Black. Histoire de la médecine et de la chirurgie
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trer qu’aux médecins, aux garde-malades, ou aux personnes autorisées par le gouvernement. Les portes de cette prison domestique étaient gardées jusqu’à ce que tous les enfermés y eussent perdu la vie ou recouvré la santé. »
On jugera de la terreur que répandait autrefois le fléau pestilentiel par les précautions que devaient prendre les médecins qui allaient donner leurs soins aux malades. Dans son traité de la peste, Mauget a donné le dessin du costume que devaient revêtir tous ceux qui approchaient les pestiférés.
« Il est, dit-il, de maroquin de Levant, le masque et les yeux de cristal, et un long nés rempli de parfums. Le nés en forme de bec n’a véritablement que deux trous, un de chaque côté, à l’endroit des ouvertures du nés naturel; mais cela peut suffire pour la respiration, et c’est pour porter avec l’air que l’on respire l’impression des drogues renfermées plus avant dans le bec. Sous le manteau, on porte ordinairement des bottines faites de maroquin de Levant, des culottes de peau unie, qui s’attachent aux dites bottines, et une chemisette aussi de peau unie, dont on renferme le bas dans les culottes, le chapeau et les gans sont aussi de même peau. »
Cet accoutrement ressemblait assez à un scaphandre dont toutes les pièces étaient en peau.
Pour ne pas effrayer la population, il était interdit de donner de la publicité aux enterrements. Dans l’ordonnance;des magistrats
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de Paris, du 13 septembre 1533, il était dit : « Pareillement laditte chambre deffend par provision comme dessus, à tous crieurs de corps et de vins, et autres de quelque état ou condition qu’ils soient, de tendre ou faire tendre ès esglises, maisons, portes et huis d’icelles de ceste ditte ville, ou faubourgs d’icelle, aucuns draps pers (noirs), ne autres accoutumez estres tendus ès mortuaires ei bouts de l’an, sur peine de la privation de leurs offices et estats, et confiscations de leurs biens et des dits draps. »
Il faut bien convenir que les grandes épidémies de peste étaient de nature à effrayer les populations ignorantes du vi° et du xiv0 siècle. Les relations des historiens nous les montrent aux prises avec les idées superstitieuses de l’antiquité , se débattant contre un ennemi invisible dont les coups les frappent au hasard, les paralysent et les terrifient. « Au milieu de ces orgies de la mort, écrit Anglada \ la pensée du salut absorbe en effet tout autre sentiment. Dominée par l’instinct de la conservation, l’âme étale, sans pudeur, sa lâcheté, son égoïsme, ses superstitions. Les liens sociaux se brisent; les affections du cœur s’éteignent. La couche des malades est désertée ; on fuit avec horreur cet air empesté et ces contacts mortels. Les cadavres abandonnés sans sépulture attisent par leurs exalaisons putrides le foyer virulent. Le désordre moral bouleverse toutes les conditions ordinaires de l’exis-