‹ Le moyen age médicalChapitre 30 sur 89 · Demorbo gallico · texte numérisé non relu

Demorbo gallico

LES GRANDES ÉPIDÉMIES

Voilà l’aspect de la syphilis primitive présenté par un médecin dont le nom est justement resté attaché à l’histoire de la syphilis. Les accidents secondaires vont nous être montrés par Fernel sous une forme très dramatique : « Ce n’étoient qu’ulcères sur eux qu’on auroit pris pour du gland, à en juger parla grosseur et par la couleur, d’où sortoit une boue vilaine et infecte qui faisoit bondir le cœur ; ils avaient le visage haut d’un noir verdâtre, d’ailleurs si couvert de plaies, qu’il ne se peut rien voir de plus hideux \ »

Relativement à la durée des accidents secondaires, en 1495, Marcello de Cumes écrivait au camp de Novarre que « les pustules duraient sur la face, comme les lépreuses ou varioleuses, pendant une année ou plus, quand on ne les traitait pas 4. »

La physionomie de ces malheureux dont la face était constellée de boutons et dont le front portait la triste cororia veneris a été décrite en vers par Jean Lemaire de Belges, poète et historien du xve siècle. Le portrait est exact :

Mais eû la fin, quand le venin fut meur 1 2 3 Il leur naissait de gros boutons sans fleur,

Si très ideulx *, si laits et si énormes Qu’on ne vit onc visaiges si difformes ;

Page 1