‹ Le Moyen Âge et la Renaissance (volume 2)Chapitre 56 sur 74 · LOIS DU PORTUGAL · texte numérisé non relu

LOIS DU PORTUGAL

Quinto livro. Titulo xxxn. — Dos alcovileiros e dos que em suas casas consentem a mulheres fazerô mal de sens corpos.

Qualquer pessoa , assi bomena , quomo mulher, que alcovitar mulher casada, ou consentir que em sua casa faça maldade de seu corpo, môrra por ello, e perça todos seus beês. E se alcovitar algûa freira professa que sté em mosteiro, ou consentir que a freira em sua casa faça mal de seu corpo, seja açoutada e degradada para sempre para o Brasil et perça seus beês.

1. E se alcovitar algûa moça virgem ou viuva honesta de boa fama ou consentir que em sua casa faça mal de seu corpo, seja açoutada e degradada para sempre fora da villa e termo e perça seus beês. E qualquer que polo dito maleficio for a primeira vez accusada , e em a dita pena condenada, si despois commetter outro qualquer maleficio da sobre dita qualidade d’alcovitaria , sendo por ello segunda vez accusada, e lhe for provado, sera degradada para sempre para o Brasil et perdera seus beês.

2. E a pessoa que alcovitar filha ou irmaâ da quelle ou da quella cô que viver ou de que for pauiaguado ou de que recebeo bemfazer , ou consentir que em sua casa faça mal de seu corpo , morra por ello, e perça seus beês. E se alcovitar alguâ sua parenta ou affim denfo de quarto grâo contado segundo direito canonico , que stê guardada das portas adentro daquelle com que viver va degradada para sempre para o Brasil. E se alcovitar criada da pessoa com que assi viver, que stè guardada das portas adentro, ou moça que stê em casa do dito seu amo sob sua guarda ou deposito sera degradada dez anno para o Brasil.

PROSTITUTION

3. E O que alcovitar alguâ christaâ para Mouro, ou Judeu, ou para outro infiel, cori que em sua casa consentir que faça mal de seu corpo, morra por ello, e perça seus hei^s.

i. E qualquer pessoa que der consentiraento a sua filha , que teiiha parle corn algum hom<‘ para corn ella dormir, posto que nâo seja virgem seja açoutada corn baraço e pregaô pela \illa e degradada para sempre para o Brasil e perça seus beôs. E sendo de qualidade em que naô caibaô açoutes, bavera sômête a dita pena do Brasil.

5. E quando algûs forem condenados nos sobreditos casas em perdimenlo de be(^s,.sera ametade para quem os accusar e a outra para nossa camara.

6. E em todos os casos em que alguâ mulher for condenada por alcovitcira em alguâ das penas sobreditas, onde naô haja de morrer, ou ir degradada para o Brasil, traga sempre polaina ou euïaravia vermelha na cabeça fora de sua casa, et assi se ponha na sentença, e naô a trazendo seja degradada para sempre para o Brasil.

7. E tota a pessoa a que for provado que alcovitou aîguâs das sobreditas pessoas posto que se naô prove que a alcovitaria houve effecto pelo dito commeltimente seja degradada dez annos para 0 Brasil se ella houvera de morrer por a dita alcovitaria , se viera a elfecto. E nos outros casos em que naô houvera de morrer serâ degradada quatro annos para Africa sendo homô, et sendo mulher seis, para Castro Marim.

Titulo xxxiii. Dos riifjiaes e mulher es solteir ns.

Defendemos, que nenhûa pessoa tenha manceba teuda em mancebia de que receba bemfazer, ou ella delle. E o que o contrario fizer assi elle quomo ella sejâo açoutados publicamente pelo lugar em que isto for, e elle sera degradado para Africa, e ella para o couto de Castro Marim atê nossa merce e mais quada hum déliés pague mil reis para quem os accusar. Porem sendo elle scudeiro, ou se tratar quomo tal , seja sômête degradado para fora de villa et terme cô pregào na audiencia, e mais pague os ditos mil reis.

i . Porem se as mulheres assi culpadas neste maleficio antes de serem por elle presas, sc casarè, ou eutrarê em religiaô, se guardara em todo o que dissemos no titulo : que nenhù home cortezâo traga barregaà na Corte. [Ordanaçoes e lois de reino de Portugal recopiladas por niandado do muito alto catholico et poderoso rei dom Philippe o Prd. Lisboa, 1603, in-f'\)

TRADUCTION

Liv. v. Tit. XXXII. — Des entremetteurs et de ceux qui reçoivent dans leurs maisons des femmes pour qu elles y fassent péché de leurs corps.

Toute personne, homme ou femme, qui débauche une femme mariée ou la reçoit dans sa maison pour qu’elle s’y livre au libertinage, sera pour ce crime condamnée à mort et à la confiscation des biens. Et si elle débauche une religieuse professe qui est dans un monastère , ou consent que cette religieuse se livre au libertinage dans sa maison, elle sera fouettée, exilée à perpétuité au Brésil et ses biens seront confisqués.

1. Et si elle débauche une jeune fille vierge ou une veuve honorable et de bonne renommée, ou la reçoit dans sa maison pour qu’elle y fasse péché de son corps , elle sera fouettée et exilée à perpétuité de la ville et du pays , et ses biens seront confisqués. Et toute personne qui aura été une première fois accusée de ce crime et condamnée à ladite peine , et qui ensuite commettra

PROSTITUTION

quelque autre délit d’excitation à la débauche, ainsi qu’il a été déterminé ci-dessus, si elle est accusée pour la seconde fols et convaincue de ce fait, sera exilée à perpétuité au Brésil et ses biens seront confisqués.

2. Et toute personne qui débauche la fille ou la sœur de celle ou de celui avec lesquels elle vit, dont elle est la protégée ou dont elle a reçu quelque bien, ou qui reçoit dans sa maison cette fille ou cette sœur pour qu’elles y fassent péché de leurs corps , sera condamnée â mort ou à la confiscation de ses biens; et si elle débauche sa parente ou alliée jusqu’au quatrième degré, en comptant conformément au droit canonique , laquelle parente ou alliée habite dans la maison de la personne avec laquelle vit la coupable , que celle-ci soit exilée à perpétuité au Brésil. Et si elle débauche la servante de la personne avec laquelle elle vit également , laquelle servante loge dans la même maison, ou une jeune fille qui demeure dans la maison de ladite personne sous sa garde et dépôt, elle sera exilée pour dix années au Brésil.

3. Et celui qui débauche une chrétienne pour la livrer à un Maure ou à un juif ou à un autre infidèle, ou qui la reçoit dans sa maison pour qu’elle y fasse péché de son corps, sera condamné à mort et à la confiscation des biens.

4. Toute personne qui consentira à ce que sa fille se livre à un homme pour qu’il dorme avec elle, bien que celle-ci ne soit pas vierge, sera fouettée avec une corde, et sa condamnation sera proclamée par la ville, et elle sera en outre exilée à perpétuité au Brésil, et ses biens seront confisqués. Si elle est par sa qualité affranchie de la peine du fouet, son châtiment sera réduit à l’exil au Brésil.

5. Et lorsque les coupables auront été condamnés pour lesdits crimes à la perte des biens, le produit de la confiscation sera partagé par moitié entre ceux qui les auront accusés et notre chambre royale.

6. Dans tous les cas où quelque femme aura été condamnée pour excitation à la débauche à quelques-unes des peines susdites, qui sont au-dessous de la mort et de l’exil au Brésil, elle devra porter à perpétuité une coilTure ou ornement de tête rouge sur sa tête hors de sa maison, et il en sera fait mention dans le jugement, et si elle ne le porte pas, elle sera exilée à perpétuité au Brésil.

7. Et toute personne qui sera convaincue d’avoir voulu débaucher quelques-unes des personnes dessus dites, encore qu’il ne soit pas prouvé que ces tentatives ont eu pour effet la perpétration dudit délit, sera exilée pour dix années au Brésil, si elle deyajt encourir la mort pour ladite excitation à la débauche dans le cas où elle aurait eu son effet, Et dans les autres cas pour lesquels la loi ne prononce pas la mort, elle sera exilée pendant quatre ans en Afrique si c’est un homme, et si c’est une femme pendant six ans à Castro-Marim,

Tit. xxxiii. Des ruffians et femmes publiques.

Nous défendons qu’aucune personne garde chez elle une fille publique pour la livrer à la prostitution, et en retirer quelque bénéfice, ou lui payer à cet effet quelque salaire. Et quiconque, homme ou femme, contreviendra*à cette ordonnance, sera fouetté publiquement dans le lieu où le crime aura été commis; si c’est un homme, il sera en outre exilé en Afrique, et si c’est une femme, elle sera reléguée dans le refuge de Castro-Marim jusqu’à ce qu’ils aient obtenu notre pardon , et en outre, chacun d’eux payera mille reis à ceux qui les auront accusés. Toutefois, si

PROSTITUTION

le coupable est noble ou en a les privilèges , il sera seulement exilé hors de la ville et du pays , avec publication de cette condamnation dans le tribunal, et payera lesdits mille reis.

1. Néanmoins, si avant d’étre arrêtées, les femmes coupables des crimes susdits se marient ou entrent en religion , qu’on exécute en tout ce que nous avons dit au titre : qu’aucun homme de cour ne conduise une concubine dans le lieu de la résidence royale.

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