D’un ennemi voulez-vous vous défaire
Ne cherchez pas d’assasins,
Donnez-lui deux Médecins,
Et qu’ils soient d’avis contraire.
Peixisson.
LES MÉDECINS AU MOYEN AGE
de corps et de discipline, qui avait fait la grandeur de la Faculté. En entendant les nouveaux docteurs prononcer le serment hippocratique, on ne pouvait oublier les principaux articles des statuts, qui, à tous, prescrivaient de cultiver l’amitié, de respecter les anciens, d’être bienveillants pour les jeunes, de conserver dans les assemblées et réunions la gravité, la décence et la douceur.
Il est probable que les banquets n’étaient pas considérés comme assemblées médicales, car on y riait fort, on y buvait sec les meilleurs crûs de Bourgogne, on y tenait de joyeux discours, et dans les allocutions du président peut-être n’y avait-il que les fameux compliments connus de Molière :
Sains, honor et argenium,
Atque bonum appetitum.
On connaissait d’ailleurs et mieux qu’aujourd’hui, les préceptes de l’école de Salerne, préceptes écrits, en grande partie, par Giles de Corbeil et Macer Floridus. La traduction qu’en ont faite MM. Darenberg et Maux Saint-Marc nous met très bien au courant des mœurs médicales du moyen âge. Il y était dit notamment pour prévenir l’ingratitude des malades, (Ad prœccœendam œgrorum ingra t itudineni ) :
L’élève d’Hippocrate, en sa pénible étude,
Est trop souvent payé de noire ingratitude....
Lorsque son patient de plaintes l’importune,
Le docteur attentil à sa propre fortune,
Profitant de ses cris, obtient sur le moment,
Quelque gage bien sûr, un bon nantissement,
LES MÉDECINS AU MOYEN AGE
Ou mieux, argent comptant, fait solder son mémoire. Du malade sauvé chétive est la mémoire :
En ennemi l’on sait qu’il traite sans égard Le maladroit qui parle honoraires trop tard.
Nos anciens étaient sans pitié pour le médicastre, ce déclassé ignorant qui, à toutes les époques, tend à se faufiler dans les rangs du corps médical; voici le passage qui le concerne dans les préceptes :
Il n’est pas d’ignorant, de charlatan stupide,
D’histrion imposteur, ou de Juif fourbe, avide,
De sorcière crasseuse ou de barbier bavard,
De faussaire impudent, ou de moine cafard,
De marchand de savon, ou d’aveugle oculiste De baigneur imbécile, ou d’absurde alchimiste,
Pas d’hérélique impur qui ne se targue, enfin,
Du beau titre, du nom sacré de médecin.
La vulgarisation de la science médicale était loin d’être en honneur au moyen âge. Celle-ci restait cachée dans le sanctuaire doctoral, enveloppée de mystères auxquels jamais on ne devait initier un profane. La recommandation des secrets de notre art était adressé aux jeunes docteurs, dans ce fameux épilogue :
Gardez surtout, gardez qu’un profane vulgaire De votre art respecté ne perce le mystère :
Son éclat dévoilé perd rait sa dignité.
D’un mystère connu décroît la majesté.
Et l’auteur, en faisant appel à Dieu, médecin suprême, allait jusqu’à demander le bannissement du médecin révélateur :
Exsul sit medicus phy siens sécréta révélons.
Amen.
LES GRANDES EPIDEMIES
La Peste.
Plusieurs grandes épidémies de peste avaient déjà frappé le genre humain : la peste d’Athènes au ve siècle avant l’ère chrétienne, la peste Antonine au n0 siècle, sous le règne de Marc-Aurèle, celle du me siècle, sous le règne de Gallus, quand survint la grande et terrible épidémie du vie siècle, connue sous le nom de peste inguinale, qui, après avoir ravagé Constantinople, se répandit en Ligurie, dans les Gaules et en Espagne.
C’est en 542, dit Procope1, qu’éclata une épidémie, qui consuma presque tout le genre
1. Procope, historien grec né à Césarée, en l’an 500, a laissé des œuvres nombreuses parmi lesquelles l’Histoire de son temps, en 8 livres. Procopii Caesariçnsis, Hisloriarn sui temporis libri VIII, interprète Claudio Maltreto. Pestilentiel y ravissima. Sa description de la peste est un chef-d’œuvre de littérature médicale, dans laquelle rien n’est omis, pas même les différentes formes cliniques.
LES GRANDES ÉPIDÉMIES
humain. — « Elle parcourut le monde entier, frappant cruellement les peuples les ' plus divers, n’épargnant ni sexe ni âge. Les différences d’habitation, de régime, de tempérament, de profession, ou de toute autre nature, ne l’arrêtaient point. Ceux-ci étaient atteints en été, ceux-là en hiver ou dans les autres saisons.
« Elle commença par la ville de Peluse en Egypte, d’où elle s’étendit, suivant un double courant : d’une part sur Alexandrie et le reste de l’Egypte ; de l’autre sur la Palestine qui touche à l’Egypte. Après quoi, elle envahit l’univers, marchant toujours par intervalles réguliers de temps et de lieux.... Au printemps de 543, elle s’introduisit à Constantinople. Voici comment elle s’annonçait :
« Plusieurs croyaient voir des esprits, ayant revêtu la forme humaine. Il leur semblait alors que l’individu qui se dressait devant eux les frappait à certains endroits du corps. Ces apparitions étaient le signe du début de la maladie.... L’invasion de la maladie n’avait pas lieu chez tous de la même manière. Quelques-uns ne voyaient ces apparitions qu’en rêve, et ne croyaient pas moins ouïr une voix qui leur annonçait leur inscription sur la liste de ceux qui allaient mourir. Le plus grand nombre n’étaient obsédés, ni pendant la veille ni pendant le sommeil, de ces apparitions aux prédictions sinistres. La fièvre les prenaient tout à coup, les uns au moment de leur réveil, les autres à la promenade, plusieurs au milieu de leurs occupations habituelles. Leur corps ne chan-
LES GRANDES ÉPIDÉMIES
geait pas de couleur et leur température n’était pas celle de l’état fébrile. On n’apercevait aucun indice d’inflammation. Du matin au soir, la fièvre était si légère qu’elle ne faisait pressentir rien de grave soit au malade, soit au médecin qui tâtait le pouls. Aucun de ceux qui présentaient ces symptômes ne paraissaient en danger de mort. Mais, dès le premier jour chez les uns, le lendemain chez d’autres, ou quelques jours après chez plusieurs, on voyait naître et s’élever un bubon, non-seulement à la région inférieure de l’abdomen qu’on appelle les aines, mais encore dans le creux des aisselles ; parfois derrière les oreilles et sur les cuisses.
« Les caractères principaux de l’invasion étaient, à peu près chez tous, ceux que je viens d’indiquer. Pour le reste, je ne puis rien préciser, soit que les variations qui survenaient tinssentau tempérament des sujets, soit que l’Auteur suprême de la maladie lui imprimât, par un acte exprès de sa volonté, ces modifications accidentelles. Les uns, plongés dans un profond assoupissement, d’autres en proie à un délire furieux présentaient les divers symptômes observés en pareil cas. Ceux qui étaient assoupis restaient dans cet état, comme ayant perdu le souvenir des choses et de la vie ordinaire. S’ils avaient auprès d’eux quelqu’un pour les soigner, ils prenaient de temps en temps les aliments qu’on leur offrait. S’ils étaient abandonnés, ils ne tardaient pas à mourir d’inanition. Les délirants privés de sommeil et sans cesse
LES GRANDES ÉPIDÉMIES
poursuivis par leurs hallucinations, se figuraient voir devant eux des hommes prêts à les tuer, et ils prenaient la fuite en poussant d’horribles hurlements. Les individus, qui étaient attachés à leur service, se trouvaient dans une situation des plus pénibles, et n’inspiraient pas moins de pitié. Ce n’est pas qu’ils fussent plus exposés à contracter la maladie dans l’intimité de ces rapports; car ni médecin, ni toute autre personne ne la gagnèrent par le contact. Ceux même, qui lavaient et ensevelissaient les morts, restaient contre toute attente sains et saufs pendant leur besogne. Plusieurs d’entre eux, atteints dans un autre moment, sans motif apparent, mouraient subitement. Les serviteurs des malades, sans cesse occupés à replacer dans leur lit ceux qui se roulaient par terre, devaient aussi arrêter et contenir de force ceux qui cherchaient à se précipiter par les fenêtres. D’autres, voyant de l’eau, couraient s’y jeter, non pour calmer leur soif, mais parce qu’ils n’étaient pas maîtres de leur raison. Il fallait aussi lutter avec les malades pour leur faire prendre quelques aliments qu’ils n’acceptaient pas sans résistance. Les bubons s’affaissaient chez certains malades qui n’avaient eu ni assoupissement ni délire, et ils succombaient dans des souffrances atroces.
« Comme on ne comprenait rien à cette étrange maladie, certains médecins pensèrent que sa source secrète résidait dans les bubons, et ils prirent le parti de pratiquer l’ouverture des cadavres. La dissection des
LES GRANDES ÉPIDÉMIES
bubons mit à nu des charbons sous jacents, dont la malignité amenait la mort soudainement ou après quelques jours. Il ne manqua pas de malades dont le corps entier se couvrit de taches noires de la dimension d’une lentille. Ces malheureux ne vivaient pas même un jour et expiraient tous dans une heure. D’autres, en assez grand nombre, mouraient tout à coup en vomissant du sang. Ce que je puis affirmer, c’est que les plus savants médecins avaient condamné bien des malades qui furent sauvés contre toute espérance. A l’inverse, on en vit succomber beaucoup au moment même où on leur promettait la guérison. C’est que les causes de la maladie dépassaient les bornes de la raison humaine, et l’événement trompait toujours les prévisions les plus naturelles. Quant au traitement essayé, les effets en étaient très variables suivant les sujets. En somme, on n’avait découvert aucun moyen efficace, soit pour prévenir à temps l’invasion de la maladie, soit pour en conjurer la terminaison funeste, quand elle s’était déclarée. On ne savait, en effet, ni pourquoi l’on tombait malade. ni pourquoi l’on guérissait.
« Les femmes enceintes qui étaient attaquées étaient inévitablement vouées à la mort. Les unes succombaient en avortant ; d’autres arrivées au terme de la gestation, mouraient aussitôt en accouchant, de même que leurs enfants. On n’en compta, dit-on, que trois qui survécurent, après s’être délivrées de fœtus morts dans leur sein. On n’en cite qu’une seule dont le nouveau-né conti-
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nua à vivre, quoique sa mère eût rendu l’âme en le mettant au monde.
« Ceux dont le bubon prenait le plus d’accroissement et mûrissait en suppurant, réchappèrent pour la plupart, sans doute parce que la propriété maligne du charbon déjà bien affaiblie avait été annihilée. L’expérience avait prouvé que ce phénomène ôtait un présage presque assuré du retour de la santé. Ceux, au contraire, dont la tumeur ne changeait pas d’aspect depuis son éruption, étaient frappés des accidents redoutables que j’ai signalés. On en voyait dont les cuisses ‘se desséchaient, ce qui empêchait la tumeur, quoique bien développée, d’entrer en suppuration. Quelques-uns se guérirent au prix d’une infirmité de la langue, qui les réduisit pendant tout le reste de leur vie à bégayer ou à n’articuler que des paroles confuses et inintelligibles.
« L’épidémie de Constantinople dura quatre mois, et pendant trois mois elle sévit avec violence. Avec les progrès de la maladie, le chiffre des morts s’accrut chaque jour presqu’à cinq mille, pour s’élever enfin à dix mille et même davantage. »
Nous passerons la description importante que donne Procope de l’effet moral de l’épimie sur le peuple, des scènes de terreur, de dévouement et d’égoïsme, de superstition, qui se montrèrent dans la ville, sous l’influence de la peur d’une contagion problématique.
Evagre, le Scholastique, autre historien
LES GRANDES ÉPIDÉMIES
grec du sixième siècle, a raconté dans ses œuvres l’histoire de la peste de Constantinople. 11 dit avoir observé notamment que des individus qui avaient réchappé une première et une deuxième fois, ne résistaient pas à une nouvelle attaque ; — que d’autres qui fuyaient une localité infectée étaient frappés, après quelques jours d’incubation du principe morbide, dans l’endroit où ils s’étaient réfugiés, au milieu d’une population jusque là indemne du fléau.
En suivant la marche de l’épidémie d’Orient en Occident, nous la voyons débuter toujours dans les ports de mer et s’étendre ensuite dans l’intérieur des terres. L’importation se faisait par la voie des navires avec d’autant plus de facilité qu’on ne prenait aucune précaution pour se préserver des maladies pestilentielles par la patente du bord, les lazarets et les quarantaines. Elle pénétra donc chez nous par nos ports de la Méditerranée.
Ce fut en 549 que la peste fut signalée en Gaule. « Pendant ce temps, dit Grégoire de Tours, la maladie qu’on nomme inguinale } ravageait plusieurs pays, et la province d’Arles était cruellement dépeuplée h »
L’illustre historien écrit dans un autre passage : « Nous apprîmes cette année que la ville de Narbonne était dévastée par la maladie des aines , si bien que quand on était frappé, on succombait aussitôt. Félix, évêque de Nantes, en fut atteint et parut très grave-
1 . Georgius Florentins Gregorius , Historia Francorum. de 417 à 591. Lib. IV et VI.
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ment malade.... La fièvre ayant cessé, l’humeur se porta sur les jambes qui se couvrirent de pustules. C’est alors qu’après l’application d’un emplâtre trop chargé de cantharides, ses jambes tombèrent on pourriture et il cessa de vivre dans la soixante-dixième année de son âge
« Avant que le fléau eût envahi l’Auvergne, de grands prodiges avaient envahi la contrée L’épidémie survint (567) et il y eût,
dans toute cette région, une telle mortalité qu’il est impossible de donner le nombre des individus qui périrent en masse. Un certain dimanche, dans la basilique de Saint-Pierre, à Clermont, on compta jusqu’à trois cents cadavres. La mort en effet était soudaine. Il naissait à Vaine ou sous Vaisselle une plaie en forme de serpent, dont l’action était telle sur les hommes, qu’ils rendaient l’âme le deuxième ou le troisième jour, et que sa violence leur ôtait complètement le sens.... Dans ce temps-là, Lyon, Bourges, Châlons et Dijon furent fortement dépeuplés par la maladie.
« En 590, les villes de Viviers et d’Avignon furent cruellement ravagées par la maladie inguinale. C’est en 587 que la peste éclata à Marseille. Un navire venant d’Espagne, chargé de marchandises, entra dans le port ; il recélait par malheur le foyer de la maladie. Plusieurs personnes ayant fait divers achats, tous les habitants d’une maison au nombrede huit furent enlevés par cette contagion. L’incendie ne gagna pas tout d’abord le reste delà ville. Mais, après un certain temps, comme
LES GRANDES ÉPIDÉMIES
lorsque le feu couve dans une moisson, l’embrasement s’étendit sur Marseille tout entier. L’évêque Théodore se tint enfermé dans l’enceinte de la basilique de Saint-Victor, avec le petit nombre de personnes qui ôtaient restées auprès de lui; et c’est là, qu’au milieu de la désolation générale, il implorait, par des veilles et des prières, la miséricorde de Dieu, jusqu’au moment où la fin de la mortalité ramena le calme. Après deux mois d’interruption, la population rassurée crut pouvoir rentrer dans la ville ; mais le fléau reparut et ceux qui étaient revenus furent emportés. Depuis lors, la même maladie ravagea Marseille à plusieurs reprises. »
Anglada \ qui a, comme nous, emprunté ces citations à Grégoire de Tours, pense que la maladie, qui désola Strasbourg en 591, ne pouvait être indubitablement que la peste inguinale, qui courait alors le monde. Il cite à l’appui de son assertion ce passage de l’historien-poète Ivleinlaudl traduit par le Dr Bœrsch : « En 591, il y eut une grande mortalité dans tous les pays, au point que les hommes tombaient dans les rues, dans les auberges, dans les sociétés, et étaient trépassés. Et quand une personne éternuait, son âme s’envolait. De là vient le mot : Dieu vous aide ! Et quand une personne bâillait, elle mourait. De là vient que quand on bâille, on fait le signe de la croix devant la bouche. »
Tels sont les documents que nous possé-
1. Anglada. Elude sur les maladies eleintes et les maladies nmivelles.
LES GRANDES ÉPIDÉMIES
dons sur la grande épidémie de peste inguinale du vi° siècle, documents que l’Histoire de la Médecine devait emprunter aux historiens, à défaut d’auteurs médicaux de cette époque.
La Peste noire.
La peste noire du xivc siècle fit encore plus de ravages que la peste bubonique du vie siècle et que toutes les épidémies de peste observées jusqu’à nos jours. Elle fit dans le monde entier, en l’espace de quatre ans, plus de 75 millions de victimes, la moitié environ de la population totale. Comme tous les fléaux pestilentiels, elle venait de l’Orient, de l’Inde, et peut-être de la Chine. L’Europe fut envahie de l’Est à l’Ouest et du Sud au Nord. Après Constantinople, toutes les îles et les côtes Méditerranéennes furent attaquées et devinrent successivement de nombreux foyers d’où rayonnaient des courants épidémiques vers l’intérieur. Constantinople perdit les deux tiers de sa population, Chypre autant, et le Caire compta 15.000 morts. Florence paya un tribut énorme au fléau, à ce point que celui-ci a souvent été désigné sous le nom de peste de Florence : 100.000 personnes y périrent, a dit Boccace. Venise eut
LES GRANDES ÉPIDÉMIES
70.000 victimes, Napies 60.000, la Sicile 53.000, Gênes 40.000, Rome un nombre incalculable. L’Espagne, l’Allemagne, l’Angleterre, la Pologne et la Russie furent presqu’aussi éprouvées que l’Italie. A Londres, on inhuma
100.000 cadavres dans les cimetières. Il en fut de même en France. Avignon perdit, en sept mois, 150.000 habitants, parmi lesquels la belle Laure de Noves immortalisée par Pétrarque, qui succomba, en 1348, à l’âge de 41 ans. A Marseille, il y eut, en un mois,
56.000 victimes, à Montpellier les trois quarts de la population et tous les médecins furent frappés par l’épidémie ; Narbonne eut 30.000 morts et Strasbourg 16.000, dans la première année de l’épidémie.
Paris ne fut pas épargné. La Chronique de St-Denis nous apprend que : « En l’an de « grâce 1348, commença la devant dicte mor- « talité au royaume de France, et dura envici ron un an et demi, pou plus pou moins, en « tele maniéré que à Paris mouroit bien jour
« par aultre, huit cents personnes En
« l’espace du dict an et demi, selon que les « aulcuns disoient, le nombre des trépassés, « à Paris, monta à plus de 50 mille, et à la « ville de Saint-Denis, le nombre s’éleva à « 16 mille. » 1
Parmi les victimes furent la reine Jeanne de Bourgogne, femme de Philippe VI, Jeanne II, reine de Navarre, petite-fille de Philippe le Bel. En même temps, succombait, en Espagne, Alphonse XI de Castille,