‹ Le moyen age médicalChapitre 31 sur 89 · Persistants · texte numérisé non relu

Persistants

LES GRANDES ÉPIDÉMIES

Ne onc ne receut si très mortelle injure Nature humaine en sa belle figure,

Au front, au col, au menton et au nez :

Onc on ne vit tant de gens boutonnez.

Et qui pis est, ce venin tant nuisible,

Par sa malice occulte et invisible,

Alloit chercher les veines et les artères,

Et leur causait si étranges mystères,

Dangier, douleur de passion et goutte,

Qu’on n’y sçavoit remede, somme toute.

Hors de crier, souspirer, lamenter,

Plorer et plaindre et mort souhaiter.

Cependant, les symptômes de la syphilis ne tardèrent pas à s’amender et à perdre une partie de leur acuité. Déjà en 1540, Antoine Lecocq constatait le fait en France. « Quelquefois, dit-il1, le virus se jette sur les aines et en tuméfie les glandes; si la tumeur suppure, c’est souvent un bien. Cette maladie s’appelle bubon; d’autres la nomment poulain, par un trait de raillerie contre ceux qui en sont attaqués, parce qu’ils marchent en écartant les jambes, comme s’ils étaient à cheval. » Fernel déclarait que la maladie vénérienne à la fin du xvie siècle ressemblait si peu à celle de son temps qu’on avait peine à croire que ce fut la même. Il disait : « Icelle maladie a remis beaucoup de sa férocité et aigreur première, et n’en sont les peuples si travaillez qu’ils souloient (avaient coutume). »

De son côté, Fracastor remarque, en 1546, que : « Depuis environ six ans, la maladie a

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