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Histoire philosophique et politique de l’Oceulte

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roideur du cou, la perte de la voix, la stupeur des sens, l’écartement des paupières, la fixité des yeux et du regard... l’auteur latin nous apprend comment on obtenait l’amélioration de la maladie, le réveil partiel du mouvement, des sens et de l’intelligence, — et cela en magnétisant les malades, comme l’indique clairement ces lignes: Atque ita, si ante oculos eoruni quisquam digitos circurn moueat, palpebrant œgrotantes, et suo obtutu manuurn trajectionem sequuntur : Vel si quicquam profecerint etiarn toto obtutu conuerso attendunt : et inclamati, respicientes lacrymantur nihil dicentes, sed volentium respondere vultuni annulantes

Les préceptes de Zoroastre furent modifiés différemment chez tous les peuples anciens. Moïse, qui voulait avoir la gloire d’être le grand prophète d’Israël, écrivit la loi de Jéhovah et renia ensuite les Mages par lesquels il avait été initié. Les Hébreux conservèrent cependant un souvenir de la religion mazdéenne; ils créèrent la magie : Ahriman devint Astaroth, Beelzébud, Asmodée et autres démons qui eurent pour interprètes les premières pythonisses et les prophétesses. Ormazd se transforma en légion d’anges et d’archanges, qui apparaissaient aux hommes pour leur faire des prophéties. Et bientôt les magiciens israélites inventaient la Kabbale, science occulte, par laquelle, en prononçant

1. Cælius Aurelianus de aculis mordis. Edition Dalèchamp, p. 90.

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certains mots, ils accomplissaient des miracles et soumettaient les puissances surnaturelles aux. caprices de la volonté humaine... Mais ils furent surtout nécromanciens.

Les sciences occultes des anciens, la nécromancie et la magie, avaient, comme on le voit, des rapports plus ou moins étroits avec les données fournies par l’observation des phénomènes du magnétisme moderne. Cependant la nécromancie se rapproche davantage du spiritisme, vers lequel tendent les recherches des magnétiseurs contemporains. Les nécromanciens évoquaient l’âme des morts pour connaître l’avenir et les secrets du présent. Les Juifs se livrèrent à cet art avec ardeur, malgré la défense de Moïse, qui ne voulait pas qu’ils fissent « parler le bois ». On sait que la pythonisse d’Endor évoqua devant Saül l’ombre de Samuel, avant la bataille de Gelboé, et lui prédisit sa mort. La grotte où vivait cette pythonisse célèbre existe encore, et elle reçoit, dit-on, la visite des voyageurs qui passent de loin en loin près du Mont-Thabor.

La magie fut aussi connue des grands prêtres de Pharaon. Comme les mages de la Médie et de la Chaldée, ils conjuraient et évoquaient les esprits et les puissances surnaturelles, au moyen d’opérations et de cérémonies, principalement par des gestes et des chants.

Ce fut d’abord Hermès Trismégiste, que les alchimistes ont regardé comme leur maître, qui répandit la science de l’occulte. Ensuite, on vit les doctrines mystiques de

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l’Orient fleurir à Alexandrie avec les fondateurs du Néoplatonisme. Celui-ci enseignait que la Goétie est l’art surnaturel qui s’exerce par le secours de génies malfaisants, que la Magie produit ses effets mystérieux par la collaboration des démons matériels et des esprits supérieurs, que la Pharmacie enfin, dompte les démons par l’emploi de certains philtres et breuvages.

En Grèce et en Italie, les génies célestes, l’archéologie en fait foi, se multiplièrent à l’infini et vinrent peupler l’Olympe du Polythéisme. Les prêtres, exploitant à leur profit les idées superstitieuses du peuple, firent appel aux magiciens, aux pythonisses et aux sybilles, qui avaient conservé les secrets des mages de l’Orient. A leur exemple, les historiens, les philosophes et les poètes, s’empressèrent d’accorder leur croyance à tous les génies, à toutes les puissances spirituelles et à leurs intimes relations avec les hommes, par l’intermédiaire des Voyantes, en état de frénésie ou de somnambulisme. Nous savons que le poète Hésiode, dans sa théogonie, que Platon, à partir de son initiation aux doctrines hermétiques, qu’Aristote, dans ses ouvrages philosophiques, admettent l’existence d’être immatériels s’intéressant aux choses de l’humanité. Et les Pythagoriciens, de leur côté, affirmaient leur pouvoir de dompter les dénions, en se tenant dans la méditation, l’abstinence et la chasteté '.

1. La Magie avait pris rang parmi les sciences à l’Ecole d’Alexandrie, fondée 150 ans avant notre ère,

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Pendant toute l’antiquité, il y eut donc des corporations de prêtres, de philosophes, de théosophes, de thaumaturges et autres, qui exerçaient l’art d’évoquer les esprits, de les conjurer par des charmes, des enchantements et des sortilèges, de changer, avec leur aide, les lois de la nature ’, de commander aux éléments, d’accomplir des faits extraordinaires. Pour faire ces prodiges, on avait recours soit aux procédés mystérieux, soit aux formules cabalistiques indiquées dans les grimoires, soit aux incantations, aux cercles magiques, soit tout simplement aux passes magnétiques.

Dositliée, Simon de Samarie, Gircé, Médée, Plotin, Porphyre, Jamblique et la fameuse Ganidie, si justement maudite par Horace, appartiennent à cette classe de magiciens, de gnostiques, d’enchanteurs et de médiums, qui apprirent aux peuples les arts occultes des mages de la Chaldée.

dans une secte médico-théosophique dont les membres appliquaient à la cosmogonie la doctrine de l’émanation ; ils admettaient qu'il procède de la source éternelle de lumières des drnons auxquels l’homme peut devenir égal par la vie contemplative. Il y avait une quantité considérable de ces démons : tous les phénomènes de la niture, et particulièrement toutes les maladies, leur étaient attribués. Ces démons sont incorporels et leur lumière entoure certains corps de la même manière que le soleil luit dans l’eau sans y être contenu. Sprengel.

Il ne faut pas oublier que la bibliothèque d’Alexandrie, la plus riche de l’antiquité, et le temple Sérapis où elle était installée, furent livrés aux flammes, à l’instigation des moines, par ordre de leur créature, l’apathique empereur Théodose.

1. Personne n’a le droit de déterminer le nombre de ces lois.

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il n’y à qü’à ouvrir l’histoire pour s’en Convaincre.

Damis, l’histoCien et l’élève d’Apollonius de Tyane, nous a laissé la biographie de son maître, le thaumaturge le plus extraordinaire de l’antiquité. C’est dans cet ouvrage (îu’il montre Apollonius faisant une leçon de philosophie à Eplièse, s’arrêtant tout h coup pour crier au meurtrier qui, au moment même, assassinait Domitien à Rome : « Courage, Stéphanus, tue le tyran. » Apollonius avait séjourné longtemps dans l’Inde et tous ses disciples ont attesté les faits merveilleux qu’il produisait, les guérisons de maladies incurables et tant d’autres miracles qui frappèrent ses contemporains, partisans comme lui de la doctrine de Pythagore.

Porphyre a publié les cinquante-quatre traités de son maître Plotin, l’illustre néoplatonicien, traités dans lesquels on retrouve toutes les données de la psychologie expérimentale contemporaine et une philosophie mystique qui s’appuie sur l’extase, la contemplation et l’hypnotisme, — données qui seront reprises un jour par l’enchanteur Merlin \ Albert-le-Grand, Pic de la Miran-

1. L’Enchanteur Merlin, surnommé Ambrosius, dont le nom est resté célèbre par les romans de la chevalerie, naquit au v° siècle dans les montagnes de l’Ecosse. 11 s’éleva tellement au-dessus de ses contemporains, a dit Bouillet, qu’on le considéra comme un magicien et un enchanteur. On lui attribue un livre de prophéties écrit en langue celtique, traduit en français par Robert de Barron en 1498. Selon la tradition, l’Enchanteur Merlin mourut en Bretagne, dans la forêt de Bécheliant, victime d’un charme auquel il ne sut pas se soustraire.

dolle, Raymond Lulle, Cornélius Agrippa, le comte de Saint-Germain, Joseph Balsamo, Robert Fludd, Richard Price, les frères de la Rose-Croix

Mais, avant eux, il y aura d’autres hommes qui se croiront en possession des secrets mystérieux de la nature, des illuminés, des voyants, et ces hommes ce sont nos propres ancêtres : les Druides et leurs compagnes des sombres forêts de la Gaule, les Druidesses. Les uns et les autres appartenaient à la caste sacerdotale et ne recevaient l’investiture de leur ministère sacré qu’après vingt années consacrées à l’étude de l’astrologie, des lois de la nature, de la médecine et de la kabbale. Leur théodicée leur enseignait l’existence d’un Dieu unique et l’immatérialité de l’esprit appelé, après la mort, à se réincarner, un nombre de fois indéterminé, jusqu’à ce qu’il arrive à la perfection et reçoive une destinée nouvelle plus heureuse et plus divine. Ils admettaient donc, pour principal dogme religieux, la métempsycose ascendante, comme les premiers Mages et les grands philosophes grecs, et une multitude de génies et d’esprits supérieurs intermédiaires entre la divinité et les hommes.

Les Druides n’étaient pas seulement les prêtres mais aussi les dictateurs de la Gaule. Ils étaient assistés, dans leurs fonctions, par les Eubages, devins et sacrificateurs de leur religion, par les Bardes, poètes et hérauts des Brenns, qui partageaient avec eux le pouvoir suprême. Le druidisme était donc

un mélange des idées guerrières des premières peuplades de la Gaule et des doctrines importées par les Mages de la Chaldée. Aussi, les Druides^ étaient-ils, comme ceux-ci, astronomes, physiciens, médecins, prêtres et législateurs. Les Druidesses, descendantes des pythonisses et des sybilles de l’Orient, rendaient des oracles et prédisaient l’avenir. Leur influence était considérable et surpassait souvent colle des Druides, car elles connaissaient aussi bien qu’eux toutes les pratiques de la kabbale et de la magie, et elles avaient en plus, aux yeux du peuple, le prestige qui s’attache aux vierges consacrées dépositaires des secrets des dieux.

C’est pour ces raisons que les Druides et les Druidesses furent, sous la domination romaine, les défenseurs de l’indépendance nationale. Mais forcés de se réfugier dans leurs forêts épaisses, éloignés du peuple, persécutés par les Romains, par les barbares, par les chrétiens, ils se transformèrent progressivement en magiciens, enchanteurs, prophètes et charmeurs, condamnés par les conciles et bannis par les autorités civiles. C’est à cette époque que l’on vit apparaître les génies malfaisants rôdant, pendant la nuit, autour des dolmens, et se livrant à d’obscènes dépravations. On les désignait tantôt sous le nom de Gciurics, êtres de la taille des géants, tantôt sous le nom de Sulèces, personnages imberbes qui jouaient le rôle de succubes auprès des voyageurs, tandis que les Dusiens étaient des démons incubes venant déflorer les jeunes filles pendant leur sommeil.

Saint Augustin accorda sa croyance à toutes ces fables, qui avaient cours dans les campagnes ; affirmant qu’on n’a pas le droit de révoquer en doute l’existence de ces démons libertins, qui exercent d’impurs attentats sur les personnes endormies. (Hanc assidue immunditiam et tentare et efficeve. S. Augustin. Cité de Dieu).

La décadence se fit progressivement, si bien qu’au vu6 siècle le druidisme avait disparu ; mais les pratiques de la magie, de l’art occulte, de la science mystérieuse des génies s’étaient transmises de générations en générations, en s’amoindrissant et en perdant le caractère philosophique des anciens temps. En un mot, la magie était devenue la sorcellerie, et ses adeptes ne se recrutaient plus que dans les classes infimes et ignorantes de la nation. Le culte de la nature et des dieux, l’immortalité de l’âme, les cérémonies grandioses au pied des chênes antiques, avaient fait place aux démons hideux, aux superstitions grossières, aux maléfices, aux aberrations les plus immorales. L’occulte subjuguait encore les masses, mais la science était tombée aux mains des profanes et des charlatans.

Les Théologiens et les Juges démonologues.

La magie ou science des mages a donc servi de base, comme nous venons de le dire, aux mythologies, aux légendes, on pourrait même dire aux dogmes de toutes les religions. Saint Augustin ne disait-il pas : « Pour pénétrer le sens mystique des fictions, des allégories et des paralaoles contenues dans l’histoire sainte, il faut nécessairement être versé dans l’étude des sciences occultes dont la Numérale fait partie. ’»

Mais du 5«t/*wv ou du sapiens de Platon, le christianisme a fait le démon, l’ange déchu, qui veut peupler son empire des âmes sauvées par le baptême. Il a emprunté aux Juifs et Belzébuth, et Asmodée, et Satan, et leurs nombreux collègues. Après Jésus, qui est tenté par le diable et qui délivre les possédés, ne voit-on pas les apôtres et les saints être visités, à leur tour, parles envoyés de Dieu

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