De rnorbo gallico
LES GRANDES ÉPIDÉMIES
guérir. En explorant la gorge, on constatait le relâchement de la luette, et la présence d’ulcères sordides qui suppuraient rarement. Il faut ajouter à tout cela l’éruption de certaines tumeurs dures, adhérentes à la peau et aux os, et qui portaient le nom dégommés. Ces tumeurs pouvaient s’ulcérer, et amener des caries osseuses. »
On constate, dans toutes les descriptions des auteurs du xvie siècle, le même défaut, la même connaissance imparfaite des symptômes, des rapports et de la genèse des accidents primitifs et des accidents constitutionnels. On voit que la médecine clinique n’existait pas encore et que nos prédécesseurs ignoraient l’art de coordonner les symptômes d’une maladie et celui d’ordonner leurs pensées.
Continuons néanmoins le tableau descriptif de la maladie vénérienne, par quelques extraits des principaux écrits des médecins de l’époque, écrits, qui ont le grand mérite de l’exactitude et de la bonne foi. Pierre Minardi avait observé, dit-il, que « le principal signe du mal français consiste en des pustules qui viennent à l’extrémité de la verge chez les hommes, à l’entrée delà vulve ou du col de la matrice chez les femmes et en une démangeaison aux parties qui contiennent la semence. Le plus souvent ces pustules s’ulcèrent ; je dis le plus souvent, parce que j’ai vu des malades chez qui elles s’étaient durcies comme des verrues, des clous et des poireaux \ »