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XI. — Bilan de la Révolution

En résumé, la Révolution a-t-elle été un • /^'ment

national sagement réformiste, ou un mouven H;iaire

systématiquement antireligieux et révolution .' une œuvre de liberté ou une œuvre de sang?

Nous croyons avoir répondu irréfutablem(^-! '> cette

question. Buzoty avait répondu d'avance en disant : On n'a rendu la France républicaine qu'à coups de guillotine.

Les réformes qu'on a attribuées à la Révolution étaient étudiées, préparées avant elle, assurées sans elle, sans la profusion de crimes et l'effroyable effusion de sang dont on les a payées. Toutes les libertés dont nous jouissons étaient proclamées dans la Déclaration royale du 23 juin 1789, trois semaines avant la reddition de la Bastille.

Les révolutionnaires ont beau faire, ils ne peuvent plus dissimuler que la Révolution fut l'œuvre de sophistes et d'ambitieux, de sectaires antireligieux, puis de scélérats triomphant de la volonté nationale par l'escamotage et la Terreur. Jamais il n'y en eut de plus opposée à la volonté populaire. C'est le peuple, surtout, qui lui fournit ses victimes, infiniment plus que la noblesse et le ctergé. On le cache soigneusement.

La Révolution a produit dix ans d'anarchie, de guerre civile, de misère et de dépérissement des études. Gela a été constaté officiellement par les conseillers d'Etat chargés de l'enquête sur la situation de la France au 18 brumaire : Fourcroy, Lacuée, Barbé-Marbois, Regnaud Saint-Jean d'Angély, Thibaudeau, Najac, Français, Sainte- Suzanne et Redon. Le rapport de Ghampagny est perdu.

Cette situation a amené le Consulat et l'Empire. Celui-ci fut encore la Révolution exploitée par un aiitre ambitieux qui chercha, dans la guerre, un dérivatif à l'anarchie et un piédestal pour un trône. Ses innombrables hécatombes humaines aboutirent à l'invasion de la France.

La deuxième République, héritière de la Révolution, nous valut les sanglantes journées de juin 18 i8, puis un nouveau Napoléon >qui provoqua de nouvelles guerres terminées par une nouvelle et formidable invasion.

La troisième République doit la vie au plus grand des crimes : une révolution en face de l'ennemi vainqueur. Elle a produit la Commune de 1871, c'est-à-dire une épouvantable guerre civile, comme ses aînées.

La Monarchie, de 1815 à 1848 a, seule, ramené en France un tiers de siècle de paix, de prospérité et de liberté. Au lieu d'invasions elle nous a légué la plus belle de nos colonies : l'Algérie.

Quand y verrons-nous clair ? Quand comprendronsnous que le chancre révolutionnaire est le mal dont nous souffrons ?

Trois fois depuis cent ans il nous a ramené les mêmes désastres, il a corrompu l'esprit public, divisé les Français, isolé la France en Europe par l'instabilité et Fincapacité de nos hommes d'Etat.

La Monarchie, malgré ses torts et ses fautes, avait fait de la France la première nation du monde ; la Révolution Fa fait déchoir.

Et les républicains osent fêter le Centenaire de 1789 ! Est-ce inconscience ou impudence? Cette date ne leur appartient pas : c'est celle des réformes dont Louis XVI prit l'initiative en convoquant les Etats généraux.

L'œuvre propre de la Révolution, c'est 1793 ; elle n'a pas le droit de se réclamer de 1789.

Quand en aurons-nous fini avec la double légende des glorieuses conquêtes de la Révolution et de la servitude du Moyen Age ?

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