‹ Le moyen age médicalChapitre 18 sur 89 · Touchait à l’eau · texte numérisé non relu

Touchait à l’eau

LES GRANDES ÉPIDÉMIES

foison en y avoit, que tout le flum 1 estoit plein de mors dès l’une rive jusques à l’autre et de lonc bien le giet 2 d’une pierre menue. Les cors aux Sarrazins, qui estoient retaillés 3 les ribaus 1 getoient d’autre part du pont et lessièrent aler d’autre part l’yaue, et les Grestiens fesoient mettre en grans fosses l’un avec l’autre. Je y vis les chamberlans 3 6 du conte d’Artois et moult d’autres, qui queroient leurs amis entre les mors ; ne onque n’oy dire que nulz ne feust retrouvez.

« Nous ne mangions nulz poissons en l’ost tout le quaresme, mès que bourbetes c; et les bourbetes mangeoient les gens mors, pour que ce sont les glous poissons. Et pour ce meschief et pour l’enfermeté 7 8 9 du païs, là où il ne pleut nulle foiz goûte d’yaue, nous vint la maladie de l’ost ", qui estoit tele que la char de nos jambes sèchoit toute, et le cuir de nos jambes devienoient tavelés ,J de noir et de terre, aussi, comme une vielz heuse 10 ; et a nous qui avions tele maladie venoit char pourrie ès gencives, ne nulz eschapoit de cette maladie que mourir ne l’en convenist ".

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