Mezeray, Histoire de Franccj T. IL
LES GRANDES ÉPIDÉMIES
les parties de l’Europe. Ceux qui estoient atteints suèrent abondamment. C’est pourquoi on l’appela sueur angloise. Puis ils avoiont un rude frisson, et après, une fièvre très ardente, laquelle les emportoit dans vingt-quatre heures, si l’on n’y rémédioit promptement. »
Fernel, médecin de Henri II, qui exerçait à Paris, parle également de cette fièvre sudorale dans un de ses principaux ouvrages '. Il dit : « Febres sudoriflcae quae insolentes magno tervore in oinnein inferiore/n Gernianicun, in Galliam Belgicam et in Bntanniam, ab anno Christi millesimo quingentesimo vigesimo quinto, in annurn millesimuni quingentesimum trigesimum, autumno potissimum pervagatcie sutit. »
C’était presque toujours pendant l’été et l’automne, et surtout dans les temps humides et nébuleux que se manifestait la maladie. Contrairement à ce que l’on voit dans les autres affections épidémiques, on observa que les individus faibles, les pauvres, les enfants et les vieillards furent plutôt moins attaqués que les individus robustes et les gens de la classe aisée.
Les symptômes observés par les médecins, et notamment parKayeet Bacon, peuventêtre classés dans trois périodes distinctes : 1° La période de froid, et d’envahissement caractérisée par des douleurs ou des fourmillements dans les membres, une prostration extraordinaire des forces, puis du tremblement et