LA MÊME
Allez donc chez mon père Il y a de bons manteaux.
S’il est beau et présentable.
Pourquoi le refuserions-nous?
« Cette chanson ne rappelle-t-elle pas certains traits caractéristiques des noces de nos anciens Gaulois? Les deux musettiers ne sont-ils pas les deux hardes qui, dans des Chants contradictoires, défendaient, l’un la virginité de la mariée, l’autre les droits du mari? » Des chansons de mariage, aux rondes à danser, il n’y a qu’un pas. Les recueils inédits des quinzième et seizième siècles nous fournissent de précieux exemples de ces dernières. En feuilletant les albums de Marie de Bekerke, d’Hélène de Mérode, etc., on distingue quelques pièces de ce genre, d’une fraîcheur et d’une touche remarquables. Un couplet de chacune de ces rondes suffira pour en donner une idée. L’une commence ainsi :
Elle s’en va aux champs, la petite bergicre.
Sa quenouille lillant; son troupeau suyt derrière. '
Tant il la faict bon venir, la petite bergière.
Tant il la faict bon venir...
L’autre dit, sous un autre rhythme et avec un autre ton :
Nous estions trois sœurs tous d’une volonté;
Nous allismes au fond du joly boys ioucr.
Vray Dieu! qu’il est heureux, qui se garde d’aymer!...
Ces deux rondes, dont la première serait, dit-on, de Georges de Lalain, sont délicates et charmantes. En les voyant figurer dans ces manuscrits , rehaussés d’armoiries
vin