‹ Le moyen äge et la renaissance, histoire et description des moeurs et usages, du commerce et de l'industrie, des sciences, des arts, des littératures et des beaux-arts en Europe. Direction littéraire de Paul Lacroix, direction artistiques de Ferdinand Séré. Dessins fac-similé (volume 3)Chapitre 8 sur 68 · NICOLAS FLAMEL,£T PER RENELLE SA FEMME · texte numérisé non relu

NICOLAS FLAMEL,£T PER RENELLE SA FEMME

NlfotiS Fl.»WBL cl l'i-n-ïCi-LK. *\ femme, peinture \ rrel<|iie , jadi. au Cliarnier «le* InnocenU.

.Soionoes et Art:

CHIMIE, ALCHIMIE Fol. XI.

Li: MOYEN AGE

Galënislcs. Il lit plus encore : il découvrit, en Chimie, quelques vérités importantes, et pi'épara la roule brillante où Sala devait incessamment marcher. D'un autre côté, plusieurs Galénistes éludièrenl, sans idée préconçue, le système de Paracelse. Gunthier d'Andcrnacli. malgré ses soixante-dix ans, ne craignit pas de se remetti-e ;i l'école, de revenir sur un passé tout entier, el de recommander certains moyens spagyriques. Gunthier, les deux Zwinger de Bâle (Théodore et Jacques); Michel Doering de Breslau, professeur à Giessen ; l'alchimiste lorrain Guiberl, qui avait été Paracelsiste enthousiaste, furent les maîtres d'ime nouvelle et salutaire école qu'on pourrait appeler l'école des conciliateurs.

En France, les bonnes intentions de ces chimistes éclectiques furent étouffées par les prétentions aveugles des Paracelsistes exclusifs, et par la résistance opiniâtre de la Faculté de Paris. Un arrêt ridicule avait autrefois condamné l'antimoine, interdit les remèdes spagyriques comme poison : relevant cet arrêt de la désuétude où il était tombé, le fougueux Riolan recommença la guerre; et ce fut au milieu des pamphlets, des hyperboles de la passion, du scandale des écoles; ce fut sous l'expression amère de iiaines irréconciliables, que la Chimie et ses produits, appliqués aux besoins du corps humain, se fiayèrenl une route h travers le dix-septième siècle. Rodolphe Goclenius, professeur de Chimie h Marbourg; le Mecclembourgeois Ange Sala, disciple chéri de Lil)avius ; le Wirtembergeois Daniel Sennert; l'illustre Belge Van-Helmont , tous nés dans la même décade, entre 1568 et 1577, furent les plus célèbres propagandistes de la Chémialrie, contre laquelle s'insurgeait le spiritualisme extravagant des Rose-Croix.

Les deux autres branches de la science, la Mélaliurgie et la Chimie technique, marchèrent avec beaucoup moins d'entraves. C'était à qui les protégerait, des gouvernements, des administrations urbaines et des princes. Venise, si profondément hostile aux chimistes-psychologues, favorisa les chimistes-praticiens, les chimistes-ouvriers. Il en fut de même de tous les Étals commerçants. On vit les métallurgistes et les techniciens, appuyés sur le grand mol)ile du progrès, sur l'intérêt, construire deshauts-fournaux, des fonderies, obtenir des privilèges pour d'importantes exploitations, el modilier, en peu d'années, ciuantilé d'habitudes sociales. Les savants les plus illustres s'occupèrent de Chimie métallurgique. Ïycho-Brahé, si connu comme astronome, ne mérite pas moins de l'être conmie chimisle. Souvent il s'enfermait dans un laboratoire avec l'empereur Rodolphe II, et ce monarque dépensait, en expérimentations, des sommes très-considérables. Le célèbre chancelier Bacon, nommé à juste titre, le père de la physique expérimentale, s'occupait également de Chimie dont il adopta même quelques rèvci'ies indignes d'un esprit aussi distingué.

Non moins heureuse que la Chimie métallurgique, la Chimie technique renconti-a, dès son début, un homme de génie, Bernard Palissy, à la fois géomètre, minéralogiste, agriculteur, peintre, fabricant d'émaux, dessinateur el mouleur, qui f éleva, en peu d'années, à la hauteur d'un art déjà perfectionné. Nous envions à l'Allemagne savante la gloire d'avoir produit Agricola, d'avoir enfanté, rectifié la ("liimie dans ses opérations les plus

ET LA REr^iAISSANCE.

utiles; mais nulle pari la Renaissance ne se ferait honneui' diin arlisle aussi complet, (l'un ouvrier aussi habile que Palissy.

Je n'ay point eu, dil-il, d'autre livre que le ciel et la tcr?r, lequel est connu de tous , et est donné à tous de connoistre et lire ce beau livre. Il se forma lui-nicme. Peintre d'abord, il abandonna, pour voyager, le foyer doniesti(jue ; il parcourut la France, la Lorraine, l'Alsace jusqu'au Rhin , interrogea les gens instruits, apprit des alcliiniistes tout ce qu'ils savaient de physique et de Chimie, et reconnut, au fond des antres vulcaniens de l'Allemagne, les impostures des ouvrieis du grand-œuvre. Démêlant le vrai du faux, celte initiation, loin d'éblouir Palissy, éclaira son intelligence, et ne le rendit que plus réservé dans ses recherches. Il y a des secrets si fort cachez et inconneus en toutes natures, écrivait-il, que de tout jilus un homme sera sçavant en philosophie, du tant plus il craindra les hazards qui surviennent ordinairement en toutes entreprises fusibles, métaliques et vulcanistes. Api-ès dix années de pérégrinations pénibles, Palissy, revenu chez lui, avec la conscience de son génie, fit des essais de Chimie appliquée et se ruina. Mais, d'inestimables produits étaient sortis de ses fourneaux ; il avait reçu le hiv\el tVinrenteur des 7'usiiques figuHnes du roij, et un avenir de bonheur et de gloire venait de s'ouvrir devant lui. Palissy professa dans Paris la Chimie technique avec le plus grand éclat. De sa chaire i)artit un rayonnement d idées originales et fécondes, auxquelles, sous certains lapports, nos savants modernes n'ont rien ajouté. Il s'élevait avec force contre la prétention de renfermer les esprits ou gaz dans l'argile, de rendre l'or potable, et de faire absorber un métal sans dissolution préalable. Ce qu'il disait de l'usage des sels en agriculture, en teinture, pour la préparation des cuirs, pourcelle des armes ou des objets de luxe. |)Our les embaumenienls. s'est confirmé par l'expérience de trois siècles. Relativement à la fabrication des couleurs minérales et des couleurs végétales, il avait créé une théorie complète, marquée au coin de la raison la plus saine; et loi'squ'il reconnaît les couches successives du globe, arrivées à la suite de plusieurs déluges; lorsqu'il avance que les pierres n'ont point iVâme végétale, mais qu'elles peuvent 'augmenter d'une lunuïeve congélulive, c'est à-dire, par le système d'aggrégalion. ne surprend-il pas à la nature la révélation des deux lois générales sur lescjuelles reposent la géologie et la minéralogie ?

ÉMiLF. RKGIN,

D« la Socicté n^lionalo da Anliqu.iire! 1I4 France.

Nota. Lei iravaui cl lei a.-cou»ert<i de la Cliimie loiii iciiemrn! K/-) A cent 1 ççHq Apol. dans soii Discours des admiraUes vertus de l\

lie rAlfliiinie iii*qu'.'i U 1m «lu X'Vle si^ctn, niic nous jnum» dû confondri; U .11/1 i» i» ^ n-u • o\

JI,l,l„.t;ri,,h.eJe.do,ii,r„„oi-,, q„i«coi,fund.;cnl.i.«u.cnUlo,.ctqu, ,,roc,- I POlabll- (Ljmi, 1 . Koussin, 1.) /8 in-8) . ^ ^

daient l'iiiic do r>iulre. Nom rriiToyons aiii C«lal<i)Eiief, )i<>iir la pltijiurl dci oti- "

vragc. d'Alcliimio jiruprcmeni dite, (|iii: le XVle >iùctc avail tant inHllipliiia.

Olaii Ddriiiciiii, Dissertutio de ortu et progrcssu Ctietniac. Ilafnin-, \tW,H, iii-i.

I'. lIoKKKii. Histoire (le In Cliiinie. Paris, 18iô,2 vol. in-8.

(l-KNr,t.[;T Di CBKSNdV.) Histoire de lu l'iiilosopliie licniiéliquc, accuiii|). d'un (lalnl. raisonné des écriv.iiiis du cette science. Paris, 1712, "< vol. in-12.

Ali-x. ni; la Toihhete. AiHiln^ie de bi très-utile science d'Alchimie, tint contre ceux i|ui l.i lilasiiienl c|u'aiissi contre les faussaires, larrons et trompeurs, i|ui en abusent. Voy.

JacqueïGuliiirry n publlL- : Itttc. reâpontif àeetui d'AtfX. de ta Tourrtt' iur lr§ ttcreit de l'Art thînîiqu» (Par , J. de l'Astre, 1579, in-8J.

Jos. QuEBCKTAMApologia proCIdniicis. tujrd., lîi?.'^), in 8.

La querelle desrhiiiiiïle. et dc> aU-lninisleA, de« spa^vrislel et de. inrdeeiiit a proiliijl une fiinlt: il'npuirulc» : ter. Harveti defentto Chfjmia >idvereun >4 pologiafn, ctr. lP.tr., 1604, in-S'; Animadv, m J. Antarvett Apotojiam pro jiidicio fcotv Parit. de ^rch^mid (Francnf,, 1604, in-S],

Fil. Haiuihtt. I.ives nf lliealcliemystical pliilosopliers, «itli a catalogue of tlie inost celelirated trealises «n llie liermetic art. l.ondon, \W,\, in-8.

VoT. aiiSKi V Apotng. pour trt grand* titmmee enupfonntt dtmagte, par

Cilir, N.tndi-, .iintenl réiiniir., et l'Hlsl. ilo la Folia liuniainc, en allein. , par Moeliicn (Otrlin, 1783, in-4).

xn

Alberti Maoxi Mineralium libri V. Impressum Patavii< per P. Pelrum Matifer, 1470, in-fol. goth.

SoiiTcnt ri'impr., coinmeiilé ellraduil. Voy. aussi, du même auteur: Liber teerilorum de virtteti'iut herbarum, lapidum et anima'ium, encore plus luuvest reimpr, cl trad. au I5eel 16"-* siècles.

ViNCENTii Bellovacexsis Speculuiii naturale. Argentinœ, Joannes Menlelin, 1473, in-fol. à 2 col.

Plusieurs fois réimpr.. dans les èdit. du Spsculum quadruplex. Celte Ire partie de l'ouvrage n'a jamais «te traduite en français.

Uaïmuxdi Lri.Li Opéra omiiia, ediJ. Yvo Salzinger. Mogunliœ, 1722-i2, 10 vol. in-fol.

La plupart des opuscules que renferme cette colleilion onlété publ. séparément et rcimpr, plusieurs fois au 16e siècle. I! y a aussi une foule de traductions, de clés, de paraphrases, de commentaires dans toutes les langues. La moitié des écrits attribués à Raymond Lulle ne lui appartiennent pas^

Arnaldi de Villanova Opéra (edid. Th. Marcliius). Lug- (luni, loOt, in-f<il.

Plusieurs fois réimpr. avec des add. et des commentaires par Svmph (^hampicr, Ilic. ï.inrellus, etc.

Roc. BACONisOpus majus; nunc primura edid. Sam. Jebb. Londini, 1753 in-fol.

Plusieurs fois réimpr, Jacq. Girard de Tournus en a traduit une partie sous ce titre : te Miroir d'Al'tuitrtie de Rogier Bacon, trad. par un Gentilliumme du Dauphinè (/,i/on, Jfdce Boniiomme, 1557, in-S).j

Nie. Fi.AMEL. Le grand esclaircissement de la Pierre philosopliale par la Iransinutation de tous les métaux, mis au jour a\ec une préface, par Pierre Beraud. Paris, 1G28, in 8.

Ce n'est pas le seul Traité cliimiquâ attribué à Flamel, qui était mort depuis plus de soixante ans, quand celui-ci a été écrit.

Artis Cliemica" principes, .\vicexxa atque Gebeh, quorum alter nunquam in lucem prodit.... Basilew, 1572, in-8. Geberi Liber qui Flos naturarum vocatur. S. n.,1473, in-4.

Il y a plus de 50 ouvra;:es lat., ilal., franc,, etc , qui ne sont que des traductions, des paraphrases, des commentaires du Livre de Geber,

Hier, Caudaxi Opéra oinnia, cura Car. Spouii. Lugduni, 1665, 10 vol. in-fol.

Il existe une foule d'éditions des Traités relatifs .i la Chimie. Rich. Leblanc a trad. tee Livres d'Hier, Cardanus, de ta subtilité et subtiles inventions ^Par., 1556, in-4).

Gextilis Fulginas (de Foligno). Quesliones sublimissimae in Artem parvam Galeni. Venetiis, 1526, in-fol.

Voy. aussi son Traite de dosi'jus et proportionibus medicainentorum.

Hexb. Corx. Agrippée, in artem LuUiam commentaria. Salingiaci, lo38, in-8.

Voy. aussi ses Opéra [Lugd,, per Beringos fratret, s. d., 5 vol, in-8). Son Traite de Occulta philoBophia, publ. d'abord .à .\nîer5 en 1551 , a été trad. en franc, par A. Levasseur [La Haye, 1727 , 2 vol. in-8, fis.).

F. Claudii C.elestini Opiisculum, de his qurp mundo rairabililer evcniuni, de mirabili putestate artis et natur;e, edente Orontio Finau). Parisiis, 1312, in-4.

.\\R. Piiii,. Theopu. Paracei.si Bombast Opéra raedicorliemico-rhirurgica. Genevœ, 1038, 3 toni. in-fol.

Sesoiivrai.vsallem. ont été publ. par J. Huser. a Bâle. /5S9, 11 vol. in-4. On ferait une bibliothèque entière des édit. séparées de Ions les écrits de Paraccise, de leurs traductions, imitations, commentaires, etc,

Geobg, Agbicola, De re metallica libri XII; ejusdem de animantibus subterraneis liber. Basileœ, 1353, in-fol., fig.

Plusieurs fois réimpr.

Gi;iLL. Gbataroli Opéra. Lugduni, 1338, in-8.

L'auteur a publié, en outre, nombre de Traites de Chimie et Alchimie,

MoRiENi. Romani, iletransfiguralionc metallorum et occulta

antiq. pbilnsopliornm medicina, Parisiis, GuiUard, 1531), in-4.

J, B, Porta. Magia; naturalis libri XX. Neap,, 1.389, in-fol.

Souvent rèimp. La Ire édil., 1558, in-fol, ne contient que 4 livres, qui ont été traduits par un anonyme, que l'on croit être Jean Martin (Lyon, 3, hiartin, 1565, in-8), et dont il existe plusieurs éditions françaises,

Vov. aussi le Traité de dislit/adonibus, réimpr. jusqu'au XVUe siècle.

Jac. Cl ridxis Hermotimus. hasileœ, 1570. in-4. G.DoRX. l'Iiilosophi.TRmagn.e colleclanea. lias., 1580. in-8.

Les premières éditions jonl intitulées: CAimiiticiim artificium naturm ttieoTieum et pruclieum. Trad. sous ce litre : la «onarehie du Ternaire en union contre ta monarchie du Binaire en confusion, 1577, in-?.

n. Zacaire. Opuscule Ircs-excellcnt de la vraie philosophie desmélaux. Lyon, 1574, in-8.

Jac. Auberti Vindoxis, de metallorum ortu et causi.'i contra Chemislas brevis evplicatio. Lugduni, 1574, in-8. Basil. Valentixi Sammtliclte. Hamburgi, 1740, iii-8.

il y a deux Iraductions françaises, l'une de Jean lsr.iel, sous ce titre : Révélations des teintures essentielles des sept métaux et de leurs vertus mèdicinahs (Par.. 1646, in-4), et l'autre anonyme, de D. Lijneau, sous ce litre : Les douze Clefs de frère Basile Valentin , traictanl de la vraye médecine métat!i<iue (Par,. 1659, 5 part, in-8, flg.).

A.. LiEAViiEpistolaeChymica;. Franco/'., 1595-99, 3 vol. in-8.

Jeax Begcin. Les éléments de Chimie, augm. par Jean Lucas le Roy. Paris, 1028, in-8.

La Ire édition est antérieure a 16O0 ; cet ouvrage, trad. en lai., a été réimpr. fort souvent dans les premières années du XS'U' siècle.

Pet. Boxi Lombardi Introductio in artem Chemia?. Montisbeligarrii, 1602, in-8.

OswALDi Crollii Basilica Chvmica, contin. philosophicam propria laborum experientia confirmatara descriptionem et usum remedioruin chymicorum. Francofurti, 1608, in-4.

Réimpr. avec additions, par J. Hartmann . Jos. Michael, etc,

Phil, Mcllebi Miracula et mystérii Chimico-medica, libris Venucleata ; edil. secunda. Francof., 1614, in-12.

On compte par milliers les ouvrages en toutes langues, qui traitant de la médecine chimique ou philosophie spagyrique. Vov. les Calai, des bibl. de Falconnet (1740), Bureile (1748)), Buchoi (1778 et 1781), Baron (17S8) .

RoB, Flidd Opéra metaphysica et technica. Oppenheimii, J. Th. de Hry, 1617, 2 vol. in-fol., fig.

JoH. Freixd. Pr.t'Iecliones ChymiciP, in quibus operationes chymicie ad vera principia et nalurœ leges rediguntur. Amst,, 1618, in-8.

René de la Chastre. Le prototvpe de l'Art Chimique. Paris, 1620, in-8.

Voy. un Traité, par de la Chambre, intilulé : le Prototype parfait on exemplaire de l'Art Chymique {Pat., 1635, iii-S). Les chimistes, qui onl écrit en fraoç. avant 1650, sont de Claves, L. U. Arnaud, J. Hellol, etc.

Tlieatrum Chemicum, pr,Tcipuos sélect, auctnpum Iraclalus de Chemia et Lapide phllosophica coiilitiens. (Laz. Zetznerus colleg.) Argentoralij 10o9, 6 vol in-8, li^.

Ce recueil contient les Traités d'Is. et J. Hollandus, d'AI. Sidonlus, de Micli. Sendivo^uis, etc., et quantité d'autres, dont il lixiste des édit. séparées; ainsi que tonte la colleclion : De Alchymia opuscula complura veteru7n philoêophorum [Francof., 155U, 10 p.irt. en 1 vol. in-4),

Jac. Mangeti Bibliotîieca Chemica curiosa seu rerura ad Alchemiam perlineiitium. Genevœ , 1702,2 vol. in-fol., fi^.

Ce rccHcil contient tous \c^ Traités, di'jà réuziis par Nallian Albineuî, Bibliotheca Chêmtca contracta (Gen., 1675, in-8j, par Sal. Schadewik {Tractatua aliquot singularea aummum philoiophornm arcanum continentes (Geismaria?, 1647, in-12 1,

Bibliothèque des philosophes Chimiques et Alchimiques (recueill. par Guill. Salmon), édit. augm. par J. M. de R. (Mangiti de Richebourg). Paris. l7-41-5i-, -4 vol. in-IS, fig.

Lt Ire odit.. 1672, est en t vol. La plupart des Traite? que renferme cette collection avaient déjà paru; quelques-uns sont Irad. par Tcditeur.

Bibliotheca Gheniica Rothscholtziana. Nwnherg^ 1727- 55, 5 pari. in-ï2.

GiGL. JoiiNsOM Le\lcon Chymicum, cinn oliscuriorum verborum et ferum herineticaruni , tuni phrasium paracelsicarum, planam explicationem continens. Londini^ 1657, in-8.

Vov. aussi le Dict. hermétique, par un Amateur de la science (Par., 1695, in-li). qui n'est autre qtie le médecin Guill. Salmon, et le Did. mytho-herméttque, par Ant. Jo^- Pernetli [l'ar., 175^, in-8). Le plus ancien vocabulaire Chimique est celui de Mart. RuUnd (Pji., 1612, in-4 .

P. BoRELLi Bibliotheca Chimica seu catalogus librorum philosoplioium hernieticorum. Pa7'isiis, 1054, in-12.

Ln première Bibliographie cliimiqtie, qui ail été publiée, doit être celle de Guill. Grataroli [Basjlrce, 1561, in-fol.].

Vov, surtout le Catalogue raisonné qui forme le 5e vol. de VHitt. de la Philos, hêrmèliqtte, par Lcn;:let Dnfre^noy.

J. J. ScHEUcnzER, Bibliotheca scriptorum hisloriae naturali inservientium. Tiguri., I7IC, in-12.

Fred. RoTHScnOLTzii Bibliotheca Chimica, oder catalogus von chymischcrenbuchern. Nvrimb.,, 1725-28, i part. in-8.

Les anciens Catalogues de livres contiennent toujours une grande quantité d'ouvrages sur la Chimie et l'Alchimie : les plus riches en ce genre sont ceux de Falconnet, Baron, Lavallière, d'Estrées, et surtout Aléon, etc.

(!lf)JlUtE©Ja;

NE hisloiie de l;i CJiiiiirgio . au Moven Age . csl eiRore ii faire .

parce qu'en reclierehanl le fil des ehoses ou lia eoiisult(' que les livres, sans songer aux inslitulioiis: parce qu'en se préoccupant du savaiil . de l'écrivain, de l'arliste. on a négligé riKinune. l'iioniine exposé aux oscillalions perjM'luelles d'une société cliangeanle et progressive.

Dans le Moyen Age. oii toutes les créalions humaines se revêtaient des formes f\ de la poésie et de 1 art : oii l'association fécondait lidi'c des (pic ri<lcç sui'gissait grande, d'autres voies (pie les voies actuelles denieuraieiit ouvertes ii riulelligeiue. C'étaient des voies traditionnelles du père h ses fils, du maître à ses élèves, voies patriarcales, le long desquelles travailleursanciens. liavailleuis nouveaux, marc liaieul confondus. Les procédés opératoires, les secrets du métiei'. s'y conservaient par transmissiini. soit orale, soil

Sïlencec et Ans.

CHIRURGIE. Fol. I.

LE MOYKN AGI-

ociilaiio. Fort pou de gens spéciaux composaient des trailés. Un fait semblait-il acquis à la science, une œuvre merveilleuse à Ihumanité; l'œuvre, le fait ne périssait pas. mais le nom de rinvi-nleiir Iravcrsail ignon^ l'océan des âges, si quelque ami ne l'inscrivait pas sur la pierre d'un tonibeau. Epoque remarquable où l'homme isolé n'était conqit*' pour rien ; où l'associalion avait seule la puissance de naîli-e. de grandir et de durei': où la vie d'une nation ne se mesurait point à la taille de certains individus, mais à la majesté silencieuse de ses monuments!...

Lorsqu'on Europe l'organisation municipale se fut consolidée sur les ruines du vaste empire de (Iharlomagno: lorsque l'esprit d'indépendance et d'isolement provincial eut a|)pol(' les laïques au partage des fonctions civiles , au privilège de se gouverner euxmètiios, l'art secoua ses chaînes, et. franchissant les nnnailles des cloîtres, il alla s implauler victorieux au sein des populations récemment émancipées. Dès lors commença ime longue lutte d'intérêt et d'amour-propre entre les laïques et les moines. Ces derniers comprirent que la confiance aux guérisons miraculeuses opérées par les reliques allait diminuer; (ju'il faudrait souvent aider au miracle pour que le miracle se fil. et que le meilleur moyen d'assurer leur iniluonce serait encore de l'établir par la pialiqne de la médecine et de la Chirurgie. Aussi, voyons-nous recommander aux moines la lecture do Oise; aussi, malgré les bulles papales de Benoît IX et d'Urbain H, qui défendaient aux prêtres de voyager . quantité d'ecclésiastiques quittent-ils la solitude du cloître pour remédier aux maux physiques de l'humanité souffrante : telsThuddeg. médecin de Boleslas, roi de Bohême; Hugues, abbé de Saint-Denis et médecin à la cour de France; Didon, abbé de Sens; Sigoald, alibé d'Épernay; Jean de Bavenne. abbé do Dijon; Milon. archevêque de Bénévont; Dominique, abbc» de Pescara; CanqM). moine du couvont de Farfa, en Italie, etc.

Tous exerçaient simultanément, dans certaines limites, la médecine et la Chirurgie; assistant aux grandes opérations qu'ils conseillaient plutôt qu'ils ne les pratiquaient eux-mêmes, se réservant les incisions simples, les réductions de luxations et de fractures, les pansements des grands coups do lance ou d'épée. A leur suite fonctionnaient des frères hos[)ilaliors et des sœurs hospitalières, auxquels la petite Chirurgie était connue. Il y avait aussi des matrones initiées h certains procédés opératoires qu'un sentinioni de réserve interdisait aux hommes. Nulle part ne paraît un accoucheur. Bien plus, tout conlirme l'idée que l'opération césarienne, prescrite par l'Église connue elle l'avait été par l't'dit royal attribué àNuma Ponqiilius, fut exclusivement confiée aux matrones, sous la présidence d un dignitaire occlèsiasliquo chargé de baj>tisor le nouveau-né.

Les services que rendaient à l'art de gu('rir les sœurs hospitalières étaient si bien reconnus, qu'au douzième siècle l'illustre Aboilard recommandait aux nonnes du Paraclet d'étudier la Chirurgie. Inlirmières j»ar esi)rit évangélique, ces femmes pieuses ne bornaient point leur charitable oflico à l'élroito enceinte du couvent. Elles portaient des secours h domicile. Dans les cas d't''pi(léniie. alors si fré(pientes, elles rentrai(Mit au sein de la grande famille humaine, dont elles se constituai(>nt les servantes, et partageaient

i:t la ncNÂissANCK.

avec les hospilaliers do divers ordres les soins que preserivaienl les i;ens (1(^ 1 ail. Kii bien des circonslaiices, (puind les malades ou les blessés ahondaienl, ces sœurs el frères hospilaliers prenaient même la direction exclusive du trailement : circonstance fâcheuse, mais inévitable, et qui explique le zèle avec lequel la célèbre Hildegarde, abbesse du monastère de Rupertsberg. près de Biugen, sur le Rhin, préparait ses nonnes à rexercicc de la médecine el de la (-liirui"i;ie.

Lvidemmenl . du neuvième au douzième siècle, il n'y eut de limile Ici^ale ni dans l'étude, ni dans la pratique; de l'arlchiiui'gical. Devenait chirurgien qui voulait. Le succès justiliail le moyen ; l'ignorance populaire autorisait n'inqiorte quel procède'-. On^'ntité d'individus réputés chirurgiens eussent été incapables d'appliquer un a|ipareil ou de manier l'instrument tranchant. Ils recouraient aux emplâtres, au.\ onguents, aux frictions: les |)lus habiles savaient saigner, poser des ventouses, panser une plaie, remettre un uiendtre luxé. La grande Chirurgie restait dévolue aux siiécialisles qui, sortis d'abord de l'ordre du clergé, furent ;i la longue forcés d'y rentrer et d'aliandoimer leur industrie aux laïques, quand l'Église eut (h'claré les fonctions médico- chirurgicales inconciliables avec celles du sacerdoce. Cette interdiction, prononcée pour la première fois en 1 131, au synode de Reims, confirmée en 1139, 1 1()2, 1163, 1213. aux conciles de Tours el de Paris, ne s'exécuta ])Oii(Iuellement |iresque nulle part. L'i glise eut beau réitérer ses défenses, fulminer ses décrois, l'aj)pàl de loi' rendait accessibles aux malados i)eaucoup de maisons religieuses où, depuis un temps imuK'morial, IbnuLinite'' venait chercher les secours de l'art; el pendant deux siècles encore, des moines thérapeutes, (ju'excitait l'espoir d'énoi'mes piofits, continuèrent de voyager à travers l'Kui'ope.

Quand s'eiïeclua la péiégrination armée des croisades, mouvement sublime ou folie, entre l'Occidenl et l'Orient, ce fuient des moines, dos brros hospilaliers (|ui organisèrent sur la route dos croises les saintes hôtelleries du nialhour et de la soullranco. Montjiollier, Salerne, .Malle, Alexandrie, etc., apparurent alors connue autant d'oasis réservées aux malades ainsi qu'aux blessés; l'ancienne réputation du monastère de Monte (lassino s'agrandil; beaucoup d'élèves y aflluèrent , et saint Benoit de Murcie, mort depuis einq siècles, continua (Topé-ror les malarlos pendant leur sonunoil. Que pouvaient les d(''( lets des conciles, les bulles dos papes, contre un saint qui s'(i|iiniâlrait ainsi ii opérer sans douleiu' les plus grands personnages; <pii, par exonipli'. vous laillail ronqiereiir Henri. surpris, a son r<îveil. de leiiir dans la main la pierre (pi il croyait encore au Inud de sa vessie".'... Le dix-liuilieuie sit-clo, n'admettant un miracle (pi Cn jilciii midi, devaul lAi ad<''mie des Sciences assemblée, eût taxé d'imposture les ic( ilsdu légendaire: le dix-neuvi('me sii'clo. (('inoin dos [irodiges oblenus par l'e-tlK-risalion . \k\v le iiiagnclisuie. sérail peut-être moins exchisii.

On se demande s'il existait au .Moyen Age une Chiruigie militaire pioprenicnl diie. «i dans ipiellos conditions foncliomiail cette Chirurgie. L'histoire n'en l.iil aucune nieuiidu avant le rpialorzièmc si('cle; mais il arrive aux ( broni(pu'urs les |ilus anciens de citer l;ml('it un moine, tanli'it un clerc, voiic mémo (piohpie occlésiasti(|uo ('minent, «p.ii accom-

Page 1