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LE MOYEN-AGE ET LA RENAISSANCt,
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àc. la CoUeciion de M'' Sauvageol, é l'u on de M M De Bruge et Labarle.à P !•
KT LA RENAISSANCE
faisaient les recettes et les dépenses nécessaires pour les besoins de la corporation. Quant aux gardes visiteurs, institués pour veillera la bonne confection des pièces d'Horlogerie, ils avaient le droit de pénélrer, à loule heure du jour ou de la nuil, dans les ateliers des horlogers, et de se faire présenter les montres et les horloges en cours d'exécution ou tout à fait terminées, de les saisir s'il ne les jugeaient pas faites suivant les i>riu(i[)es de l'art, de les briser, au besoin; le lout sans préjudice d'une amende assez forle au prolll de la conmmnaulé.
Ces statuts, que l'on peut lire en entier dans les ordonnances rendues par François I«■^ en lo'ti. n'étaient préjudiciables qu'à l'ignorance et h la mauvaise fui: ils servaient de frein au charlatanisme et à la cupidité.
Sous l'empire de ces sages inslilulions, prolectrices du travail, les maîtres hoi'logers (In seizième siècle n'avaient pas h redouter la concurrence des personnes étraiigi'ics à la corporation. S'ils se préoccupaient de la supériorité artistique de quelques-uns de leurs conlrères, c'était dans le but tout moral de leui- disputer les premières places, et de les devancer dans la carrière qu'ils avaient à parcourir. Cette énuilalion était on ne peut plus favorable aux développements de l'Horlogerie. Le ti-avail du joiu'. supérieur à celui de la veille, était surpassé par celui du lendemain. Ce fut par ce coucom-s incessant de l'intelligence et du savoir, par cette rivalité légitime el fortilianle de tous les membres de la même (imiille industrielle, que la science elle-même atteignit peu à peu l'apogée du bien et le sublime du beau. L"aud)ition des ouvriers était d'arrivei' il la maîtrise: et ils atteignaient ce but avec fa( ililé lorsqu'ils étaient laborieux et capables. L'ambition des maîtres était de se faire un nom res|)ectable par leur piobilé commerciale et |iar la boime conlection de leurs ouvrages: c"(''tait lii ce (pii les conduisait aux homieurs du syndical, cette magistrature consulaire la plus honorable de toutes, car elle était le fruit de l'élection et la récompense des services rendus à l'art et à la connnunauti'.
Sous Charles IX et Henri 111. beaucoup d'horlogers , en Fr:iii((> cl dans (piehpies autres parties de l'Europe, acquirent une rc-pulaliou juslemml mt-iitée. La plupart de ces artistes devaient poss('der de grandes connaissances scientiliipics; il fallait cjuils connussent les mallicmati(pies, la chimie, l'astronomie, la g(''om(''lrie cl la mccanicpie. (hi voit, dans le Trésor impérial de Viemie, dans la KunlLummer île lierliu, au (ii iinrfirirœfbi' de Dresde, à l'Escurial, en Esj)agne, à Floicnce, ii Uruxelles, à llriiges et ;i (laml. dans didérentes villes de l'Angleterre et de la Fiance, enlin ii i'aris. dans les riches collections de .M.M. Labaile el Sauvageot. des horloges portatives (pii ac cnscnl un savoir «'minent et une piodigieiise liabiletc'. de la paît de leurs auteurs. (Juehpies-uiies de ces petites horloges sont dime complication telle, (pie. même en ce sii'cle de lumières et de progrès, peu d horlogers seraient capables de lis exi'-i nier. Elles marquaieni . outre les lieiii'es, le (pianlième du mois, les jours de l.i ^eiii;iiiie. les ph.'ises de l:i lune. Ii' Icvn- et le c oudier du soleil, les signes du zoiliaque, etc., etc.: elles ,sout. eu outre, a sonnerie et ;i ri'veille-maliu. (^)uaul à la foiiiie de ces |)e|iles horloges, quant ;iu\ ornemeuls dont ou
Ij: MOYEN AGE
Il'S ilci uiail, ils étaient dune exquise beauté: et l'on dirait, à les considérer aujourd laii que tous les ouvriers de cette grande époque furent des Benvenuto Cellini.
On a recueilli un grand nonibie de noms d'horlogers du seizième siècle; nous nous bornerons à mentionner les plus célèbres ; ce sont : Daniel Van (Amsterdam) ; Conrad , Kroizer (Nuremberg; Antoine (Padoue); Jen Yentrossi (Florence): Mvrmécides fils. Duboulc, Pierre Portier, Gervais. Delorme. Etienne Maillard, Le Noir, Jolly. Binet. François, Mallart, Roger, Sennebier (Paris); Jan Jacobs (Haerlem); Yerner, auteur d'un ouvrage sui- l'Horlogerie en i 544 (Augsbourg) ; Jacques Duduict (Blois) ; Legrand (Rouen) ; Rouhier (Dijon); Anson. Adams, Greenill. Petterson (Londres); Weiz, Aller, Sache. Bescbedt (Bruges), etc. Tous ces noms et beaucoup d'antres ne s'oublieront plus; ils sont gi'avés sur le cuivre et l'or; ils brillent sur quelques-unes des œuvres qui les immortalisent et que l'on conserve précieusement dans les musées et dans les collections.
Les grosses horloges, au seizième siècle, n'étaient pas moins belles ni moins conq)liquées que les petites : on cite celle que Henri II fit construire pour son château d'Anet. en 1330 : chaque fois que l'aiguille allait marquer l'heure, un cerf aux abois, sortant de l'intérieur de l'horloge, s'élançait poursuivi par une meute de chiens; l)ientôt la meute et le cerf s'arrêtaient : et celui-ci. par un mécanisme des plus ingénieux, sonnait l'heure avec un de ses pieds.
On ne connaît pas l'auteur de la célèbre Horloge de Jean d'Iéna, mais on sait qu'elle fut construite vers le milieu du seizième siècle; elle existe encore aujourd'hui. Au-dessus de son cadran est une tète en bronze, dune laideur remarquable, dont la bouche s'ouvre, dès que l'heure va soinier ; alors une statue, représentant un vieux pèlerin, lui pré- . sente une pomme d'or attachée au bout d'une baguette; mais au moment où la pomme est sur le point d'être avalée, le pèlerin la retire précipitamment : ainsi le pauvre Jlans de Jena (Jean d'Iéna). comme on l'appelle , est condamné, depuis trois siècles, au son de Tantale. A gauche de cette tète est un ange chantant (ce sont les armes delà ville) : il tient un livre d'une main, et le lève vers ses yeux, à chacjue fois que f heure sonne; de l'autre main, il agile une clochette. Celte Horloge, qu'on appelle connnunémenl « la tète monstrueuse » ou llans von Jéna, est souvent citée parles écrivains allemands, lesquels piétendent que la figure qui en fait le principal ornement représente les tiails (fun bouffon du prince Ernest, électeur de Saxe.
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Horloge i\v Jcati d'Iéna seizième «iècte).
Horlogerie,
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