NIC OLAS FLAMEL,ET PER ! RENELLE SA FEMME
Nir.cn.AS Fi.avel cl Pernelle, sa femme, peinture à fresque , jadis au Charnier des Innocents.
Sciences et Arts
CHIMIE, ALCHIMIE. Fol. XI.
Galénistes. Il fit plus encore : il découvrit, en Chimie, quelques vérités importantes, et prépara la route brillante où Sala devait incessamment marcher. D’un autre côté, plusieurs Galénistes étudièrent, sans idée préconçue, le système de Paracelse. Gunthier d’Andernach, malgré ses soixante-dix ans, ne craignit pas de se remettre à l’école, de revenir sur un passé tout entier, el de recommander certains moyens spagyriques. Gunthier, les deux Zwinger de Bàle (Théodore et Jacques); Michel Doering de Breslau, professeur h Giessen ; l’alchimiste lorrain Guiberl, qui avait été Paracelsiste entbousiasie, furent les maîtres d’uue nouvelle et salutaire école qu’on pourrait appeler Vécole des concilialeurs.
En France, les bonnes intentions de ces cbimistes éclectiques furent étouffées par les prétentions aveugles des Paracelsistes exclusifs, et par la résistance opiniâtre de la Faculté de Paris. Un arrêt ridicule avait autrefois condamné l'antimoine, interdit les remèdes spagyriques comme poison : relevant cet arrêt de la désuétude où il était tombé, le fougueux Biolan recommença la guerre; et ce fut au milieu des panqjblets, des hyperboles de la passion, du scandale des écoles; ce fut sous l’expression amère de haines irréconciliables, que la Chimie et ses produits, appliqués aux besoins du corps bumain, se frayèrent une route h travers le dix-septième siècle. Rodolphe Goclenius, professeur de Chimie à Marbourg; le Mecclembourgeois Ange Sala, disciple chéri de Libavius; le Wirtembergeois Daniel Sennert; l’illustre Belge Van-IIelmont , tous nés dans la même décade, entre 1568 et 1577, furent les plus célèbres propagandistes de la Chémiatrie, contre laquelle s’insurgeait le spiritualisme extravagant des Bose-Croix.
Les deux autres branches de la science, la Métallurgie et la Chimie technique, marchèrent avec beaucoup moins d’entraves. C’était à qui les protégerait, des gouvernements, des administrations urbaines et des princes. Venise, si profondément hostile aux chimistes-psychologues, favorisa les chimistes-praticiens, les chimistes-ouvriers. Il en fut de même de tous les États commerçants. On vit les métallurgistes et les techniciens, appuyés sur le grand mobile du progrès, sur l’intérêt, construire des hauts-fournaux, des fonderies, obtenir des privilèges pour d’importantes exploitations, et inodifier, en peu (rannées, quantité d’habitudes sociales. Les savants les plus illustres s’occupèrent de Chimie métallurgique. Tycbo-Brahé, si connu comme astronome, ne mérite pas moins de l’être comme chimiste. Souvent il s’enfermait dans un laboratoire avec l’empereur Rodolphe II, et ce monarque dépensait, en expérimentations, des sommes très-considél ables. Le célèbre chancelier Bacon, nommé à juste titre, le père de la physique expérimentale, s’occupait également de Chimie dont il adopta même quelques rêveries indignes d’un esprit aussi distingué.
Non moins heureuse que la Chimie métallurgique, la Chimie technique rencontra, dès son début, un homme de génie, Bernard Palissy, à la fois géomètre, minéralogiste, agriculteur, peintre, fabricant d’émaux, dessinateur el mouleur, qui l’éleva, en peu d’années, à la hauteur d’un art déjà perfectionné. Nous envions à l’Allemagne savante la gloire d'avoir produit Agricola, d’avoir enfanté, rectifié la Chimie dans ses opérations les plus
utiles; mais nulle part la Renaissance ne se ferait honneur d’un artiste aussi complet, d’un ouvrier aussi habile que Palissy.
Je 11' ay point eu, dit-il, d'autre livre que le ciel et la terre, lequel est connu de tous, et est donné d tous de connoistre et lire ce beau livre. Il se forma lui-môme. Peintre d’abord, il abandonna, pour voyager, le foyer domestique; il parcourut la France, la Lorraine, l’Alsace jusqu’au Rhin , interrogea les gens instruits, apprit des alchimistes tout ce qu’ils savaient de physique et de Chimie, et reconnut, au fond des antres vulcaniens de l’Allemagne, les impostures des ouvriers du grand-œuvre. Démêlant le vrai du faux, cette initiation, loin d’éblouir Palissy, éclaira son intelligence, et ne le rendit que plus réservé dans ses recherches. Il y a des secrets si fort cachez et inconneus en toutes natures, écrivait-il, que de tant plus un homme sera sçavant en philosophie, du tant plus il craindra les hazards qui surviennent ordinairement en toutes entreprises fusibles, métaliques et vulcanistes. Après dix années de pérégrinations pénibles, Palissy, revenu chez lui, avec la conscience de son génie, fit des essais de Chimie appliquée et se ruina. Mais, d’inestimables produits étaient sortis de ses fourneaux ; il avait reçu le brevet d'inventeur des rustiques figulines du roy, et un avenir de bonheur et de gloire venait de s’ouvrir devant lui. Palissy professa dans Paris la Chimie technique avec le plus grand éclat. De sa chaire partit un rayonnement d’idées originrles et fécondes, auxquelles, sous certains rapports, nos savants modernes n’ont rien ajouté. Il s’élevait avec force contre la prétention de renfermer les esprits ou gaz dans l’argile, de rendre l’or potable, et de faire absorber un métal sans dissolution préalable. Ce qu’il disait de l’usage des sels en agriculture, en teinture, pour la préparation des cuirs, pour celle des armes ou des objets de luxe, pour les embaumements, s’est confirmé par l’expérience de trois siècles; Relativement à la fabrication des couleurs minérales et des couleurs végétales, il avait créé une théorie complète, marquée au coin de la raison la plus saine; et lorsqu’il reconnaît les couches successives du globe, arrivées à la suite de plusieurs déluges; lorsqu’il avance que les pierres n’ont point d'âme végétale, mais qu’elles peuvent augmenter d’une manière congélalive, c’est à-dire, par le système d’aggrégation, ne surprend-il pas à la nature la révélation des deux lois générales sur lesquelles reposent la géologie et la minéralogie ?
Émile RÉGIN,
De la Société nalionale des Antiquaires de France.
>'oTA. Les travaux et les découvertes de la Chimie sont tellement liés à ceux de l’Alchimie jusqu'à la Im du XVie siècle, que nous avons dû confondre la Bibliographie des deux sciences^ qui se confondaient si .souvent alors et qui procédaient l’une de l'autre. Nous renvoyons aux Catalogues, pour la plupart des ouvrages d'Alchiroie prupremeut dite, que le XVIe siècle avait tant multipliés.
Olaii Borricuii, Dissertatio de ortu et progressa Chemiæ. llafniæ, 1668, iD-4.
F. IIoEFER. Histoire de la Chimie. Paris, 1845, 2 vol. in-8.
(Lenglet Dl'FREsnoy.) Histoire de la Philosophie hermétique, accomp. d’un Catal. raisonné des écrivains de cette science. Paris, 1742, 5 vol. in-12.
Alex, de la Tourrete. Apologie de la très-utile science d’Alchiraie, tant contre ceux qui la blasment qu’aussi contre les faussaires, larrons et trompeurs, qui en abusent. Voy.
cette Apol. dans sou Discours des admirables vertus de l’or potable (Lyon, P. Roussin, 1578 in-8).
JacquesGohorry a publié : Disc. respon$if àcelui d’Alex» de la Tourrete sur les secrets de TArt chimique (Par., J. de l’Astre, 1579, in-8).
Jos. Quercetani Apologia proChiniicis. Lugrd., 1575, in 8.
La querelle des chimistes et des alchimistes, des spagyristes et de> médecins a produit une foule d’opuscules : fsr. Harveti defensio Chymiæ udversus Apologiamy etc. (Par., 1604, in-31; Ànimadv, in J. Antarveti Apologiam pro )udicio scolœ Paris, de Atchymia (Francof,, 1604, io-8).
Fr. Barrett. Lives of the alchemystical pliilosophers, with a catalogue of the most celehrated treatises on the hermetic art. London, 1815, in-8.
Voy. aussi V Apolog. pour les grandi hommes soupçonnés demagie, par Gabr, Naudé, souvent réimpr., et l’Hist. de la Folie humaine, en allem., par Moehsen {Berlin^ 1783, in-4]*
Alberti Magsi Mineralium libri V. Impressum Pataviù per P. Pelrum Maufer, 1476, in-fol. goth.
Souvent réimpr., cominenlé et traduit. Voy. aussi, du même auteur : Liber lecretorum de virttAtihu» herbarnm, lapidum et animahum, encore plus souvent réimpr. et trad. au 15^ et iGe siècles.
ViNCENTii Bellovacen’sis Spcculum naturale. Argentinæ, Joannes Mentelin, 1475, in-fol. à 2 col.
Plusieurs fois réitnpr., dans les édit, du Spsculum quadruplex. Cette Ire partie de l’ouvra-^e n’a jamais été traduite en français.
Raymundi Lulli Opéra omiiia, edid. Yvo Salzinger, Mo- (juntiæ, 1722-42, 10 vol. in-fol.
La plupart des opuscules que renferme celte collection ont été piibl. séparément et réimpr. plusieurs fois au 16e siècle. Il y a aussi une foule de traductions, de clés, de paraphrases, de commentaires dans toutes les lan^rues. La moitié des écrits attribués à Raymond Lulle ne lui appartiennent pas^
Arnaldi de Villanova Opéra (edid. Th. Marchius). Lugduni, 1S04, in-fol.
Plusieurs fois réimpr. avec des add. et des commentaires par Svmph ('.hainjiier, Hic. Taurellus, etc,
UoG. BACONisOpus majus; nunc primum edid. Sam. Jebb. Londini, 1755 in-fol.
Plusieurs fois réimpr. Jacq. Girard de Tournus en a traduit une pvtie sous ce litre : le Miroir d' Alquimie de Bogier Bacon., trad. par un Gentilhomme du Dauphine [Lyouy Macé Bonhomme^ 1557, in-S|.j
Nie. Flamel. Le grand esclaircisseinenl de la Pierre philosophale par la transmutation de tous les métaux, mis au jour avec une préface, par Pierre Béraud. Paris, 1628, in 8
Ce n’est pas le seul Traité chimique attribué à Flamel, qui était mort depuis plus desoixante ans, quand celui'Ci a etéécrit.
Artis Cbemicæ principes, Avicenna atqne Geber, quorum alter nunqnam in lucem prodit.... Basileœ, 1372, in-8.
GEBERiLiber qui Flos naturaruin vocatur. S. n.,1475, in-4.
Il y a plus de 50 ouvrages lat., iUl., franç., etc , qui ne sont que des traductions, des paraphrases, des commentaires du Livre de Geber.
Hier. Carüani Opéra omnia , cura Car. Sponii. Lugduni, 1665, 10 vol. in-fol.
I) existe une foule d’éditions des Traités relatifs à la Chimie. Rich. Leblanc a trad. les Livres d'Hier. Cardanus, de la subtilité et subtiles inventions (Par., 1556, in-4).
Gentilis luLGiNAS (de F oligTio) , Quesliones subliniissimæ in Artem parvam Galeni. Venetiis, 1326, in-fol.
VoY. aussi son Traite de dosihus et proportionibus medicavxentorum.
Hesr. Cork. Agripp.e, in artem Lulliain conimentaria. Salingiaci, 1358, in-8.
Voy. aussi ses Opéra [Lugd.,, per Seringas fralres^ s. d., 2 vol. in-S). Son Traite de Occulta philosophia, publ. d’abord à Anvers en 1551, a été trad. en franç. par A. Levasseur [La Haye., 1727, 2 vol. in-8, lig.).
F. Claudii C.elestini Opnsculum, de bis quæ mnndo mirabdiler eveniuni, de mirabili potestate artis et naturæ, edentc Orontio Finœo. Parisüs. 1342, in-4.
Avr. Piiil. Theopii. Paracelsi Bc).rbast Opéra medicocbeniico-rbirurgica. Genevœ, 1638, 5 toin. in-fol.
Ses ouvrages allein. ont été publ. par J. H user, à Râle, i.5h9, 1 1 vol, in-4.
On ferait une bibliothèque entière des édit, séparées de tous les écrits de Paracelse, de leurs traductions, imitations, commentaires, etc.
Georg. Agricola. De re melallica libri XII; ejusdem de animantibus subterraneis liber. Basileœ, 1333, in-fol., fig.
Plusieurs fois réimpr.
Gi ill. Grataroli Opéra. Lugduni, 1538, in-8.
L’auteur a publié, en outre, nombre de Traités de Ghiinie et Alchimie.
Morien’i, Romani, de transliguralione metallornm et occulta antiq. pbilosopliorummedicina. Parisüs, GuiUard,\a^'d, in-4.
J. B. Porta. Magiæ naturalis libri XX. Neap., 1389, in-fol.
Souvent réimp. La Ire édit., 1558, in-fol. ne contient que 4 livres, qui ont clé traduits par un anonyme, que l’on croit être Jean Martin (iyon, J. âlartin, 1565, in-8), et dont il existe plusieurs éditions françaises.
Voy. aussi le Traité de distillationibu?^ réimpr, jusqu’au XV’lIe siècle.
Jac. Ctrionis Hermotimus. Basileœ, 1570, in-4.
G. Dorn Pliilosophiæmagnæ colleclanea. Wai., 1380, in-8.
Les premières éditions sont inlilulces: Chimibticum artificium natures tbeorieum et practicum. Trad. sous ce titre : la Monarchie du Ternaire ets. union contre la monarchie du binaire en confusion, 1577, in-8.
D. Zacaire. Opuscule très-excellent de la vraie philosophie des métaux. Lyon, 1374, in-8.
Jac. Aüberti Vindonis, de metallornm ortu et causis contra Chemistas brevis explicatio. Lugduni, 1374, in-8.
Basil. Valentini Sammtliclie. Hamburgi, 1740, in-8.
Il y a deux traductions françaises, l’une de Jean Israël, sous ce titre : Révélations des teintures essentielles des sept métaux et de leurs vertus médicinales (Par.. 1646, in-4}, et l’autre anonyme, de D. Ligneau, sous ce titre : Les douze Clefs de frère Basile Valentin , traictant de la vraye médecine métallique (Par., 1639, 3 part, in-8, üg.).
A. Lira VII EpistolæChyinicæ. Francof., 1393-99, 5 vol. in-8.
Jean Béguin. Les éléments de Chimie, augm. par Jean Lucas le Boy. Paris, 1628, in-8.
La Ire édition est antérieure à 1600 ; cet ouvrage, trad. en lat., a été réimpr. fort souvent dans les premières années du XVII® siècle.
Pet. Boni Lombardi Introduclio in artem Chemiæ. Motitisbeligardi, 1602, in-8.
OswALDi Crollii Basilica Cbyinica, contin. pbilosopbicam propria laborum experientia confirmatam descriptionem et usum remediorum cbymicorum. Francofurti, 1608, in-4.
Réimpr. avec additions, par J. Hartmann . Jos. Michael, etc.
Piiil. Mulleri Miracula et mysteria Cbimico-medica, libris Venucleata ; edit. secunda. Francof., 1614, in-12.
Ou compte par milliers les ouvrages en toutes langues, qui traitent de la médecine chimique ou plnIü>ophie spagyrique. Voy. les Calai, des bibl. de Falconnel (1740), Burette (1748)), Buclioi (1778 et 1781), Baron (1788 .
Bob. Fludd Opéra metapbysica et tecbnica. Oppenheimit, J. Th. de Bry, 1617, 2 vol. in-fol., fig.
JoH. Freind. Præleeliones Chymicæ, in quibus operationes chyinicæ ad vera principia et naluræ leges rediguntur. Amst., l618, in-8.
René de la Ciiastre. Le prototype de l’Art Chimique. Paris, 1620, iu-8.
Voy. un Traité, par de la Chambre, intitulé : le Prototype parfait ou exemplaire de VArt Chymique {Par., 1635, in-S). Les chimistes, qui ont écrit en franç. avant 1650, sont de Claves, L. R. Arnaud, J. Hellot, etc.
Theatrum Cbemicum, præcipuos select, auctorum (racfalus de Chemia et Lapide philosopbica conliiiens. (Laz. Zetznerus colleg ) Argentorati, 1639, 6 vol in-8, lig.
Ce recueil contient les Traités d’is. et J. Hollaudus, d'Ai. Sidonius, de Midi. Sendivogius, etc., et quantité d'autres, dont il existe des édit, se* parées; ainsi que toute la collection : De Alchymia opuscula complura veterum philosophorum (Francof., 1550, 10 part, en 1 vol. in-4).
Jac. Mangeti Bibliotheca Chemica curiosa seu reriim ad Alchemiam perlinentium. Genevœ , 1702,2 vol. in-fol., lig.
Ce recueil contient tous les Traités, déjà réunis par Nathan Alhineus, Bibliotheca Chemica contracta (Gen., 1673, in-8), par Sal. Schadewik [Tructatus aliquot singulares summum philosophorum arcanum continentes (Geismariæ, 1647, in*12 ,
Bibliothèque des philosophes Chimiques et Alchimiques (recueill. par Guill. Salmon), édit. augm. par J. M. de B. (Mangin de Bichebourg). Paris, 1741-3i, 4 vol. in-12, fig.
Li Ire edit., 1672, est en 1 vol. La plupart des Traites que renferme celle collection avaient déjà paru; quelque^-u^s sont trad. par l’editeur.
Bibliotheca Chemica Rothsclioltziana. Nurnherg, 1727- 55, 5 pari, in-12.
Gugl. Johnson! Lexicon Cbymicum, cnin obscuriorum verborum et rerum hermeticarum , tum pbrasium paracelsicarum, planam explicationein eontinens. Londini, 1637, in-8.
Voy. aussi le Dict. hermétique,, par un Amateur de la science (Par., 1695, in-12). qui n’est autre que le médeciti Guill. Salmon, t-t le üict. mytho-hermetique, par Ant. Jos, Pernelii (Par., 1758, iu-8). Le plus ancien vocabulaire Chimique est celui de Mari. Ruland (Par., 1612, in-4i.
P. Borelli Bibliotheca Cbiniica seu catalogus librorum philosophorum bcrineticorum. Parisüs, 1634, in-12.
La première Bibliograpliie chim que, qui ail été publiée, doit être celle de Guill. Grataroli [BastLœ, 1561, in-fol. ).
Voy, surtout le Calalogue raisonné qui forme le 3e vol. deVHtst. de la Philos, hermétique, par Lcnglet Dufresnoy.
J. J. SciiEUCHZEB. Bibliotheca scriptornni hisloriæ naturali inscrvientiuni. Tiguri, 1716, in-12.
Fred. RoTiiscnoLTzii Bibliotheca Chimica, oder càtalogns von cbymischerenbucbern. Norimb., 1725-28, 4 part. in-8.
Les anciens l'atalogues de livres contieimenl toujours une grande quantité d’ouvrages sur la Chimie et l’Alchimie : les plus riches en ce genre sont ceux de Falconnel, Baron, Lavallière, d’EsIrees, et surtout Méon, etc.
NE liisloire de la Chirurgie , au Moyen Age , est encore à faire , parce qu’en recherchant le fil des choses 011 n’a consulté que les livres , sans songer aux iuslitutions; parce qu’en se préoccupant du savant, de l’écrivain, de l’artiste, on a négligé f homme, l’homme exposé aux oscillations perpétuelles d’une société changeante et progressive.
Dans le Moyen Age, où toutes les créations humaines se revêtaient des formes de la poésie et de l’art ; où l’association fécondait l’idée dès que l’idée surgissait grande, d’autres voies que les voies actuelles demeuraient ouvertes à l’inlelligence. C’étaient des voies traditionnelles du père à ses fils , du maître à ses élèves, voies patriarcales, le long desquelles travailleurs anciens, travailleurs nouveaux, marchaient confondus. Les procédés opératoires, les secrets du métier, s’y conservaient par transmission, soit orale, soit
Saiencec et Arts.
CHIRURGIE, Fol. I.
oculaire. Fort peu de gens spéciaux composaient des traités. Un fait semblait-il acquis à la science, une œuvre merveilleuse à l’humanité; l’œuvre, le fait ne périssait pas, mais le nom de l’inventeur traversait ignoré l’océan des âges , si quelque ami ne l’inscrivait pas sur la pierre d’un tombeau. Époque remarquable où l’homme isolé n’était compté pour rien; où l’association avait seule la puissance de naître, de grandir et de durer; où la vie d’une nation ne se mesurait point à la taille de certains individus, mais à la majesté silencieuse de ses monuments!...
Lorsqu’ en Europe l’organisation municipale se fut consolidée sur les ruines du vaste empire de Charlemagne; lorsque l’esprit d’indépendance et d’isolement provincial eut appelé les laïques au partage des fonctions civiles , au privilège de se gouverner euxmèmes, l’art secoua ses chaînes, et, franchissant les murailles des cloîtres, il alla s’implanter victorieux au sein des populations récemment émancipées. Dès lors commença une longue lutte d’intérêt et d’amour-propre entre les laïques et les moines. Ces derniers comprirent que la confiance aux guérisons miraculeuses opérées par les reliques allait diminuer; qu’il faudrait souvent aider au miracle pour que le miracle se fît, et <|ue le meilleur moyen d’assurer leur influence serait encore de l’étahlir par la pratique de la médecine et de la Chirurgie. Aussi, voyons-nous recommander aux moines la lecture de Celse; aussi, malgré les bulles papales de Benoît IX et d’Urbain II, qui défendaient aux prêtres de voyager, quantité d’ecclésiastiques quittent-ils la solitude du cloîtie pour remédier aux maux physiques de l’humanité souffrante : telsThuddeg, médecin de Boleslas, roi de Bohême; Hugues, abbé de Saint-Denis et médecin h la cour de Fiance; Didon, abbé de Sens; Sigoald, abbé d’Épernay; Jean de Bavenne, abbé de Dijon; Milon, archevêque de Bénévent ; Dominique, abbé de Pescara; Campo, moine du couvent de Farfa, en Italie, etc.
Tous exerçaient simultanément, dans certaines limites, la médecine et la Chirurgie; assistant aux grandes opérations qu’ils conseillaient plutôt qu’ils ne les pratiquaient eux-mêmes, se réservant les incisions simples, les réductions de luxations et de fractures, les pansements des grands coups de lance ou d’épée. Â leur suite fonctionnaient des frères hospitaliers et des sœurs hospitalières, auxquels la petite Chirurgie était connue. 11 y avait aussi des matrones initiées h certains procédés opératoires qu’un sentiment de réserve interdisait aux hommes. Nulle part ne paraît un accoucheur. Bien plus, tout confirme l’idée que l’opération césarienne, prescrite par f Église comme elle l’avait été par l’édit royal attribué h Numa Pompilius, fut exclusivement confiée aux matrones, sous la présidence d’un dignitaire ecclésiastique chargé de baptiser le nouveau-né.
Les services que rendaient à l’art de guérir les sœurs hospitalières étaient si bien reconnus, qu’au douzième siècle f illustre Abeilard recommandait aux nonnes du Paraclet d’étudier la Chirurgie. Infirmières par esprit évangélique, ces femmes pieuses ne bornaient point leur charitable office h l’étroite enceinte du couvent. Elles portaient des secours à domicile. Dans les cas d’épidémie, alors si fréquentes, elles rentraient au sein de la grande famille humaine, dont elles se constituaient les servantes, et partageaient
ET L.\ RENAISSANCE
avec les hospitaliers de divers ordres les soins que prescrivaient les gens de l ai t. En bien des circonstances, quand les malades on les blessés abondaient, ces sœurs et frères hospitaliers prenaient même la direction exclusive du traitement; circonstance fâcheuse, mais inévitable, et qui explique le zèle avec lequel la célèbre Hildegarde, abbesse du monastère de Rupertsberg, près de Ringen, sur le Rhin, préparait ses nonnes à l’exercice de la médecine et de la Chirurgie.
Evidemment, du neuvième au douzième siècle, il n’y eut de limite légale ni dans l’étude, ni dans la pratique de l’art chirurgical. Devenait chirurgien qui voulait. Le succès justifiait le moyen ; l’ignorance populaire autorisait n’importe quel procédé. Quantité d’individus réputés chirurgiens eussent été incapables d’appliquer un appareil ou de manier l’instrument tranchant. Ils recouraient aux emplâtres, aux onguents, aux frictions; les plus habiles savaient saigner, poser des ventouses, panser une plaie, remettre un membre luxé. La grande Chirurgie restait dévolue aux spécialistes qui, sortis d’abord de l’ordri; du clergé, furent h la longue forcés d’y rentrer et d’abandonner leur industrie aux laïques, quand l’Église eut déclaré les fonctions médico- chirurgicales inconciliables avec celles du sacerdoce. Cette interdiction, prononcée pour la première fois en 1131, au synode de Reims, confirmée en 1139, 1 162, 1163, 1213, aux conciles de Tours et de Paris, ne s’exécuta ponctuellement presque nulle part. L’Église eut beau réitérer ses défenses, fulminer ses décrets, l’appàt de l’or rendait accessibles aux malades beaucouj» de maisons religieuses où, depuis un temps immémorial, l’humanité venait chercher les secours de Part; et pendant deux siècles encore, des moines thérapeutes, qu’excitait l’espoir d’énormes profils, continuèrent de voyager à travers l’Europe.
Quand s’effectua la pérégrination armée des croisades , mouvement sublime ou folie, entre l’Occident et l’Orient, ce furent des moines, des frères hospitaliers qui organisèrent sur la route des croisés les saintes hôtelleries du malheur et de la souffrance. Montpellier, Salerne, Malte, Alexandrie, etc., apparurent alors comme autant d’oasis réservées aux malades ainsi qu’aux blessés; l’ancienne réputation du monastère de Monte Cassino s’agrandit; beaucoup d’élèves y affluèrent, et saint Renoît de Murcie, mort depuis cinq siècles, continua d’opérer les malades pendant leur sommeil. Que pouvaient les décrets des conciles, les bulles des papes, contre un saint qui s’opiniâtrait ainsi à opérer sans douleur les plus grands personnages; qui, par exemple, vous taillait l’empereur Henri, surpris, à son réveil, de tenir dans la main la pierre qu’il croyait encore au fond de sa vessie?... Le dix-huitième siècle, n’admettant un miracle qu’en plein midi, devant l’Académie des Sciences assemblée, eût taxé d’imposture les récits du légendaire; le dix-neuvième siècle, témoin des prodiges obtenus par l’éthérisation, par le magnétisme, serait peut-être moins exclusif.
On se demande s’il existait au Moyen Age une Chirurgie militaire proprement dite, et dans quelles conditions fonctionnait cette Chirurgie. L’histoire n’en fait aucune mention avant le quatorzième siècle; mais il arrive aux chroniqueurs les plus anciens de citer tantôt un moine, tantôt un clerc, voire même quelque ecclésiastique éminent, qui accom-