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LES CROISADES. — INSTITUTIONS. OBJBCTIONS

Les Croisades. — II. La Chevalerie. — 111. Les Corporations. — IV. La Dîme et la Corvée. — V. Les droits de poursuite, de taille, de maiuinorte, de formariage; le droit du seigneur. — VI. Les Oubliettes.

Les Croisades.

Après le tableau abrégé des étapes de la liberté au Moyen Age et de l'esprit général de la féodalité jusqu'au xiif siècle, il nous reste à parler d'abord d'un grand fait : les croisades; puis à apprécier deux institutions : la chevalerie et les corporations d'arts et métiers ; ensuite le système d'impôts connu sous le nom de dîme et de corvée ; puis les abus du servage, le droit de poursuite, de taille, de mainmorte et de formariage.

Nous aurons ainsi la physionomie assez complète du Moyen Age.

Nous terminerons en réduisant à leurs véritables proportions les deux épouvanta ils connus sous le nom de droit du seigneur et (ïoubliettes,

€ On ne le dira jamais assez, selon M. Jules Simon, ce

qui fait la grandeur d'un homme — et d'un peuple, — ce qui fait sa force, c'est sa foi. Les deux plus grands peuples de l'antiquité, la Grèce et Rome, avaient une théologie bizarre, composée de toutes les superstitions de la terre, mais au-dessus de ce chaos de divinités planait l'idée de Dieu.... Di patriœ indigetes,

« L'idée de Dieu est bien plus puissante, au Moyen Age, la foi y est ardente ; c'est alors qu'elle fait des miracles.

« Elle fait deux choses : elle jette des masses d'hommes au dehors pour accomplir des tâches qui semblent surhumaines ; elle les attache, dans la famille, par des liens si sacrés qu'ils font partie de la religion ; le mariage est un sacrement. La France a vécu sur ces deux principes, elle a vécu par la foi et la famille. »

M. Jules Simon voit ensuite la France menacée aujourd'hui dans son influence, son unité et sa vitalité par la perte de sa foi et l'aflaiblissement de l'esprit de famille. Mais ceci sort de notre sujet.

C'est aux croisades qu'il fait allusion quand il parle des foules poussées par la foi hors de leur patrie au Moyen Age.

Le saint Sépulcre, tombeau de leur Dieu, était tombé aux mains des infidèles, il fallait le reconquérir; l'honneur de la chrétienté était à ce prix.

Quand on pense à l'étendue et aux difficultés de l'entreprise, à réloignement des Lieux saints, à l'absence de routes et de moyens de communication, ce qui serait facile ^ aujourd'hui avec nos moyens de transport, nos adminis- ] trations et nos intendances, était, comme le dit M. Jules Simon, une tâche surhumaine.

Malgré l'infériorité des moyens matériels, la noblesse et l'élévation des sentiments l'emportait, au Moyen Age, sur les calculs de la prudence et les considérations

humaines. On était outré des mauvais traitements infligés par les Turcs aux pèlerins, à Jérusalem. L'empereur d'Orient, Alexis Comnène, demandait, d'ailleurs, des secours. Chacun prit la croix.

Malgré l'insuffisance des conceptions, l'imprévoyance des éventualités, l'inexpérience des voyages lointains par terre ou par mer, des foules de plusieurs centaines de mille hommes partis pour la première croisade, sous la conduite de Godefroid de Bouillon, traversèrent toute l'Europe, franchirent le Bosphore, gagnèrent, en Arménie, la bataille de Dorylée, où les musulmans furent défaits entièrement, prirent Nicée, Edesse, Antioche et enfin Jérusalem, dont Godefroid de Bouillon fut proclamé roi. Il refusa de ceindre une couronne d'or là où son Sauveur avait porté une couronne d'épines.

La seconde croisade, sous les ordres de Louis VII et del'empereur Conrad, n'éprouva que des revers. Elle avait été provoquée par le massacre de trente mille chrétiens à la reprise d'Edesse par les Turcs, qui avaient eu le temps de se réorganiser pour reprendre l'offensive.

La troisième, conduite par Philippe Auguste, Frédéric Barberousse et Richard Cœur de Lion, ne fut guère plus heureuse malgré la prise de Ptolémaïs et de Saint-Jeand'Acre, et la victoire d'Assur.

La quatrième n'alla pas plus loin que Constantinople, dentelle chassa l'usurpateur Alexis le Jeune; puis, l'année suivante, un autre usurpateur. Beaudoin y fut nommé empereur.

La cinquième s'empara de Damiette, qu'il fallut rendre à la suite des maladies qui décimèrent les chrétiens.

La sixième, sous la direction de Frédéric II, reçut du sultan Meledin la ville de Jérusalem, cédée sans combat.

Dans la septième, saint Louis reprit Damiette et gagna

iâ bataille de Mansourah ; mais la peste envahit son année, et lui-même fut fait prisonnier.

Dans la huitième il mourut à Tunis ; son frère, Charles d'Anjou, remporta quelques avantages et revint en France.

Après cette dernière expédition, les colonies chrétiennes qui avaient été établies en Orient par les croisés ne tardèrent pas à être détruites, et la Palestine tout entière Momba sous le joug musulman.

Voilà, en abrégé, ce que furent et firent les croisades, dont Michaud et Mills ont écrit l'histoire. Nous ne voulons, ici, que montrer brièvement leurs conséquences et leur influence sur la civilisation générale.

« Il y aurait une déplorable pauvreté de jugement, dit M. Poujoulat, à ne voir dans les croisades qu'une piété aveugle mêlée à d'inutiles exploits. Le Moyen Age s'arma tout à coup au nom de la religion, véritable patriotisme de ces vieux temps, pour aller refouler au fond de l'Asie les innombrables peuplades musulmanes, qui menaçaient constamment l'Europe d'une effroyable invasion. »

N'avait-on pas vu, dès le viii'' siècle, les Sarrasins (musulmans de l'Orient) arriver jusqu'au cœur de la France ; les Arabes et les Maures (musulmans de l'Occident) conquérir une grande partie de l'Espagne ?

Sans l'éclatante victoire de Charles Martel qui écrasa les Sarrasins, la France eût eu le sort de l'Espagne, qui ne put pas prendre part aux croisades, précisément parce qu'elle était occupée, chez elle, à une croisade permanente, malgré les exploits antérieurs de Charlemagne et la conquête de la Catalogne par le grand empereur.

Plus tard, au xvr siècle, sans la victoire navale de Lépante, gagnée par don Juan d'Autriche, qui anéantit la flotte turque, la Méditerranée devenait un lac turc.

Vienne, assiégée on 1529 par Soliman II et délivrée par

Charles-Quint; attaquée de nouveau en 1683 et sauvée par Jean Sobieski, prouve, à son tour, les périls suprêmes que courait incessamment FEurope menacée par l'islamisme, môme après les croisades.

Qu'eùt-ce donc été sans elles? Voilà ce qu'il faut se demander pour se rendre compte de leur action, si l'on veut être juste à leur égard. C'est un des points de l'histoire où on se rend le mieux compte de l'hostilité systématique des anticléricaux contre l'Eglise et le Moyen Age. Chaque fois que le christianisme est visiblement en scène, même pour produire, défendre ou protéger la civilisation, ils sont atteints d'une cécité incurable.

L'homme impartial voit combien le cimeterre était menaçant pour l'Europe, si la croix n'eût pas fait reculer le croissant. Ce fut surtout l'œuvre des croisades, malgré les luttes qui leur survécurent. Voilà le service qu'elles ont rendu à la civilisation, jusque dans les générations à venir.

« Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, a dit Jésus-Christ, et le reste vous sera donné par surcroît. »

C'est ce qu'a fait le Moyen Age, et c'est parce qu'il a obéi à ce précepte que les temps modernes en ont recueilli et en recueillent encore le prix, malgré leur aveuglement et leur ingratitude.

« Les peuples partant sous les saintes bannières, dit M. Poujoulat, ne savaient pas toute l'étendue de la mission qu'ils accomplissaient, car les peuples, comme les hommes, n'ont jamais le secret des révolutions dont ils sont les instruments providentiels ; le sens de ces révolutions ne se révèle qu'à la postérité. »

Mais il est juste - que les bénéficiaires des révolutions bienfaisantes, comme celle-là, en rendent grâces à qui de droit. Si la France, l'Italie, l'Allemagne et l'Autriche n'ont

point subi le sort de TOrient musulman, si elles ont une civilisation chrétienne, des nationalités indépendantes, si nous, nous sommes des Francs et non des Turcs, comme disait le P. Lacordaire, c'est aux croisades que nous le devons ; c'est aux guerriers qui ont combattu deux siècles par et pour la croix. Sans eux l'Europe serait tombée sous le joug et eût été précipitée dans la nuit. La grandeur des luttes qu'ils ont soutenues montre le péril suprême qu'il fallait conjurer.

Les croisades n'ont qu'incomplètement réussi, il est vrai, et on s'en autorise pour les critiquer et les blâmer. En avons-nous bien le droit ? Avons-nous toujours mieux réussi avec des ressources incomparablement supérieures? Au siècle dernier, n'avons-nous pas perdu nos magnifiques colonies des Indes, du Canada et des Antilles? Notre siècle dénigreur et vantard a-t-il mieux réussi au Mexique? A-t-il lieu d'être bien fier du Tonkin? Pourtant nous avions la supériorité de l'armement, que ne possédaient pas les croisés, et bien d'autres avantages.

Nul n'a donc le droit de critiquer l'insuccès partiel des croisades, mais on doit le déplorer. Si ces gigantesques expéditions eussent atteint leur but, leur tâche ne serait pas à recommencer. L'Europe, aujourd'hui, est obligée de reprendre leur œuvre contre le mahométisme. Des motifs moins nobles, moins élevés, moins désintéressés, l'y poussent : les intérêts politiques et commerciaux. Elle s'occupe de Gonstantinople, de l'Arménie, de la Syrie, de l'Egypte, de la Tripolitaine, du Maroc et même de l'Afrique centrale. C'est parce que saint Louis a échoué en Tunisie que la France a été obligée de laire la conquête d'Alger pour anéantir la piraterie barbaresque.

Pendant que l'Europe se préoccupe de ses intérêts matériels, l'Eglise, dont les visées sont plus hautes, se

préoccupe de la satisfaction à donner aux intérêts supérieurs de rhumanité. Elle prêche une nouvelle croisade antiesclavagiste soutenue par une nouvelle ligue chrétienne d'individus ou d'Etats, sous la haute direction de réminent cardinal Lavigerie.

Les croisades étaient donc nécessaires et prévoyantes, puisqu'il faut reprendre leur œuvre sous une nouvelle forme.

M. Poujoulat a raison: « La croix, pour laquelle le Moyen Age s'arma, était le symbole de la civilisation, et les croisades furent la barrière opposée à la barbarie musulmane. » .

Au point de vue immédiat, elles eurent déjà de grands avantages. Il en résulta un développement important de la navigation, du commerce et de l'industrie. Les lettres, les sciences, la géographie notamment, y gagnèrent, ainsi que la cause de la liberté. Ces guerres saintes, en ouvrant à la navigation une carrière nouvelle, multiplièrent les rapports des peuples méditerranéens en les faisant profiter mutuellement de leurs lumières respectives.

L'architecture navale se perfectionna : on agrandit les vaisseaux pour transporter les multitudes de pèlerins et les vivres qui suivaient les armées le long des côtes.

L'art de dresser plusieurs mâts dans un vaisseau, de multiplier les voiles et de les disposer de manière à pouvoir marcher contre le vent dato de là. En ceci comme en tant d'autres choses, c'est en s'appuyant sur les progrès obtenus alors qu'on les a dépassés, et qu'on a pu atteindre des buts qu'on n'eût pas même visés sans cela.

En ce sens, il est permis de dire que^ sans les progrès de la navigation à l'époque des croisades, Christophe Colomb n'eût peut-être pas songé à l'expédition qui Fa conduit à la découverte de l'Amérique. ,

La plupart ées villes maritimes de l'Occident s'enrichirent en fournissant à l'Europe les produits de l'Orient.

Les Arabes avaient une certaine célébrité dans l'art de la médecine, dans l'industrie des armes et des tapis; l'Occident s'assimila leurs connaissances sous ce rapport.

Les croisades servirent aussi grandement la cause de la liberté, en amenant un rapprochement entre le seigneur et le serf qui combattaient côte à côte , supportaient les mêmes dangers et se rendaient de mutuels services. La pensée de l'égalité chrétienne se développa d'autant.

D'un autre côté, les seigneurs, ayant besoin d'argent pour aller à la croisade, en obtinrent de leurs vassaux en leur accordant, en échange, des chartes d'affranchissement, en autorisant la fondation des Communes.

Enfin les croisades, en rapprochant les seigneurs dans une même pensée, sous la bannière de la croix, firent cesser les guerres privées de seigneur à seigneur et l'anarchie féodale ; ce qui conduisit à l'unité nationale.

Il y aurait d'autres considérations à faire valoir en faveur des croisades. Mais notre cadre ne nous permet pas de nous étendre davantage sur ce sujet, si intéressant qu'il soit.

Xja Chevalerie.

Certes il n'y avait rien d'aussi antipathique à l'esprit de servitude que ces fiers bourgeois affranchis à l'aide de l'Eglise, que ces communes du Moyen Age traitant avec leurs seigneurs, de puissance à puissance.

Mais si la fierté et la dignité du chrétien existaient en bas, la noblesse, la générosité, le dévouement, existaient

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en liaut, dans cette société si peu connue. Une institution admirable le prouve; institution à laquelle aucune époque de riiisloire ne saurait rien opposer de pareil : nous voulons parler de la chevalerie.

La chevalerie est encore l'œuvre de l'esprit chrétien et l'un des plus beaux fleurons de la couronne du Moyen Age. Le faible et l'opprimé avaient en elle un défenseur institué ad hoc,

L'Eglise hait la guerre parce qu'elle abhorre le sang versé. M. Léon Gautier le rappelle fort justement dans son admirable ouvrage : La Chevalerie. Il rappelle aussi cette autre parole du grand évêque d'Hippone : Il foMl subir la guerre et vouloir la paix.

Les Pères du concile de Kiersy, en 85S, dit-il, jetaient cet axiome à la tête de la société féodale, toute jeune encore et farouche : Nous devons faire la guerre à nos vices et la paix avec nos frères.

« Rien nest plus pernicieux, disait Léon X au concile de Latran, rien n'est plus funeste à la république chrétienne, que la rage inhumaine de la guerre. ^

Toutefois l'Eglise la tolère et l'absout, à la condition que la cause en soit juste et Tintention droite. « Une guerre injuste, dit encore saint Augustin, est un brigandage en grand. »

€ Forcée de tolérer la guerre, dit encore M. Léon Gautier, l'Eglise a organisé contre elle, à travers l'histoire, toute une série d'obstacles superbes souvent victorieux. L'association de la Paix et la Trêve de Dieu est peut-être le plus connu ; la chevalerie est le plus beau. C'est la forme chrétienne de la condition militaire, c'est la Force armée, au service de la Vérité et du Droit désarmés (^).

(1) La Chevalerie.

Victor Hugo a dignement défini le chevalier dans ce beau vers :

II écouté partout si l'on crie : au secours.

Nulle époque et nulle religion ne s'étaient avisées de créer ainsi une sorte de garde-noble prête à défendre le faible, le pauvre, la veuve et l'orphelin, par pur esprit de justice et de dévouement. Le christianisme seul a su inspirer ces sentiments généreux, si opposés aux habitudes de l'antiquité.

« Plutôt la mort que la honte, » était la maxime du chevalier.

« L'Europe occidentale, dit VioUet le Duc, lui doit le sentiment de V honneur, ignoré dans V antiquité (*). » Hélas, jusqu'où n'est-il pas retombé aujourd'hui ! Et nous osons nous ériger en critiques du Moyen Age, quand il devrait nous faire rougir î

L'épanouissement de la chevalerie dans la légende, dit toujours M. Léon Gautier, c'est Roland; dans l'histoire, c'est Godefroid de Bouillon, ce modeste héros qui refusa de ceindre une couronne d'or à Jérusalem, où le Christ avait ceint une couronne d'épines. Duguesclin est une de ses plus grandes gloires, et Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche, en est le dernier rayonnement.

Une cérémonie consacrait le chevalier, comme le sacrement de l'ordre consacre le prêtre. Aussi quelques écrivains du temps y voient-ils un huitième sacrement.

Voici la description de cette cérémonie solennelle appelée la Veillée des ar7nes.

€ Un bain était d'abord le symbole de la pureté qu'il devait avoir; une robe rouge, celui du sang qu'il devait

(1) Dictionnaire du mobilier, V, 7.

être prêt à verser pour la défense des faibles, pour rhbnneur et le droit; une robe noire, le symbole de la mort qui l'attendait. Un jeûne de vingt-quatre heures suivait, puis une nuit passée en prières dans Téglise.

€ Le lendemain, après la confession, la communion et le sermon, une épée bénite était attachée au cou du récipiendaire, qui allait s'agenouiller devant le seigneur et Sollicitait la chevalerie. Alors les chevaliers ou même les dames lui mettaient les éperons, le haubert ou la cotte de mailles, la cuirasse, les brassards et les gantelets, et enfin Tépée. Après quoi le seigneur lui donnait l'accolade eu trois coups de plat d'épée sur l'épaule en disant: « Au nom, de Dieu, de saint Michel et de saint Georges, je te fais chevalier ; sois preux, courageux et loyal. »

« Un instant après, le jeune chevalier bondissait sur son coursier, au milieu de la foule assemblée sur la place du château.

« Prier, fuir le péché, défendre l'Eglise, la veuve et l'orphelin, protéger le peuple, voyager beaucoup, faire la guerre loyalement , aimer son seigneur , écouter les prud'hommes, tels étaient les devoirs du chevalier.

« Cette société violente (par son origine barbare) avait donc su créer (grâce à l'Eglise), un idéal de perfection. L*homme du Moyen Age avait pour modèle, dans la vie religieuse, le saint, le patron ; dans la vie civile et politique, le chevalier (*). »

Quand un chevalier avait manqué à ses devoirs, il était déclaré félon, il était dégradé. On le dépouillait de ses armes, qui étaient brisées sous ses yeux, de ses éperons, qui étaient jetés sur un fumier, de son bouclier, qu'on attachait à la queue d'un cheval de laboui*.

(I) DuauY, Histoire du Moyen Age^ p. 258.

Ce symbolisme, dont nos sceptiques riraient aujourd'hui, peint les sentiments élevés de cette époque.

Dans cette société régie par des idées qui rendaient presque inutiles les lois, les tribunaux, la police et 1^ force armée, sans lesquels notre société serait inhabitable, chacun avait sa fonction, qu'il exerçait avec loyauté e\ désintéressement.

« L'ost au chevalier, le métier à l'artisan, la terre au laboureur, » telle était la devise du Moyen Age.

Le seigneur et ses hommes d'armes répandaient leur sang pour la défense commune; l'homme des champs et J'homme de métier donnaient leurs sueurs pour alimen^ ter, vêtir la nation et pourvoir à tous ses besoins. On ne courait pas après la fortune, le plaisir et le bien-être^ comme aujourd'hui. Le devoir était le grand but de la vie^ et on y trouvait le boaheur avec la paix de la conscience.

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