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Gui Patin, Lettres, T. III

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temps donné, à disparaître probablement à son tour dans une métamorphose encore inconnue. Cette pensée fera sourire cette altière sectio/t /tors rang de la médecine, qui s’est vouée à la culture îles bactéries spécifiques; mais elle serait certainement adoptée comme un dogme irréfutable, si les faits qu’elle représente coïncidaient avec une modification quelconque de la queue d’un bacille.

Quant à nous, nous resterons convaincu que tout ce qu’on peut voir à travers l’objectif d’un instrument de précision ne saurait détruire les travaux accumulés de vingt siècles d’études médicales. Scientiœ enim per additamenta fiunt.

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La Syphilis

Si la véritable syphilis, telle qu’elle apparut au xve siècle, n’était pas connue au moyen âge, il existe cependant des documents affirmant l’existence des maladies vénériennes contagieuses, plusieurs siècles avant les guerres d’Italie do Charles VIII et de Louis XII. Ces maladies, qui, dans l’antiquité affectèrent les Hébreux et les Romains, et qui étaient le résultat d'un commerce impur, ne peuvent plus être attribuées aujourd’hui qu’aux progrès que fit la prostitution après les croisades, c’est-à-dire au produit de la débauche et du virus lépreux de l’Orient.

Dès le xii° siècle, il était déjà question en France du mal malctn ou mal boubil, qui était caractérisé par des plaies et des ulcères à l’anus et aux parties génitales. Gauthier de Coinçi, prieur de l’abbaye de Saint-Médard do Soissons, au commencement du xui° siècle, considérant ces affections comme im-

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pures et contagieuses, faisait aux prêtres les recommandations suivantes : 1

K Li moine, li clercs et li prestre « Ne doivent estre à tout le mains « Moult doivent bien garder leurs mains « Qu’en vilain lieu ne les atouchent (i Tuit cil Dieu lèvent et couchent,

« Qui le cors Dieu manoier doit, it Ne doit toucher ne main, ne doit,

« Au mal boubilj au mal malan « Que toutes gens met en malan. »

Il est permis de supposer que ce mal, localisé « en vilain lieu que les mains ne doivent atoucher », n’était qu’une affection de même nature que la gorre ou grand’ gorre, une des nombreuses expressions, qui désignaient également les maladies contagieuses des organes sexuels. Cela ne saurait être contesté; car à la même époque, dans un poème intitulé : Des xxm manières de vilains, on trouve cette imprécation, que son auteur anonyme lance contre vilains et vilaines :

Qu’ils aient

Rogne vnirole et apostume Et si aient plpnté de grume,

Plenté de fièvre et de jaunisse,

Et si aient la chade-pisse.

En voici la traduction en français moderne :

Qu’ils aient

La gale, la vérole et des bubons Qu’ils aient abondance de gourme.

Abondance de fièvre et de jaunisse Et qu’ils aient la chaude-pisse.

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