MINIATURES PL
Schullzdei. ' CHromolith. Lemercier à Pans.
Xlll® SIÈCLE.
Fac-Similé de lune des Miniatures du Psautier de SMiOuis conservé à la Bibliothèque de l'Arsenal àParis, { voir àlatable des planches ft MAUVAIS ANGES-DIABLES)
F. Séré drrexil.
(le ce Psaiilier ; niais, à partir de ce feuillet 93, on ne rencontre plus (]ue des Miniatures dont rexëcution appartient an commencement du siècle suivant: les teintes y sont mieux fondues; ce n’est plus le même système d’application pour l’or; le dessin annonce une main plus exercée ; enfin les costumes des personnages rappellent ceux de l’Italie dans les premières années du (juatorzième siècle. On doit donc attribuer ces bons ouvrages de peinture à deux artistes de siècles différents , mais ayant une commune patrie , l’Italie. Ce manuscrit est, sans contredit, un des monuments les plus précieux pour l’histoire de l’art aux douzième, treizième et (juatorzième siècles. Il faudrait analyser la plupart des sujets peints dont il est orné, jiour en faire ressortir toute l’importance; nous signalerons seulement (les sièges de ville, certaines forteresses gothiques, plusieurs intérieurs de banquiers italiens, divers instruments de musique, etc. Les grandes miniatures sont au nombre de 99, indéj^endamment des 96 médaillons. Il n’y a peut-être pas de manuscrits qui égalent celui-ci jjour la richesse, le format, la beauté et la multiplicité de ses jieintures. 11 laisse bien loin une Bible, conservée à Moulins, que l’on dit avoir figuré au concile de Constance (Voy. planche XI bis).
On doit placer, à la suite de ce Psautier, le Bréviaire de saint Louis, ou plutôt de la reine Blanche , conservé à la Bibliothèque de l’Arsenal sous le n“ 145, B. -Latin, et dont nos planches Xll et XIII rej)roduisent deux pages importantes. Ce volume, de 192 feuillets sur très beau vélin, offre une écriture gothique massive très-peu élégante; quelques lettres capitales ornées de vignettes sont cependant sagement exécutées. Une miniature remplit toute la première page ; il n’y a que quelques peintures de même grandeur dans le volume. Les autres sont, en général, des médaillons, au nombre de deux j)ar images, de moyenne dimension eu égard au format du livre : les sujets ont été tirés du texte du Bréviaire ; dans quelques ornements, on remarque des Heurs de lys; les fonds en or sont, du reste, très-beaux et admirablement appliqués. Le calendrier est orné de j^etits sujets empruntés aux saisons de l’année. On ht au folio 191 : « C’est le j)sautier monseigneur Saint Loys, lequel fu à sa mère. Charles. » La reliure, à tranche dorée et lleurdelysée, est du seizième siècle. Le caractère des Miniatures, annonce une exécution antérieureau règnede LouisIX. On croit (jue ce manuscrit a, en effet, appartenu h la mère du saint roi. Il est encore un monument de peinture et de paléographie , qui constate d’une manière plus positive l’état de l’art pendant le règne de saint Louis. C’est un admirable Psautier français et latin , qui fut réellement à l’usage de ce pieux mo-
Beaux-Aru
MINIATURES DES MANUSCRITS, Fol. V.
narqiie, ainsi que le constatent, non-seulement une rubrique en tète (lu volume, mais encore les fleurs de lys du roi , les armes de la reine Blanche de Castille, sa mère, et même peut-être aussi les pals de gueules de Marguerite de Provence, sa femme, que l’on retrouve parmi les encadrements du texte des prières. Rien n’égale la belle conservation des Miniatures de ce livre, l’éclat des couleurs, le brillant et le relief des fonds d’or. Les têtes des personnages sont |)resque microscopiques, et ne manquent pourtant ni d’expression ni de finesse. Les oi nements, composés de chimères, etc. , sont des plus gracieux ; l’architecture s’y découpe en merveilleuses dentelles; les tapis d’Orient y resplendissent frécjuemment. (Planche XIV.) Chaque peinture occuj)e toute la hauteur d’un feuillet : les sujets sont tirés du texte de l’Ancien Testament, et une légende en français, écrite au verso de la peinture, les explique tous. Soixante-dixhuit miniatures ornent ce magnifique Psautier. La reliure, en brocard d’Orient, a été exécutée du temps du roi Charles V; un document de l’époque nous en a conservé le souvenir authentique. Ce précieux et vénérable monnment a eu la plus singulière destinée : transmis de monarcpie en monarque jusqu’à Charles VI, il fut alors donné par ce roi de France à sa fille Marie, religieuse à Poissy; il resta donc déposé dans la bibliothèque de ce monastère jusqu’en 1789. Mais, h cette époque, un agent russe, du nom de Dombruschi, en fit l’acquisition à vil prix, puis le revendit avantageusement au prince Gourlouski ; celui-ci, ayant été obligé de s’en défaire, le céda au prince Michel Galitzin. Enfin, ce seigneur russe en fit hommage au roi Louis XVm, en l’année 1818, par l’intermédiaire dn comte de Noailles, son aiidjassadeur en Russie. Le roi, après avoir admiré la belle conservation de ce manuscrit, en ordonna le dépôt à la Bibliothèque de la rue de Richelieu, et chargea M. de Bure de l’y apporter en son nom. Nous tenons ces détails, de 31. de Noailles, prince de Poix, qui voulut bien les extraire de sa correspondance diplomatique et nous les communiquer : ils donnent, pour la première fois, l’histoire complète des pérégrinations de ce célèbre volume.
Tous les manuscrits du treizième siècle n’approchent pas de la perfection ni de la richesse du Psautier de saint Louis ; quoique contemporain, le Livre de Clergie, qni poi te la date de l’année 1260, ne mérite pas, à beaucoup près, autant d’attention. Il en est de même dn Roman du Roi Artus (n“ 6963 A. F.), exécuté en l’année 1276. Quant aux vignettes peintes en l’année 1279, dans la Bible de Sorbonne n” 1 , elles sont plus finement et plus habilement exé-
Miniatures des manuscrits. El X.
FerdinaiKi Seré dcl. ^ Imprime par Plon frères
DECOLLATION DE SAINT JEAN BAPTISTE. — PENTECOTE.
Xlll' siècle. — Fac-similé de miniatures du Psautier de saint Louis. (Mss. Bibl. Nat. de Pans )
K. Seré direiil.
Miniatures des manuscrits,
Ferdinand Seré del.
BiasoD et Gottard sc.
Majuscule tirée du ms. dit de la Sainte-Chapelle.
F. Seré dirent.