant que le premier eût fait les sept premières années de son apprentissage.

Chaque année , après la fête de Saint-Éloi , la conununauté des horlogers nommait ses |inid'hommes, ses syndics et ses gardes visiteurs. Les premiers étaient les dispensateurs de la justice entre les maîtres, les ouvriers et les apprentis; ils veillaient au maintien des prérogatives de la société, etc. Ils étaient aussi agents comptables, et conune tels, ils

LE \10VEN AGE ET LA RENAISSANCE-

Horlogerie

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